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TALON-TCHANE-ET-KOUPAKIA peu de choses près, la prochaine présidentielle se jouera entre Talon, Ajavon, Koupaki, Zinsou, Tchané et les candidats de l’Un. Or, à moins de 3 mois de l’échéance, aucun parmi ces prétendants ne peut encore se prévaloir d’une réelle majorité pour rafler la mise. Et pour cause, les partis et alliances politiques sont minés par des dissensions.

On savait qu’à l’approche des échéances électorales, les appétits s’aiguisent. Les chapelles politiques s’agitent avec une incroyable effervescence, et les uns et les autres montent les enchères pendant de longues négociations. Mais, avec les dissensions et les divisions qui secouent les principales alliances à la veille de la présidentielle de février prochain, il y a de quoi s’inquiéter et se poser de véritables questions. Le week-end écoulé, c’est l’Alliance nationale pour la démocratie et le progrès (And),  dirigée jusqu’alors par Valentin Houdé, qui était sous les feux de la rampe. Et avec les développements de ces deux derniers jours, on comprend finalement que les intérêts personnels ont eu raison de la fraternité entre les frères. Puisque Barnabé Dassigli, et Valentin Houdé, les deux véritables protagonistes de la crise qui secoue l’And, se connaissent depuis belle lurette et n’en sont pas à leurs premières passes d’armes. Mais, le spectacle affligeant offert depuis les dernières législatives, n’est pas de nature à rassurer quant au devenir du pays. Car, les hommes politiques devraient s’entendre autour d’un minimum. Il est donc regrettable que deux ailes différentes se réclament la paternité du même regroupement politique. Certes, le choix opéré par l’Honorable Houdé d’apporter son soutien à l’homme de « Djèffa » n’a peut-être pas plu aux autres. Mais, pourquoi ne pas trouver un modus operandi, et ramener la balle à terre. C’est autour du parrain de l’And, Octave Houdégbé, qu’on espérait que l’union sacrée allait se faire. Il était attendu que, par sa sagesse, il arrive à colmater les brèches et calmer les ardeurs. Mais, l’entrisme entretenu par la mouvance présidentielle et les pressions intenses faites sur sa personne depuis le vote pour le perchoir de la 7ème  législature, ont fini par avoir raison de sa résistance, et par ricochet plongé l’And dans l’actuel chaos. La scission  au sein de l’And ne serait pas si pathétique si la situation au sein des autres forces de l’échiquier politique  n’est pas des plus critiques. On savait, et c’est plus qu’un secret de polichinelle, que l’Union fait la Nation,  depuis l’échec de 2011, s’est drastiquement réduite en peau de chagrin. Le départ à mots couverts et à pas feutrés du Prd a sonné le glas de cette alliance, qui avait fait naître, en son temps, l’espoir chez plus d’uns, que les hommes politiques béninois veulent désormais faire prévaloir l’intérêt général et conjurer le sort de la division. Très tôt, ce mince espoir s’est effiloché. Même si les amarres n’ont pas été complètement rompues, les  ténors s’entendant toujours sur un minimum  lors des différentes crises, il est presque acquis aujourd’hui que le mal est fait et la division profonde. Même si ce  qu’il reste comme peau de chagrin de l’Un a pu montrer un visage convaincant  et bomber les torses lors  du vote pour le perchoir, restant les rangs serrés derrière le président du Prd, il serait difficile, estiment plusieurs observateurs, de transformer l’essai pour la présidentielle.  Quoiqu’on ne peut jurer de rien en politique.

 L’échec de  la classe politique

 Par ailleurs, on attend pour ce vendredi les résultats des primaires et le choix du candidat de l’Un. Mais, il est quasi certain que, qui que ce soit entre Eric Houndété et Emmanuel Golou, ce choix n’est pas en mesure de rassembler la classe politique. Apparemment, aucune de ces deux personnalités ne semble  avoir le charisme ou l’entregent pour se mesurer aux candidats d’en face. Quid alors de la Renaissance du Bénin, du Parti du renouveau démocratique (Prd), pour ne citer que ces grosses cylindrées. De ce côté-là, le silence se poursuit.  Sans oublier que l’alliance Soleil ne semble plus être maîtresse de son destin. Entre le Général Gbian, tenté de faire cavalier seul, et les caciques Saley, Dayori et Sacca Lafia, la césure est presque définitive. D’autre part, l’occupation du terrain politique entreprise depuis quelques mois par les opérateurs économiques, autrefois réputés pour leur discrétion, est le signe d’une transformation radicale de la donne politique au Bénin. La classe politique traditionnelle devra prendre en compte cette réalité et faire avec. Autant dire qu’il n’est pas exclu que le prochain chef de l’Etat ne soit pas issu de la traditionnelle classe politique.

 Wilfrid Noubadan