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Gaston-DossouhouiLe parc de karité est soumis depuis peu, à un abattage sauvage et incontrôlé de la part des populations. Cette pratique s’observe au mépris des textes dans les régions productrices des amandes de karité que sont les Collines, l’Atacora, la Donga, le Borgou et l’Alibori. Gaston Dossouhoui, ministre de l’agriculture a mis les chefs traditionnelles devant leurs responsabilités, jeudi dernier pendant le lancement de la campagne de la commercialisation. 

Le karité constitue aujourd’hui pour le gouvernement une filière porteuse en pleine expansion. A cause de ses nombreuses vertus thérapeutiques, cosmétiques, médicinales et sa contribution à l’économie nationale, le karité est convoité au plan international. C’est donc une richesse à valoriser et à sauvegarder. C’est pourquoi le Ministre de l’agriculture de l’élevage et de la pêche (Maep), Gaston Dossouhoui, a plaidé pour l’entretien et la protection des parcs de karité au Bénin, en responsabilisant la chefferie traditionnelle. « C’est nous, communauté, qui sommes les vrais gendarmes. La Police, les eaux et forêts existent certes. Mais si la chefferie traditionnelle interdit d’abattre le karité, surtout en pays Baatonu, qui êtes-vous pour le faire ? Qui êtes-vous pour risquer votre vie ? Alors Majestés, têtes couronnées, si vous voulez vraiment que le karité soigne vos enfants, que le karité apporte de ressources à nos communes et à nos communautés, il faut prendre vos responsabilités », a-t-il exigé. Le ministre Dossouhoui, a demandé aux gardiens de la tradition de tout mettre en œuvre pour accomplir le rôle qui est le leur par le raffermissement de l’autorité traditionnelle. « Décrétez complètement et parlez à tous ceux qui vous représentent dans ces villages que désormais nous ne pouvons plus avoir de fagots de bois de karité ni de charbon carbonisé à partir du karité », a-t-il exhorté. En cas de nécessité, a proposé le Maep, il faut avoir l’autorisation des eaux et forêts. Dans ce contexte, a-t-il dit,  seuls les vieux arbres qui ne produisent plus peuvent être abattus et servis dans la fabrication des mortiers et des pilons. A en croire Gaston Dossouhoui, ceux qui, à la faveur des cultures nouvelles, continuent de défricher anarchiquement les exploitations agricoles ne sont plus excusables puisque la science a déjà réglé leurs préoccupations. « Sur chaque hectare, il est possible d’avoir 25 à 30 pieds de karité sans compromettre les rendements. La science l’a dit et nous le savons », a rappelé le Maep. Il suffit alors d’exploiter convenablement les résultats de la recherche pour non seulement accroître le rendement agricole, mais aussi sauvegarder le parc de karité qui est également une source de devise.

 Zéphirin Toasségnitché

(Br Borgou-Alibori)