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Ajavon écouté par le Procureur de Cotonou après une semaine de gade à vue
Ajavon écouté par le Procureur de Cotonou après une semaine de gade à vue

La justice béninoise s’est montrée indépendante dans cette affaire qui a occupé l’actualité nationale pendant une semaine. Mais elle a rendu une décision qui semble laisser l’opinion publique sur sa faim. 

Comme le dit un adage locale, « l’oiseau a été déplumé, mais on aperçoit encore des plumes  sur son corps ». La décision rendue par le tribunal de première instance de Cotonou, vendredi 4 novembre 2016 au sujet de cette affaire de 18 kilogrammes de cocaïne retrouvés dans l’un des conteneurs destinés à la société Cajaf Comon, est sans commentaire. La procédure ne souffre de rien, même si, elle semble un peu spéciale. Tout s’est bien passé et l’attente de la plupart a été comblée. Mais au sein de l’opinion publique, il y a des doutes qui persistent. Sébastien Ajavon et ses collaborateurs ont été libérés, au bénéfice du doute. Mais, finalement, qui est à la base de l’affaire ? Quelle est l’origine de la drogue retrouvée dans le conteneur ? Qui l’y a mise et à qui c’était destiné ? 
Avant d’oublier complètement cette affaire et se réjouir vraiment de la mise en liberté de Sébastien Ajavon et ses collaborateurs, il faudra trouver des réponses aux questions posées ci-dessus. La démonstration de la vingtaine d’avocats de Cajaf Comon et les arguments des mis en cause ont certainement conduit la justice à prendre une telle décision. Et mieux, personne ne peut douter du fond des décisions rendues par la justice béninoise. Seulement, ces questions sur l’origine, la destination et la propriété de cette quantité de cocaïne méritent réponse. Sans cela, l’affaire n’est pas terminée. Tôt ou tard, elle pourrait rattraper les mis en cause libérés.
 Ajavon va trainer cette croix pendant longtemps    
  La première personne qui a intérêt à ce que la justice se fasse très vite pour retrouver les auteurs de cet acte, s’appelle Sébastien Ajavon. Tant que les questions qui taraudent l’esprit des gens au sein de l’opinion publique n’auront pas trouvé  réponses, il y aura toujours les tâches sur lui. Cajaf Comon a ce grand intérêt à ce que le reste de l’affaire soit tiré au clair au plutôt. Sinon, non seulement Sébastien Ajavon va trainer des moqueries en sourdine au sein de l’opinion, mais les partenaires de cette entreprise vont commencer par manifester leur méfiance. Qui va accepter envoyer des marchandises à une société accusée d’avoir été au cœur d’un dossier de trafic de drogue ? Ce serait très difficile. Et donc, la société Cajaf Comon doit se battre pour que l’affaire soit élucidée entièrement. Pour Ajavon, ce serait une tâche difficile à effacer ; car, c’est un acteur politique du pays. Même s’il n’en veut plus, son entourage ne le laissera pas quitter la politique. Et à chaque fois qu’il va trébucher en politique ou va tenter de dominer un adversaire, on lui rappellera toujours cette affaire de drogue. Les Béninois savent qu’il a été mis en liberté parce que n’étant pas impliqué. Mais ils ne savent pas qui est à la base de ce qui lui est arrivé. Tant qu’ils ne le sauront pas, ils vont toujours murmurer quand ils verront Ajavon à la télévision ou à une manifestation publique. Rien à faire pour nettoyer cette tâche à part plaider pour que la justice aide à retrouver les fautifs. On se rappelle encore des soucis que les adversaires politiques donnaient à Rachidi Gbadamassi dans cette affaire d’assassinat du juge Séverin Coovi. Pendant des années, malgré son innocence qu’il a toujours clamée et malgré les décisions de justice rendues à cet effet, le député Gbadamassi a toujours été embêté par cette affaire. Heureusement qu’enfin, la justice a tranché définitivement. Séfou Fagbohoun a été présenté tout le temps pour celui qui est le malheur de la Sonacop. Et pourtant, la justice l’avait libéré. Il en a été de même pour Désiré Vodonou et consorts….  C’est parti pour longtemps.
 Félicien Fangnon