Spread the love
janvier-yahouedehou
Janvier Yahouédéou

Le député Janvier Yahouédéou fait-il peur au système Yayi ? La question s’impose, vu la cabale déchaînée à son encontre depuis quelques jours, avec comme objectif la levée de son immunité parlementaire. Pour s’être donné comme but d’aider à voir clair dans le dossier Icc-services, il s’est, apparemment, mis dans l’œil du cyclone. Ce qui est sûr,   il empêche plus d’un de dormir. En cause, sa fougue, sa ténacité, et, surtout, ses qualités de fouineur. En effet, à travers deux correspondances, à tout le moins, suspectes, le gouvernement vient d’illustrer sa fébrilité et la panique qui règne dans ses rangs. Sinon, comment comprendre que le Garde des sceaux et le Procureur de la République s’immiscent dans un scandale d’une telle ampleur, en demandant la levée de l’immunité du représentant du peuple, qui ne fait que jouer son rôle. Jusque-là, le député n’est coupable de rien. Sinon, d’avoir, seulement, éclairé l’opinion sur la gestion opaque des huit milliards de francs. Peut-être qu’il est allé loin dans ses accusations. Mais, on peut, à moins de faire preuve de mauvaise foi, comprendre sa démarche. Parce que, pour avoir, à maintes reprises, promis, notamment lors de son discours de candidature en 2011 , trouver une solution à la crise née de Icc-services et payer les spoliés, Yayi Boni n’a pas brillé par sa promptitude. Oserait-on parler de promesse électorale dans le cas d’espèce ? Ce serait faire preuve de mépris à l’égard des spoliés. Depuis, le silence devenait, de jour en jour, pesant autour de cette affaire. La réaction de l’honorable se justifie d’autant plus que les révélations du Procureur général Amoussou sont venues s’ajouter au débat. Elles sont croustillantes, pathétiques, et ne dédouanent guère le système en place depuis 2006. Il y avait du laxisme et un laisser-aller coupables. Les révélations du procureur, écrites à ses heures les plus sombres dans les geôles de Missérété, constituent donc l’une des pièces maîtresses dans ce scabreux dossier. Le gouvernement aurait pu saisir la perche de la question orale pour rattraper le temps perdu, et apporter des éléments de réponses et de clarifications, sinon pour confondre Janvier Yahouedéou, du moins pour apaiser la soif d’information des spoliés. La balle est toujours dans son camp.

 Wilfrid Noubadan