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L’actualité sur la démission de Candide Azannaï n’a duré qu’un feu de paille

Quoi qu’on dise, le ministre Candide Azannaï  n’est pas une quantité négligeable dans le gouvernement encore moins sur l’échiquier politique national, mais cela  paraît surprenant, que la tempête engendrée par sa démission soit trop vite éteinte.  Ceci en l’espace de  48 heures.

Est-ce l’actualité sur la révision de la Constitution ou les préoccupations actuelles des citoyens avec l’échéance du 1er avril fixée pour  verbaliser les automobilistes qui n’auraient pas payé leurs vignettes, ou encore les difficultés du moment qui ont éclipsé, en l’espace de 48 heures, la nouvelle de la démission de Candide Azannaï ? Peut-être oui. Annoncée dans la matinée du lundi 27 mars sur la toile, la démission du ministre délégué près le président de la République, chargé de la défense nationale, a alimenté les  conservations dans les rues, les marchés, les cafés, les bars, les services, les instances des partis politiques, au sein de l’élite. Elle a affolé les réseaux sociaux, fait les choux gras des journaux, qui l’ont diversement accueillie. De plus, il n’en fallait pas plus pour que celui dont l’acte a été jugé courageux, osé, arrache des compliments à des opposants ou adversaires du chef de l’Etat, qui n’ont eu aucun mal à l’inviter à rejoindre le front. Trouvant ainsi du grain à moudre, ils n’ont eu aucune difficulté à dire que le cœur du régime a été atteint et que cela présage de grands bouleversements au sommet de l’Etat. Mieux, ils ont estimé que c’est une crise majeure qui vient de s’éclater au cœur de l’appareil d’Etat. Tous les éléments sont donc réunis pour faire de l’affaire une grosse tempête dont les effets, rêvent-ils, ou souhaitent-ils, seront dévastateurs pour le chef de l’Etat et son équipe. Certes, la démission de Candide Azannaï a fait grand bruit et étonné beaucoup. Mais alors, ce n’est pas ce qui préoccupe les Béninois en ce moment. Tout en reconnaissant que c’est un gros coup pour le régime, beaucoup préfèrent que cette page soit tournée et que le sujet soit vite oublié. Les populations qui se serrent déjà la ceinture et scrutent l’horizon en espérant de lendemains meilleurs ne veulent pas perdre leur temps sur un fait qui ne leur apporte pas un plus à leur quotidien pas trop reluisant. Contrairement à ce qu’on pouvait craindre, la nouvelle n’a pas produit le même effet que les précédents morceaux de  Candide Azannaï. Maniant presque à la perfection l’art de  se retourner contre le système qu’il a lui-même fabriqué, le désormais ex-ministre de la défense prépare peut-être un coup. Mais s’il tel est son plan, il risque d’envoyer que de pétards mouillés, puisqu’il l’un des metteurs en scène de la Rupture. Et  pris tel, il lui sera difficile de bénéficier de la sympathie de la population. D’ailleurs, celle-ci qui s’interroge toujours sur les vraies raisons de sa démission, se donne le temps de comprendre ce qui s’est passé entre deux amis qui, à ses yeux, s’entendaient bien, dont la connivence avérée écartait  ce scénario du lundi dernier. La suite de ce dossier ne donnera plus de grain à moudre à ceux qui jubilent non seulement au regard de l’attitude des  deux acteurs qui ont préféré le silence pour ne pas amplifier les choses, mais aussi en raison de ce que la récupération politique ne pourra pas prendre. Le chef de l’Etat ne trouve aucun intérêt à rendre publique une réaction officielle. Patrice Talon, préoccupé par son projet de révision constitutionnelle, au sujet duquel, les députés s’entretiennent avec les populations, garde plutôt une oreille attentive de ce côté-là.  De même, Candide Azannaï que de nombreuses rumeurs ont annoncé en conférence de presse hier, ne compte pas parler.  Aucune des deux personnalités ne se prêtera à ce jeu. Ainsi, arrivée sur la pointe des pieds, la tempête ne fera aucun dégât.

A .T.