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Yayi Boni et son ministre Barthélémy Kassa peuvent se frotter les mains

Il n’y a pas lieu à suivre. C’est la substance du verdict de l’ordonnance rendue par le juge d’instruction du deuxième cabinet du Tribunal de première instance de Cotonou dans le dossier Ppea II.

L’information conduite par le Magistrat instructeur dans le dossier Ppea II a conclu à un non-lieu alors qu’il était abondamment susurré que l’argent des néerlandais a été dilapidé. Au regard des conclusions de l’enquête, on déduit que le grand dossier de l’eau dit « ’dossier du siècle » n’était pas vraiment grand. En conséquence, les agents de la direction de l’eau gardés dans les liens de la détention préventive recouvrent leur liberté. Toutefois, ceci n’est qu’un premier niveau de décision. L’option de saisine de la chambre d’accusation est encore entière et la partie adverse peut toujours l’emprunter. Va-t-elle donner en son temps raison au juge du premier degré ou épouser le revirement ? On en est encore bien loin. La bataille juridique dans ce dossier n’est peut-être qu’à son début.

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Du scandale au non-lieu !

Le Bénin en a pris pour son grade dans ce fumeux dossier dénommé Ppea II. Cette affaire supposée de grande corruption  au sommet de l’Etat était présentée comme la marque de l’infamie. De l’argent des contribuables néerlandais dilapidés par un groupe de cadres de la Direction de l’Eau sous tutelle d’un ministre très proche de l’ancien président Yayi Boni. La fierté nationale prend un coup, la révolte et le désir de reddition brulent le dernier Béninois qui réclame à tue-tête la lumière sur cette affaire. La pression populaire est visible. De l’autre côté, les Pays-Bas haussent le ton. Le Bénin est dans de beaux draps. La pression est forte, Yayi Boni se confond en excuses. « Je présente la gratitude et les excuses publiques de tout le peuple béninois », a déclaré Yayi Boni avant de réaffirmer sa détermination à « sévèrement » sanctionner tous ceux qui sont impliqués. Au cours d’une intervention à l’hémicycle, Barthélémy Kassa affiche une sérénité qui effleure le défi. « Je ne me sens pas du tout inquiété dans cette affaire ». Quelques jours après, la Brigade économique et financière se met aux trousses des cadres du Ministère. 09 personnes soupçonnées dans cette affaire ont été présentées au Procureur de la République qui les a écoutées à la suite de quoi certains agents ont entamé leur séjour carcéral mais le ministre est toujours libre. Le mardi 12 mai 2015, Barthélémy Kassa démissionne du gouvernement de Yayi Boni pour, dit-il, sauver son honneur. Le dossier bouillonne, Yayi est à la peine. En Janvier 2016, la nouvelle mandature pose un acte de taille. Une commission composée de dix députés est constituée pour connaître du cas de l’ex ministre de l’énergie et actuel député à l’Assemblée nationale, Barthélémy Kassa cité dans le cas de malversation de deniers publics pendant son séjour au ministère. Ça y est ! Crient plus d’uns, mais ce n’était qu’un coup d’éclat. Le verrou constitutionnel et les difficultés procédurales ne permettent pas de démêler l’écheveau. Depuis lors, silence radio et enfin l’épilogue juridique hier mardi 16 mai. Le chemin est sans doute encore long. Les prochains jours réservent sans doute des surprises. Ce si grand dossier clamé sous tous les cieux s’écrit en petits pointillés.

Yayi va sans doute reprendre un peu de santé

Il n’y a pas que les mauvaises nouvelles qui visitent l’ancien Chef de l’Etat ces derniers temps. Après la charge à la crémaillère que lui ont envoyée ses anciens compagnons de lutte la semaine écoulée, Yayi peut se faire bonne conscience avec ce premier niveau de dénouement dans l’affaire Ppea II. Ce fumeux dossier de l’eau dans lequel son ancien Ministre fidèle et infidèle d’aujourd’hui est, selon le juge, vide. Le monde l’a accablé, mais il semble qu’il peut se sentir soulager.

Abdourhamane Touré