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002La mort de l’ancien président de la république du Bénin, le Général Mathieu Kérékou suscite assez d’émotion chez Me ADRIEN Houngbédji. A l’annonce de la nouvelle, la deuxième personnalité du Bénin a livré ses sentiments. Lisez sa déclaration.

Je voudrais d’abord dire que c’est avec une grande émotion, une profonde tristesse que j’ai appris cet après midi la nouvelle de la disparition du président Kérékou. A travers sa personne, c’est un grand chef d’Etat, c’est le plus grand homme d’Etat de la période post coloniale. C’est une perte qui frappe premièrement le Bénin, donc tous les béninois compatissent à la douleur de sa famille, la douleur de la veuve éplorée, à la douleur de ses enfants et de ses petits-enfants, je leur présente mes condoléances. Je voudrais ajouter à cela que le président Kérékou a été dans ma longue carrière politique, un homme qui m’a beaucoup marqué comme vous l’avez dit. J’ai été son Premier Ministre, j’ai été ensuite Président de l’Assemblée nationale pendant qu’il était Président de la République. Mais ce que je retiens de lui c’est qu’il étai un homme très humain, c’était un grand politique, c’était un grand serviteur de l’Etat qui était à l’écoute de ses collaborateurs à tous les niveaux et qui mettait les uns et les autres à l’aise lorsqu’il s’agissait de trancher des problèmes qui sont des problèmes d’intérêt du Bénin. Je voudrais ajouter à cela qu’il fut un grand démocrate pour avoir réussi cette conversion sans précédent de passer d’un régime du parti unique à un régime de multi partis. Il fut un grand homme d’avoir accepté les décisions de la conférence nationale. Et il fut encore un plus grand homme, lorsque revenu au pouvoir en 1996, il a été respectueux de l’Etat de droit, respectueux des libertés des uns et des autres et donc a été un acteur déterminant du climat de paix qui a régné au Bénin pendant dix ans où il a assuré les fonctions du Chef de l’Etat dans le Bénin démocratique. C’est un exemple qui mérite d’être cité aujourd’hui au Bénin et dans toute la sous-région, et par conséquent, nous devons saluer en sa perte, la perte encore une fois d’un grand démocrate, la perte d’un grand homme d’Etat et la perte d’un homme de paix.

Propos transcrit par Judith Rolande Capo-Chichi