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Le jeune brodeur Yessoufou Arouna plaide pour la réorganisation du secteur

La broderie est un métier qui permet d’enjoliver les vêtements dont les basins et autres tissus de qualité. Autrefois très rentable, ce secteur d’activité ne nourrit plus correctement son homme. Il est confronté à de nombreuses difficultés.

La broderie à Lokossa n’est plus chose prisée. Du fait des difficultés du métier, seuls quelques acteurs arrivent encore à l’exercer dans la Commune de Lokossa. C’est le cas de Yessouffou Arouna, tailleur et brodeur exerçant depuis plus de 20 ans. Il en a tiré beaucoup de bénéfices. Avant, raconte-t-il, il n’aimait pas ce job. Mais avec  le temps, il y a pris goût. « C’est le commerce que je faisais. Et c’est mon grand-frère qui était brodeur et qui m’a convaincu de faire la broderie. Alors, j’ai démarré ma formation chez lui. Au fil du temps, j’ai commencé par  maîtriser le job et à l’exercer. Lorsque j’ai su que j’avais l’expérience requise, j’ai créé mon entreprise », a-t-il déclaré. Après sa formation, le jeune Yessouffou Arouna s’est donc mis à son propre compte au centre de la ville de Lokossa. Pendant qu’il exerçait ce métier, rassure-t-il, tout allait bien. Il s’en sortait à la fin de la semaine avec  90 000 FCfa voire 150 000 FCfa. Malgré toutes les difficultés qu’il rencontrait dans le travail, Yessouffou Arouna ne s’est pas découragé. Il arrivait à satisfaire tous ses besoins. Il n’enviait en rien un fonctionnaire. Selon lui, la broderie nourrissait son homme. De plus, il recevait beaucoup de commandes venant de l’extérieur. « La broderie est un très bon métier », avait-il l’habitude de déclarer. Mais aujourd’hui, il est en train de déchanter. Il faut dire que la broderie est d’origine sénégalaise. Ce job exige de son auteur  beaucoup d’imagination et de sens de créativité.
 La croix des brodeurs
 En dépit de tous les avantages, la broderie n’est pas à l’abri des difficultés parmi lesquelles, la cherté des machines et la morosité économique. Pour Yessouffou Arouna, en dehors de ces difficultés, la poursuite des intérêts personnels démesurés et la concurrence déloyale empiètent sur la rentabilité du métier. Il regrette qu’il n’y ait plus de solidarité autour des acteurs du métier. « Le travail que certains acteurs du métier pensent réaliser à 5000 FCfa, d’autres vont vouloir le faire à 3000 FCfa voire 2500 FCfa », a-t-il fustigé. Mais au-delà de tout cela, ce qui tue le métier selon lui, c’est la gourmandise de ceux qui patronnent les acteurs de ce métier. Il confie que ce sont des personnes qui ne pensent qu’à elles-mêmes. « Ce sont des gens qui nous instrumentalisent. Ils ne veulent pas notre bien. Ils s’accaparent de tous les appuis financiers que le gouvernement nous envoie »,a-t-il dénoncé. En outre, il a ajouté que les agents percepteurs d’impôts leur rendent la vie très difficile. « Ce sont des gens qui prennent le peu de bénéfice que nous avons. Ils ne veulent rien comprendre. Ils débarquent dans nos ateliers et nous obligent à payer des impôts dont les montants dépassent nos revenus. Cela fait que beaucoup de brodeurs ont abandonné le métier », a-t-il expliqué. Face à tous ces problèmes, les brodeurs attendent que les autorités réfléchissent à la réorganisation de ce secteur d’activité qui tend à disparaître.
 C A
(Br Mono-Couffo)