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Dans quelques heures Yayi va convoquer le corps électoral
Dans quelques heures Yayi va convoquer le corps électoral

L’ancien chef de l’Etat a enfin révélé ses vraies intentions. Invité sur la chaine de télévision Vox Africa ce vendredi, l’ancien Président du Bénin, Yayi Boni, a pris en horreur l’alternance au sommet des Etats africains. On le disait mais très peu y croyaient. Les Saints Thomas peuvent y croire désormais.
La déclaration du Chef de l’Etat ce week-end ne surprend pas outre mesure les plus avertis. Yayi Boni n’a fait que dire tout haut ce dont on l’a soupçonné depuis longtemps. L’ancien Président du Bénin voulait s’éterniser au pouvoir comme la race en voie de disparition des dictateurs africains. C’est plus que clair désormais dans les esprits, puisque lui-même a démontré en quoi l’alternance au pouvoir peut constituer un poison pour le développement d’un pays. On n’a pas vraiment besoin de trop questionner l’histoire pour comprendre qu’en réalité le Bénin a commis une erreur monumentale en 2006. Ce pays, exemple démocratique, voulait totalement sombrer avec l’avènement d’un personnage qui n’a pas fini de démontrer qu’il était inspiré par une volonté sans ambages de changer de régime à ce pays. Yayi Boni, pendant ses heures de gloire, a rappelé aux Béninois les frissons de la période révolutionnaire. Le Chef a gouverné sans partage avec à la clé, les manœuvres des dictateurs d’une autre époque. Sollicitation fréquente des forces de l’ordre, musellement de la presse, menace sur la sécurité des leaders d’opinion, répression systématique des syndicats, populisme exacerbé, Yayi Boni régentait véritablement. La machine de terreur a été mise en branle avec pour objectif principal de tuer toute ambition de résistance et de s’offrir le boulevard d’un troisième mandat. Yayi Boni à qui le peuple a remis le pouvoir, au détour d’une alternance réussie, voulait tout tenter pour compromettre cette profonde aspiration du peuple. Il n’a pas faibli dans cette ambition qui prospérait véritablement. Une fois le processus d’étouffement systématique de la contradiction réussie, Yayi a sorti son attirail de révision de la constitution. Ce projet devra lui permettre (comme le font les vilains dictateurs africains), d’instaurer une nouvelle république et de poursuivre son règne sans partage à la tête du Bénin. Cette entreprise aussi marchait très bien. L’ancien roi de la Marina avait le vent en poupe et multipliait ses meetings à l’intérieur du pays. Tout cela marchait très bien, mais patatras. Il a fallu un homme pour que tout ce grand rêve de l’aspirant à la dictature s’effondre comme un château de cartes. Patrice Talon a tué à jamais l’ambition de Yayi qui, jusque-là, ne s’en revient pas. La déclaration de Yayi Boni de ce vendredi montre à quel point il est attaché à son rêve de mourir au pouvoir. L’ancien Président du Bénin déteste l’alternance et prend l’exemple d’une démocratie évoluée comme l’Allemagne. On éprouve du regret pour Yayi qui ne sera plus jamais Président au Bénin. Ainsi en a décidé la démocratie.

Abdourhamane Touré

Boni Yayi sur Vox Africa : « Le problème entre Patrice Talon et moi n’était pas politique »
C’est au détour d’un entretien exclusif accordé à la chaîne Vox africa que l’ex-président Boni Yayi s’est exprimé sur l’état de ses relations avec le nouveau président béninois, Patrice Talon (ex-opérateur économique qu’il a contraint à l’exil politique en 2012). Et selon Boni Yayi, le problème entre lui et l’actuel locataire de la Marina n’était pas « politique ». « Mes relations avec Patrice Talon sont excellentes. Ceci, pour la simple raison que la passation de charges a lieu. Donc je lui ai remis le pouvoir conformément aux textes du pays et pour le respect que j’ai pour le peuple béninois. C’est un peuple de paix. Un peuple pacifique. Je le félicite de nouveau pour son élection et je lui souhaite la réussite à la tête de notre pays. Donc il est venu, la passation a eu lieu, nous avions fait un tête-à-tête, on s’est parlé entre amis. Ce qui nous unit est plus important que ce qui nous divise. D’ailleurs, il n’y a rien qui nous divise. C’est un problème d’incompréhension dans cette affaire. Il n’y avait pas de problème politique. Il me disait que c’était un problème politique. Non ! Pas du tout ! J’avais le souci de réussir mon mandat. Mais lui, il était opérateur économique donc animé par le souci de gain. Mais pour moi, il n’était pas question que je quitte la présidence sous la pression des cailloux parce que le pays aurait été mal géré. Ou alors parce que j’aurais organisé la concussion. Ou alors parce que j’aurais eu à nourrir un seul fils alors qu’il y au moins 10 millions de Béninois. Pour moi, l’intérêt général prime sur toute amitié », a déclaré l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi. Il faut signaler que Boni Yayi a été invité sur le plateau spécial (de fortune) de Voxafrica à Malabo où il séjourne depuis quelques jours , en tant qu’ancien président du Bénin et surtout en qualité de chef de la mission d’observation de l’Union Africaine (UA) dépêché en Guinée équatoriale dans le cadre de la présidentielle du 24 avril 2016, dans ce pays de l’Afrique centrale.

 Yayi se contredit

Le Dr Aboubakar Yaya avait déclaré, entre-temps, que lorsqu’une grande personne parle beaucoup, ce sont les enfants qui transforme sa barbe en balançoire. Après avoir négocié le pardon auprès du chef de l’Etat, Patrice Talon, à Abidjan, Yayi Boni manque de sincérité à Malabo d’où il s’est exprimé sur la chaîne de télévision Vox Africa. Lorsque l’ancien président affirme qu’il n’avait pas de problème politique avec Patrice Talon, il sait qu’il n’a pas dit toute la vérité. Les Béninois savent que c’est le refus de cautionner la révision opportuniste de la constitution pour que Yayi Boni s’éternise au pouvoir tel qu’il le souhaitait qui est à l’origine de leur brouille. Or, les Béninois sont très attachés à leur démocratie. Yayi voulait faire comme Idriss Deby, comme Dénis Sassou N’Guesso, comme Angela Meckel en briguant une infinité de mandats à la tête du Bénin. Mais comme le dirait le président Soglo, il s’était trompé de pays et d’époque. En plus, quand on est demandeur d’un pardon, on ne provoque plus. Yayi Boni dont la mission à Malabo a pris fin avec la tenue de l’élection présidentielle hier, doit revenir sur terre. En tout cas, s’il continue sur cette lancée, qu’il sache qu’il est désormais en position de faiblesse face à Patrice Talon. Yayi sera lui-même responsable des déconvenues qui découleraient de ses agissements incontrôlés. Après dix ans à la tête d’un peuple exigeant et vigilant, il mérite un repos réparateur et une retraite paisible.

AT