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Théodore Holo, Président de la cour constitutionnelle
Théodore Holo, au cœur de la polémique

La décision Dcc 15-156 du 16 juillet 2015 a abasourdi la classe politique au complet. Elle restera dans l’histoire comme une stratégie de la Cour dirigée par le PrThéodore Holo pour réviser, en douce,   la Constitution du 11 décembre 1990 et permettre à des candidats de se présenter. C’est ni plus ni moins, une trahison.

La Cour constitutionnelle avait annoncé les couleurs depuis. De très nombreux exemples de décisions révélant une certaine complicité, voire un flagrant copinage entre la Haute juridiction et le régime Cauri sont légion. Ces accointances étaient connues, et chaque jour qui passe nous donne raison. Après les décevantes déclarations de son président Théodore Holo en août 2013, qui charmaient le chef de l’Etat et s’empressaient de louer sa générosité à travers des revenus qui se sont nettement améliorés,   au même moment où la population se plaignait de l’amenuisement du panier de la ménagère, on s’attendait au pire. On se demandait aussi, si le gouvernement a nommé un autre porte-parole en la personne de Théodore Holo. L’homme semblait en mission commandée. En se permettant de jouer le porte-parole de la Conférence informelle des présidents des Institutions de la République, Théodore Holo, qui se savait astreint par ailleurs au droit de réserve, sinon au silence, avait commis l’imprudence de se prononcer sur à la révision de la Constitution. A l’époque, son ami Yayi Boni avait mis son rouleau compresseur en marche. Un vœu pieu, qui fortuitement, grâce à la grande vigilance du peuple béninois, n’a pas prospéré.

La Cour Holo en porte-à-faux avec la Constitution

Alors que le chef de l’Etat était en difficulté, et peinait à réaliser le consensus autour de son funeste projet, Théodore Holo créa le concept flou d’«effort de consensus» . Dans sa tête, prouver qu’il y a eu des efforts de recherches de consensus, est synonyme du consensus dégagé. Or, ce qui était recherché, c’est le consensus en amont avec le peuple contractant de la Constitution du 11 décembre 1990. Sans ce « consensus » exigé par la Conférence nationale, cela veut dire qu’il y a fraude. En créant en août 2013 un nouveau concept, comme il vient de le faire deux ans après, à travers une décision qui fera jurisprudence, le président de la Cour est en porte à faux avec la Constitution du 11 décembre 1990. D’ailleurs, l’article 44 de la loi fondamentale définit clairement que l’âge requis pour être candidat à l’élection présidentielle, c’est 40 ans au moins, et 70 au plus, au moment de la date de dépôt des dossiers de candidature. Ce dispositif énonce l’âge révolu, contrairement à la décision de la Cour qui volontairement a omis cette précision de taille.

 Un précédent grave

 En dehors de toutes les démonstrations qui sont déjà faites, Théodore Holo et les six autres sages viennent de réinventer l’article 44 de la Constitution. On ne peut pas admettre qu’elle s’est trompée. A la lecture de cette décision, il apparait clairement que la notion d’âge «révolu» figurant dans la constitution a été écartée, et la décision a pour but de régler certaines questions à polémiques relatives à la candidature ou non du candidat malheureux à la présidence de l’Assemblée nationale. La Cour vient de créer un précédent grave. Cette décision disqualifie la Haute juridiction. Elle ne peut plus s’approprier, ni prétendre au privilège sacré de gardien du temple. Elle est coupable de haute trahison. Ce n’est pas la première fois que la Cour crée des polémiques « inutiles » autour de ses décisions, mais cette fois-ci, c’est suffisamment grave et impardonnable pour des personnalités réputées pour leur sagesse et leur probité. On doute de plus en plus de leur attachement à ses valeurs et surtout à la Constitution. A travers ses décisions, on savait de quoi cette Cour était capable, mais jusqu’à froisser l’article 44, pour baliser le terrain à de potentiels candidats, on était loin d’y penser.

 FN