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Les nominations du ministre Gazard contestées

Le ministre de la Santé, Dorothée Kindé-Gazard est en disgrâce avec les populations de l’Atacora. Elles ont manifesté, ensemble avec le personnel du Centre hospitalier départemental (Chd) Atacora, leur indignation contre le départ massif des agents de santé de cette localité vers d’autres destinations. C’était ce mercredi 17 juin 2015 à travers un sit-in tenu dans l’enceinte du Centre hospitalier départemental de l’Atacora.

Banderoles rouges au front, les populations de l’Atacora ont manifesté leur mécontentement face à l’affectation, en date du 8 juin dernier, Dr Cossi Cyrille Kpangon, médecin chirurgien au Chd Atacora, vers l’hôpital de zone de Savè. Ceci, disent-ils, en violation de toutes les procédures en matière de mutation dans le secteur de la santé. De sources proches du ministère de la Santé, l’intéressé serait en phase d’occuper le fauteuil de Directeur de l’hôpital de zone de Savè. Dans leur motion de protestation, ils ont également fait savoir que le gouvernement du Dr Boni Yayi ne s’intéresse pas à la santé des populations de l’Atacora. Se demandant si le département de l’Atacora fait partie du Bénin, ces populations estiment qu’un centre hospitalier doit avoir tout au moins un médecin généraliste, un gynécologue, un pédiatre et un chirurgien. Mais, grande est leur désolation de constater que le Chd Atacora est dépourvue de chirurgien. De même, elles s’indignent contre le départ, en moins de six mois, de plusieurs médecins et autres agents de santé des unités sanitaires du département de l’Atacora pour d’autres départements du pays dotés d’agents qualifiés. Pour preuve, elles citent le cas du seul chirurgien recruté sur poste et qui a pris service en janvier 2015 au Chd Atacora. Ce dernier est affecté à l’hôpital de zone de Savè qui ne sert de référence que pour deux Communes : Savè et Ouéssè. Or, le Chd Atacora est un centre de référence qui dessert neuf Communes. Selon les manifestants, Savè a déjà un médecin-chirurgien expérimenté en la personne du Dr Sossou. Le Dr Chabi Beloyé Chastie, médecin chef du Cipec Atacora, a été également affecté au Centre de santé de Cotonou 6. L’infirmière Sèwanou Romantine Nina Loucéda, inspecteur d’action sanitaire, mise à la disposition du Chd Atacora et qui n’a pas daigné prendre service depuis octobre 2014, est mutée au Chd Mono à Lokossa. Pour masquer ces mutations, le titre d’affectation fait croire que ces agents contractuels de l’Etat sont nouvellement recrutés dans la fonction publique et mis à la disposition du ministère de la Santé. Plusieurs agents de santé paramédicaux à savoir, infirmiers, sages-femmes, aides-soignants sont mutés du département de l’Atacora pour d’autres régions. Le titre d’affectation pris par le Ministre Dorothée Kindé-Gazard peut, dans les jours à venir, motiver plusieurs agents en poste dans l’Atacora à demander aussi à partir. Entre autres revendications, les manifestants ont exigé le remplacement sans délai du chirurgien muté du Chd Atacora ou son retour immédiat ; l’affectation sans délai d’un pédiatre, d’un gynécologue et de deux anesthésistes au Chd Atacora ; le respect des clauses contractuelles ayant prévalu au recrutement des nouveaux agents au profit du ministère de la Santé ; la construction d’un service de laboratoire et d’une maternité digne du nom ; la réparation sans délai de la morgue du centre en panne depuis novembre 2014. Egalement, ces manifestants exigent la dotation d’un véhicule de liaison du Chd Atacora en remplacement de celui qui et hors d’usage depuis des lustres ainsi que la reconstruction d’un Chd Atacora avant la fin du dernier mandat du Chef de l’Etat, Yayi Boni.

 Le Chd Atacora reste un centre à rebâtir

 Construit en 1986 en matériaux cartonnés pour une durée de 10 ans grâce à la coopération Bénino-Belge, le Chd Atacora n’a toujours pas bénéficié d’une attention particulière de la part des autorités politico-administratives du pays comme c’est le cas ailleurs. Depuis son année de construction en matériaux importés de la Belgique, une trentaine d’années sont passées. Les besoins de la population en matière de santé se sont accrus et le centre, pourtant de référence, est resté presque stable avec des locaux vétustes et désolant pour les usagers. C’est d’ailleurs l’un des centres de santé école très mal équipés depuis toujours. Il ne bénéficie d’aucun équipement moderne. Quelques bâtiments seulement ont été construits grâce à la fête tournante du 1er Août 2011 à Natitingou. Il s’agit du bloc des urgences, le bloc administratif, l’extension du bloc opératoire du centre et les bâtiments de la pharmacie et de l’imagerie médicale. Tous les autres pavillons du centre à savoir la médecine, la maternité, la pédiatrie, le laboratoire ne répondent plus aux normes. Le personnel, dans ces conditions où le centre est sans toilettes, est fréquemment obligé de quitter le centre avant de satisfaire leurs besoins pressants. Les quelques logements construits pour les médecins ne couvrent pas les besoins du personnel. Cet hôpital reste presque le seul centre qui ne répond à aucune norme en matière d’infrastructures. Les équipements de dernière génération tels que le scanner et autres sont totalement inexistants. Il est également le seul centre du pays à ne pas être érigé en Centre hospitalier universitaire. Or, avec la création, tout récemment, de l’université de Natitingou, ce centre ne pourra pas répondre également aux besoins des apprenants.

 Hervé M. Yotto (Br Atacora-Donga).