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emmanuel Tiando 2La Commission électorale nationale autonome (Céna) fixe une date cruciale pour les législatives du 28 avril. A partir du 21 février, les partis politiques pourront commencer par déposer les dossiers de candidature. La Céna  bouscule un peu les partis à la traîne qui ont d’autres préoccupations sérieuses actuellement.

Les partis politiques qui continuent de faire l’omerta sur les listes de candidature aux élections législatives du 28 avril sont désormais conviés à vite dévoiler leurs potentiels candidats. Le formalisme lourd noté au niveau de certains partis doit s’effacer, car les choses iront assez vite désormais. La Commission électorale nationale autonome (Céna) met la pression  et invite tous les partis politiques à se mettre au pas avant le démarrage de la procédure de dépôt de candidature. Ce communiqué de la Céna appelle deux observations simples. La première est que les partis politiques sont  face à une lourde et grande responsabilité désormais. Ils sont tenus de constituer à temps les dossiers de candidature de leurs potentiels candidats. A ce niveau, il n’échappera pas à l’opinion que la plupart des partis politiques sont habitués, par le passé, à attendre le dernier jour pour déposer à la Céna des dossiers incomplets. Cette impréparation porte de nombreux désagréments pour certains partis. C’est pour éviter cet inconfort que la Céna a convié à temps les partis afin que ceux-ci se conforment aux règles du jeu. La deuxième observation se situe au niveau de la nouvelle donne imposée par la réforme du système partisan et le code  électoral. En effet, le vote de la loi portant charte des partis politique a donné naissance à de nouveaux grands partis qui sont encore à l’étape d’adhésion de nouveaux militants. Ces partis sont pour certains, à l’heure des candidatures spontanées, pour sortir les potentiels têtes de liste. Avec la date fixée par la Céna, ces partis se doivent de hâter les pas, car ils n’auront plus que deux semaines pour finaliser les listes et constituer les dossiers de candidatures. Au niveau de la Constitution des dossiers, le code électoral a prévu le quitus fiscal qui est une disposition assez complexe dans la forme puisqu’elle sollicite un certain nombre de vérifications de la part de l’administration fiscale. S’il faudra intégrer le temps de l’administration et le temps du formalisme, les deux semaines sont déjà assez justes surtout que pour les élections législatives, les candidatures seront assez importantes. A ce niveau encore, il faut noter que dans certains partis, il est demandé à des potentiels candidats qui n’ont d’ailleurs pas la certitude d’être positionnés têtes de liste de se rapprocher de l’administration fiscale pour la formalité. Si cette liste de potentiels candidats va s’ajouter à la liste des candidats sérieux, l’administration risque d’être engorgée ; ce qui risque dans une certaine mesure de dissiper le temps qui nous sépare du 21 février.

 Quid des dossiers qui seront recalés au Ministère ?

 Le communiqué de la Commission électorale nationale autonome (Céna) s’est appuyé sur la dernière décision de la Cour constitutionnelle qui demande aux partis de se conformer à la loi portant charte des partis politiques. A ce niveau, une question majeure réside tout de même. Qu’en sera-t-il des partis politiques qui n’auront pas obtenu leur récépissé définitif et qui auraient déjà déposé les dossiers de candidature au niveau de la Céna ? La question est d’intérêt puisqu’il y a quelques semaines, certaines informations ont fait état de ce que certains partis politiques risquent de se voir évincés parce qu’ils auraient triché dans la constitution de la liste des membres fondateurs. A l’époque, le travail méticuleux des membres de la commission de dépouillement au niveau du ministère a révélé que certains partis politiques auraient inscrit comme membres fondateurs, des mineurs et même des expatriés. Si d’aventure, ces partis réussissent à respecter le deadline de la Céna en constituant régulièrement leurs dossiers et que par la suite,  il leur est empêché la délivrance du récépissé définitif qui leur confère une existence légale au regard de la charte, que feront-ils, alors même qu’ils ont libéré les 249 millions de Fcfa exigés ? La question est d’intérêt, car au niveau de certains partis politiques, l’heure est encore à la réflexion. Certains se demandent s’ils pourront véritablement obtenir ce fameux récépissé définitif. La Commission pourrait-elle rendre publique la liste des partis réellement constitués au regard de la nouvelle charte des partis avant le 21 février ? Equation à multiple inconnus.

 AT