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La famille du Général Mathieu Kérékou continue de recevoir les condoléances des différentes personnalités du Bénin. Ce vendredi 16 Octobre 2015, différentes figures politiques, gradés de l’armée béninoise, ex-collaborateurs directs et même de la société civile, se sont rendus au domicile du disparu pour la signature du cahier de condoléances. On peut retenir de leurs différents propos, que le Général Mathieu Kérékou est un Grand homme irremplaçable qui a des qualités dont il faut tirer leçons.

GOLOUEmmanuel Golou, Président du Parti Social Démocrate (Psd) : « Tirons les leçons de ses qualités ».

« Ensemble dans le pays, nous sentons que quelque chose s’est passé parce qu’un grand homme est parti. Un grand homme qui aime le pays, qui a travaillé pour le pays. Prions le Seigneur pour qu’il soit accepté à côté de lui. Tirons les leçons de ses qualités. C’est un homme de dialogue, c’est un homme de consensus. Un homme qui met le Bénin au dessus de tout, au-dessus de lui-même. Je crois que nous devons faire comme ça. Nous devons nous parler pour que le pays reste dans la paix comme il l’a laissé. »

Général, Louis Philippe Houndégnon, Directeur Général de la Police Nationale : « que Dieu reçoive le Président Kérékou dans sa béatitude ».DGPN

« Je réitère à tout le peuple béninois les condoléances de la Police et les condoléances personnelles au Chef de l’Etat et surtout le gouvernement, à tous les enfants éplorés, à la famille. Et que Dieu reçoive le Président Kérékou dans sa béatitude. C’est un grand homme ! »

Général Charles Sèzan, Directeur Général de la douane : « C’est un baobab qui est tombé ».charles Sèzan

« Comme tous les béninois, c’est avec grande consternation que nous avons appris le rappel à Dieu de notre cher et illustre Général, Chef d’Etat et cher Papa. En ce moment, nous ne pouvons que demander à l’Eternel d’accueillir son âme. La grandeur du personnage n’a d’égal que lui-même. Il est tout à la fois, et si on devait lui donner des qualificatifs, on n’arrêterait pas. C’est un baobab qui est tombé, c’est une référence sur tous les plans. C’est l’incarnation du patriotisme, de la vertu, de l’unité du pays, un homme de paix et que dirai-je encore ? Que son âme repose en paix. »

KOTANClément Kotan, Directeur Général de l’unité de protection de l’environnement : « sa perte est immense ».

« Je crois qu’on ne pourra jamais parler de cet homme. La première chose qu’on peut dire, c’est un patriote hors pair. Voilà un homme qui a su réunir le sud, le nord, l’est et l’ouest. Il a su faire le consensus des béninois. Voilà un homme qui a su nous éduquer chacun à sa manière. Et voilà un homme qui sait gérer les hommes et qui avait avec tout un chacun de nous, des relations particulières, des relations cloisonnées. Il serait difficile au peuple béninois de trouver un homme pareil. La perte est immense. Le Président Mathieu Kérékou est tout simplement irremplaçable. Il faudra maintenant faire l’effort de lui ressembler un tant soit peu sinon il nous serait très difficile de gérer après Kérékou. Puissions-nous transformer nos douleurs en prise de conscience. »

 Valentin Aditi Houdé, 1er questeur à l’Assemblée nationale « Ce qu’on retient du général Mathieu Kérékou, c’est immense ».HOUDE

« Je retiens beaucoup de choses du général Mathieu Kérékou. Ce qu’on retient du général Mathieu Kérékou, c’est immense. Le général est très dense, c’est un homme exceptionnel. Un général qui des qualités exceptionnelles. C’est un meneur d’hommes, c’est quelqu’un qui sait entretenir les relations humaines. En ce qui me concerne particulièrement, le général Mathieu Kérékou est mon papa. Mon papa géniteur et le général Mathieu Kérékou ont eu des amitiés très solides sur cette terre. C’est quelqu’un que je connais depuis qu’il était lieutenant. Depuis qu’il roulait la voiture qu’on appelait « 2 chevaux », il rendait visite à mon papa. Par la suite, il m’a nommé membre de son gouvernement où j’ai travaillé des années durant avec lui. Je cite par exemple le ministère des sports et des loisirs où il m’a offert l’opportunité de diriger ce ministère pendant plus de six ans. Donc, j’ai battu le record de longévité au niveau de ce ministère. Et ça nous a permis de donner des résultats. D’où nous pouvons tirer des leçons que c’est dans la durée qu’on peut avoir aussi des résultats. De son vivant je lui rendais régulièrement visite et je fais partie des hommes que le général a accepté recevoir chez lui de jour comme de nuit sans rendez-vous. C’est une fierté pour nous d’être avec lui, de l’écouter, de recevoir de lui beaucoup de conseils. Si nous béninois ou africains devrions parler du général, on fera des années. Mathieu Kérékou, homme exceptionnel, homme de vision, homme de qualité. Il est incomparable en son genre. Le général est un homme humble. Je peux vous parler du général des jours, des années durant. Mais ce n’est plus de ça qu’il est question aujourd’hui. Ce n’est pas le jour où l’acte se produit qu’il faut en faire une histoire. Il faut laisser le temps au temps. On ne va pas vous dire ce que le général est à cent pour cent aujourd’hui. »

CANDIDE Candide Azannaï, député à l’Assemblée nationale : « Le général Mathieu Kérékou est une référence ».

Je suis venu me recueillir sur la dépouille d’un homme qui ma marqué quand j’étais enfant. Je pense que c’est un personnage qui manquera profondément au paysage politique national du point de vue physique. Mais du point de vue des souvenirs, il sera toujours là. Les grands hommes restent des souvenirs qui dépassent et qui traversent des temps. Moi, je n’ai pas eu la chance de le connaître très tôt et c’est à l’école, au secondaire et à l’université que nous, plus jeunes on l’a connu. Notre première perception, on l’a connu au moment de la révolution avec tout ce que cela traînait comme conséquences. Ma première perception de lui en tant qu’activiste n’était pas une bonne perception, et cela va de soi. Quand quelqu’un n’est plus d’ici, nous devons lui faire l’honneur de savoir que Dieu lui a fait honneur. Celui qui n’est plus des nôtres mérite notre reconnaissance, notre vénération parce qu’il a fini et il n’a plus rien avec qui que ce soit. Je pense que nous devons dans la dignité, dans le recueillement, dans la simplicité et dans la méditation reconnaitre un homme qui parle peu, qui se confie peu à des gens. Un homme qui sait le sens de la parole. Le général Mathieu Kérékou parle peu. Le général Mathieu Kérékou ne s’est pas retiré de la scène politique par hypocrisie, il s’est retiré sérieusement de la scène politique. Il n’est du genre de ceux qui se retirent et qui tirent des ficelles. S’il ne s’était pas retiré, il pouvait faire irruption dans tout ce qui se passait dans le pays. Mais quel que soit ce qui se passait, je n’ai pas vu son irruption dans la vie politique depuis 2006 où il y a la catastrophe dans le pays, où il y a la perversion, la dérive où il y a tous les actes les plus crapuleux dans le pays ; où on assassine, où on terrorise, où on devient Dieu suprême. Et le retrait physique appartient à tout le monde. Tout le monde aura un retrait physique. Je sais qu’il connaît beaucoup de choses. J’aurais souhaité que les gens qui l’ont entouré nous parlent de ces commentaires, mais on me dit qu’il parle moins. Quelqu’un dont je tais le nom m’a dit que parler à une tierce personne lui est très difficile. Il ne parle qu’à lui-même. Je ne pense pas que sa disparition physique aura quelques influences sur la bonne ou la non tenue du scrutin. Il nous appartient à nous-mêmes de faire face à notre propre destin et de jouer deux cartes disponibles sur la table. La carte de la dictature et la carte de la démocratie. Au soir de sa vie et au sommet de ce qui fait que nous parlons de lui aujourd’hui est qu’il a accepté les résultats de la conférence des forces vives de la nation. Ce qui fait qu’il est quand même une référence à cause de cet acte exclusif qu’il a posé. »

ELISEMarie Elise Gbèdo, Ancienne Ministre du général Mathieu Kérékou : « C’est grâce à lui que tous les pays africains ont commencé leur système de démocratie ».

« Avant toute chose, je vais présenter mes condoléances à la famille du général Mathieu Kérékou. A madame l’ex première dame Marguerite, à tous ses enfants pour leur dire Dieu a donné, Dieu a repris. C’est la chose la plus normale de la vie, même lorsque nous ne l’acceptons pas. Le général est parti mais il a laissé un héritage. Si moi Marie-Elise Gbèdo, je m’intéresse à la politique et que je suis là dans, c’est grâce au général Mathieu Kérékou ; parce que j’étais de la société civile et avec son esprit d’ouverture, il a écouté la voix des jeunes et des femmes. A l’époque je me battais beaucoup pour le droit de la femme. Pour vous dire l’anecdote, j’étais passée sur un chaîne de radio, la veille du remaniement ministériel et comme j’étais fâchée parce qu’il n’y avait qu’une seule femme ministre à l’époque et j’ai envoyé un message à cette femme pour lui dire que, si à l’issue du remaniement le président Kérékou ne met pas au moins quatre (4) femmes même six (6) je demande à ces femmes qui seront nommées de démissionner, de le laisser avec les hommes, qu’ils n’ont qu’à faire leur politique. C’est comme ça qu’il est allé me happée et on m’annonce que je suis ministre. J’étais jeune et je suis allée faire mes preuves. C’est pour dire que le général a toujours eu confiance aux jeunes. Il a donné la chance à beaucoup de jeunes de ce pays. Tout ceci en symbiose avec les gens d’un certain âge. Je retiens de lui, un homme de dossiers parce que vous allez penser que vous allez le dribbler, c’est faux, il maîtrise bien ces dossiers, il connaît très bien les problèmes des dossiers et quand vous allez le voir, vous devez bien présenter votre dossier sinon vous avez de problèmes. A part ça, j’aime son côté humour. Il a de l’humour caustique. Il nous laisse un héritage, celui de l’unité nationale. L’héritage du respect de la constitution qui a pour fondement les acquis de la conférence nationale. On ne doit jamais s’amuser avec ça, on doit se battre pour maintenir les choses en l’état. Je peux lui dire merci parce qu’il a su faire une reconversion entre le marxiste-léniniste et le système démocratique. C’est grâce à lui que tous les pays africains ont commencé leur système de démocratie. C’est un bel exemple, il faut l’en remercier  et que Dieu le garde bien à sa droite.»

DIEUDONNE LOKOSSOUDieudonné Lokossou, porte-parole des centrales syndicales : « Le général Mathieu Kérékou n’a pas été inutile pour le Bénin ».

« Le moment n’est pas de parler du mauvais côté de l’homme, parce que tout homme est plein d’imperfection, donc la perfection n’est pas de ce monde. Donc nous, nous retenons de lui ce qu’il a fait pour le pays, ce qu’il a fait pour les travailleurs. Si nous sommes déplacés c’est pour marquer notre solidarité avec la famille en cette heure de grande douleur. Donc, nous sommes venus au nom de quatre confédérations : la Csa-Bénin, la Cgtb-Bénin, la Cosi-Bénin et la Cspib pour présenter officiellement au nom de nos militants et des travailleurs en général, nos condoléances à la famille éplorée. Le général Mathieu Kérékou n’a pas été inutile pour le pays et quel que soit ce qu’il a commis comme des impairs, nous ne retenons que l’image positive qu’il a laissée dans notre pays. »

                                 Propos transcrits par Inès Zounnon et Judith R. Capo-Chichi