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Toboula dans sa logique

Reçu sur Golfe Tv et Canal 3, le préfet du département du Littoral s’est adressé à cœur ouvert à ses administrés. L’autorité de tutelle a passé en revue quelques arrêtés préfectoraux, démontré leur importance et expliqué les dispositions prises pour relever le défi sécuritaire dans la capitale économique.

« Nous appliquons la police administrative », a martelé Modeste Toboula, préfet du Littoral, pour expliquer les motivations de l’arrêté interdisant la circulation des engins à deux roues dans la zone commerciale. Fier des résultats déjà enregistrés, il a fait remarquer que cet arrêté devrait être pris depuis des lustres, puisque 90% des braquages à Cotonou se font dans la zone commerciale. C’était, pour lui, le lieu de rappeler que les engins autres que ceux à deux roues ne sont pas concernés par cette décision. En ce qui concerne l’arrêté interdisant la circulation des camions à des heures de pointe, le préfet a expliqué que cette décision répond au souci de résoudre la question des camions poids lourd dans le département qu’il dirige. L’autorité préfectorale affirme que les transporteurs ne sont pas au-dessus de l’État et donc ils ne peuvent que se soumettre à la décision sous peine de subir les sanctions en cas de non obtempération. Abordant l’interdiction d’occuper et de vendre aux alentours des lycées et collèges, le préfet s’est dit désolé de la vie que mènent les élèves qui se livrent, d’une part, à la consommation de produits comme le tabac et l’alcool, et, d’autre part, aux activités ludiques exagérées pendant l’année scolaire. Modeste Toboula a fait donc savoir qu’il fallait en finir avec toutes les activités qui amènent les élèves vers la dépravation. La campagne  de salubrité décrétée  dans chaque arrondissement et qui sera  assurée par les populations elles-mêmes a été au centre des discussions. Selon le préfet, la campagne vient de commencer et, la mayonnaise a pris dans tous les arrondissements même si des politiques tentent d’y accorder moins de crédit en vue de faire constater une réticence chez les populations. « Dans les mois à venir, vous verrez que chaque Cotonois comprendra qu’il doit apporter sa pierre à la construction de l’édifice. Les mesures que nous prenons aujourd’hui seront ressenties dans deux ou trois ans », a soutenu Modeste Toboula.  Le préfet a donc profité pour rappeler à tous les occupants illégaux des domaines publics qu’à partir du 02 Janvier, il sera intransigeant sur la question et qu’ils seront déguerpis, bon gré mal gré.

La sécurité, une priorité !

« Nous avons pris les choses en mains et désormais, comme la loi l’indique, aussi bien la Police que la Gendarmerie sont sous notre tutelle », a affirmé Modeste Toboula. Sur ce, l’homme a fait savoir qu’il a déjà tenu des réunions avec les corps sécuritaires précités pour la définition des stratégies visant à faire de Cotonou un label de sécurité. Sur la question de la recrudescence des braquages dans la ville de Cotonou, le préfet a déclaré qu’il a déjà donné des instructions fermes pour que les enquêtes soient menées. Aussi, a-t-il dit, un plan de sécurisation est en train d’être défini pour limiter les braquages. Il a annoncé l’instauration d’une police bancaire pour les institutions financières. Concernant les supermarchés et autres lieux de vente où les transactions financières sont fréquentes, Modeste Toboula informe que les dispositions sont en cours avec les promoteurs pour qu’à partir d’un certain montant les paiements ne soient  plus effectués en liquide. Toutes choses qui réduiront massivement la fréquence des braquages. Pourquoi la répression de la marche des étudiants ? « J’ai anticipé sur  des faits », a répondu le préfet Toboula. L’homme affirme que les étudiants ont même accepté que des gens venus du nord du pays, des admis aux concours annulés et mêmes des occupants illégaux déguerpis de Zongo, infiltrent leurs rangs pour commettre des impairs.  « Je n’ai jamais interdit une marche, même celle des étudiants. Mais, le maintien de l’ordre a des exigences ». A la question de savoir la raison pour laquelle le préfet est sur tous les fronts, y inclus ceux relevant de la compétence de l’autorité municipale, l’homme a déclaré : « Les populations de la ville n’avaient pas l’habitude de voir la tutelle s’impliquer dans la gestion et le développement de la ville de Cotonou. On peut me reprocher un manque de courtoisie, mais le maire a compris. J’ai une obligation de résultats vis-à-vis de ma tutelle ». Il a demandé aux populations de l’aider à développer Cotonou dans toutes les dimensions  possibles. Quant à son implication dans plusieurs dossiers pendant devant la justice, Modeste Toboula répond : « Je suis serein et nous y reviendrons une prochaine fois pour un approfondissement ».

Régis Gnalandjo (Stag)