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boniyayi1[1]Le locataire de la Marina a ce drôle d’humour de détourner subtilement l’attention de tout le monde pour donner l’impression que tout va bien. Dans son discours bilan du vendredi dernier, Yayi Boni a dressé une liste exhaustive des réalisations. Il ne faut pas qu’on se leurre, Yayi a vraiment fait des miracles.

On a de la peine à comprendre pourquoi les Béninois se plaignent. Le Bénin est prospère, bien gouverné et porte l’espoir d’une croissance à deux chiffres imminente. Il faut vraiment que les politiciens, mauvaises langues, cessent de saper le travail de Yayi Boni, car il a tout fait. Yayi Boni a tout fait. Les chiffres en disent long. Tenez. En 10 ans, les efforts du gouvernement du Chef dans le domaine de l’énergie ont consisté à porter la demande en énergie de 115 Mw depuis 45 ans à 220 Mw en 2015, soit près du double de la disponibilité d’énergie en dix (10) ans. Incroyable ! En matière de desserte rurale, le taux a été porté de 3% niveau atteint en 45 ans à 37% en 10 ans, soit 12 fois le niveau initial de 2006 à 2015. Ce taux, selon Yayi Boni, sera très bientôt amélioré avec l’électrification des 546 chefs-lieux d’arrondissement dont 105 sont en attente. Si après avoir fait tout cela, le peuple se décide encore de lui lancer la pierre, on se demande s’il faut que Jésus descende avant qu’il soit satisfait. Mieux, Yayi Boni ne s’est pas arrêté là. Il a construit la centrale électrique de Maria-Gléta qui, selon ses dires, est fonctionnelle et vient renforcer les capacités de production du Bénin. Le mieux qu’on puise souhaiter pour les populations est que cette affaire ne s’explose pas un jour. Sur le plan de l’agriculture, le Chef de l’Etat a pratiquement résolu tous les problèmes. Le gros exploit qu’il a fait c’est d’avoir réussi à augmenter le taux de production du coton à 400.000 tonnes entre 2014 et 2015. Même si, entre temps, il y a eu l’apparition de l’hélicoverpa, les usines fermées, les cotons endommagés et la rareté de la pluie, on peut se réjouir du fait que tout va bien à ce niveau et que, dans la sous-région, le Bénin est classé 1er pour ce qui est de la production du coton. S’il était permis d’être dans l’équipe de rédaction du discours du Chef, on aurait pu lui souffler à l’oreille qu’il a oublié le volet de la mécanisation de l’agriculture. A ce niveau, il y a beaucoup de succès qu’il faudra mettre à l’actif de Yayi Boni. D’abord, dans la plupart des communes, il est heureux de constater des tracteurs enfouis dans la broussaille qui sont devenus pratiquement le nid des rats. C’est un des gros exploits dont on parle peu aussi et qu’il faudra ajouter à la liste déjà longue de réalisations. Pour l’amélioration du climat des affaires, il serait ingrat de ne pas reconnaître les nombreux efforts sous le Chef. Il a été très court, mais on pourrait toujours lui concéder certaines réalisations. Il y a par exemple la fiscalité qui est toujours ce qu’elle est, la forte pression sur les opérateurs économiques nationaux, le faible niveau de l’investissement et bien d’autres. Tout ceci pourra agrémenter le speech. L’autre partie intéressante du discours de Yayi, c’est la couverture en eau potable. En effet, Yayi Boni a déclaré qu’en la matière, le Bénin fait partie des rares pays qui réaliseront en 2015 un taux de couverture de 82% contre 75% fixé par les Nations Unies. Si le Bénin est à 82% de couverture alors qu’en pleine ville, certaines populations continuent de boire l’eau de puits, on peut se réjouir de ce que tout va très bien sous nos cieux. Si les Nations-Unies l’ont certifié, ce n’est pas à nous de contredire. Ainsi donc, le Chef de l’Etat a réussi ce que ses prédécesseurs n’ont pas pu faire. C’est d’ailleurs pourquoi certains aigris piaillent partout qu’il est mauvais. Du courage Yayi Boni. Tu as beaucoup fait !

 AT

Vallée de l’Ouémé : un vain leitmotiv du chef de l’Etat

Dans son message à la nation à la veille du 1er août 2016, le président Yayi Boni a une fois de plus fait allusion à la vallée de l’Ouémé. Tout au long de ses deux mandats constitutionnels à la tête du Bénin, il a magnifié cette partie du territoire national. Mais, en fin de régime, la vallée de l’Ouémé est toujours restée dans son état.

« La vallée de l’Ouémé est la deuxième plus grande en Afrique après celle du Nil. Elle est très riche et pourvoyeuse de richesse. » Cette phrase a toujours été chantée par le président Yayi Boni depuis le début de son mandat. Dix ans après, alors qu’il s’apprête à partir du Palais de la Marina, le président Yayi Boni ne cesse d’en parler. Pour lui, cette vallée doit contribuer à la création de l’emploi et de la richesse. Mais, a-t-on réellement pris les précautions pour l’atteinte de cet objectif ? Au détour d’un de ses incessants et innombrables voyages en Malaisie, il avait promis aux populations de la vallée de l’Ouémé, la transformation de cet espace en une véritable zone industrielle avec le projet palmier à huile. Alors que le Bénin a été largement devancé par la Côte d’Ivoire dans ce secteur, c’est en fin de mandat que le gouvernement du président Yayi Boni « appréhende dans ses dimensions tant économiques que sociales le défi que constitue l’emploi des jeunes et des femmes. »Dans ce chapitre qu’il a évoqué au cours de son discours du 31 juillet 2015, il cite « le programme d’insertion des jeunes dans l’agriculture à travers les centres de formation à l’entreprenariat agricole et l’aménagement de nos vallées ». La vallée depuis la nuit des temps est demeurée vierge. Son exploitation est jusque-là l’œuvre des populations en proie aux inondations cycliques. Elle n’a ni été aménagée pour préserver les riverains des affres d’abondance de pluies, ni pour permettre aux femmes et aux jeunes de se faire employer dans la vallée. C’est donc un vain leitmotiv le fait qu’à chaque occasion le président de la République fasse allusion à la vallée de l’Ouémé. Pour avoir donné trop d’espoir aux populations, Yayi Boni a fini par décevoir. La transformation de la vallée de l’Ouémé, nécessite en fait, une mise en œuvre conséquente d’un programme minutieusement étudié par des spécialistes et experts dans le domaine de l’agriculture par les mécanismes d’irrigation et de drainage. Un tel chantier requiert de la part de son initiateur, non pas une dispersion d’énergie, mais plutôt de la concentration. A la fin, il serait encore intéressant de le soumettre à une contre-expertise pour en déceler les éventuelles insuffisances pour endiguer, par anticipation, les défaillances qui pourraient résulter de sa mise en œuvre. En l’absence de méthodes pour la réalisation du chantier, les résultats témoigneront de la pertinence ou non des initiatives de départ.

 Jean-Claude Kouagou