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Les éléments du Dgpn Houndégnon ont failli

Depuis le vendredi que le peuple a été officiellement mis au courant du contenu du rapport d’audit sur la gestion des fonds hollandais à la Direction générale de l’eau, les opérateurs économiques accusés sont introuvables. Et si depuis hier, des mandats d’arrêt internationaux ont été lancés contre eux, c’est certainement parce qu’ils ne sont plus présents sur le territoire national. A cet effet, le chef de l’Etat ferait mieux de s’en prendre au Directeur général de la police nationale et celui de la Gendarmerie nationale.

Des raisons tout aussi fondées expliquent la responsabilité des deux patrons de la sécurité nationale dans la fuite des sieurs Rémi Kodo et Rock Gniré. Deux hypothèses sont à admettre. Soit, ils ont laissé partir les opérateurs économiques en question ou alors ils ont fait preuve d’incompétence. En avril 2015, au moment où l’affaire a éclaté dans la presse, le Gouvernement est resté muet et a dû sortir de son silence quand la partie hollandaise a annoncé son refus de financer des projets directement gérés par l’Etat central. Le ministre des Finances était monté au créneau. Le conseil des ministres s’était réuni à ce propos et, le chef de l’Etat s’était confié à la presse. Des noms ont bel et bien été publiés et, les coupures de presse sont encore là pour témoigner. Barthélémy Kassa, alors ministre de l’Energie et de l’eau, a même été contraint à la démission. Ce qui justifie la gravité de la situation. Ipso facto, la gendarmerie et la police devraient, professionnalisme oblige, mettre sous haute surveillance les mis en cause jusqu’à ce que le rapport d’audit sorte et décide de leur sort. Ces deux individus ainsi que ceux qui sont cités complices ne devraient pas être aujourd’hui difficiles à retrouver. Car, c’est inexplicable de savoir qu’ils sont introuvables au Bénin au point qu’il ait fallu un mandat d’arrêt international. Si les Dg Houndégnon de la police et Elomon de la gendarmerie confirment qu’ils n’avaient pris aucune mesure pour filer les opérateurs économiques concernés et qu’ils ne les ont, en aucun cas, aider à quitter le pays, c’est qu’ils se déclarent tout simplement incompétents. On n’a pas besoin de faire de grandes études en sécurité ou en prévention pour savoir que les individus en question devraient être surveillés de près. La police aurait pu prévenir cette fuite et prendre des mesures de filature. Où se trouve la pro-activité de Houndégnon et son équipe ?

Dans ce pays, des gens ont été filés et leurs passeports avaient même été saisis sans aucune décision de justice. Le juge Angelo Houssou avait été interpelé à la frontière et l’ex procureur Justin Gbènamèto avait vu sa maison gardée par la police alors qu’il n’y avait aucune décision de justice qui l’accusait. Il en a été de même pour plusieurs personnes déclarées suspectes sous le même régime ; lesquelles ont été empêchées de quitter le territoire national. Pourquoi cette légèreté envers des opérateurs économiques qui mettent en difficulté les relations diplomatiques entre le Bénin et les Pays-Bas ? Qu’est-ce qui se fait pour éviter aussi que Barthélémy Kassa et les fonctionnaires accusés ne disparaissent pas dans la nature comme les autres ?

 La gendarmerie nationale en flagrant délit

Le Directeur général de la gendarmerie nationale aura du mal à se sortir d’affaires. Le 24 avril 2015, les éléments du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (Gign) ont interpellé le sieur Rémi Kodo à son domicile. Ils l’avaient conduit à la brigade de recherches avec des objets suspects. L’opérateur économique avait été relâché, moins de 48 heures plus tard, pour des raisons que personne ne sait à ce jour alors que l’affaire avait déjà éclaté et faisait courir le Gouvernement dans tous les sens. On avait même appris qu’une autorité de la gendarmerie nationale lui aurait rendu visite et que des jeunes, parmi les gendarmes qui l’avaient interpellé, avaient subi des représailles de la part de leurs responsables hiérarchiques. Maintenant qu’il est l’heure de retrouver Rémi Kodo, la gendarmerie nationale doit pouvoir situer les responsabilités et identifier celui qui avait ordonné sa mise en liberté.

En plus de la police et la gendarmerie nationales, il y a aussi les services de renseignement du chef de l’Etat qui ont montré leurs limites. C’est sûr qu’à l’étape actuelle, tous ces services courent dans tous les sens pour s’offrir des missions de recherche à l’Etranger. Ils feront croire qu’ils vont rechercher les opérateurs économiques en question dans des pays étrangers et se taper des frais de mission alors que s’ils avaient été professionnels, ils auraient pu anticiper et empêcher que les suspects quittent le pays. Au même titre que l’audit, la recherche des deux va coûter cher à la caisse publique.

Yayi Boni doit savoir qu’il est entouré de personnes suspectes qui n’ont aucune intention de lui faciliter la gestion du pouvoir. Certains lui ont créé des ennuis en dilapidant l’argent offert par les Pays-Bas aux populations et d’autres se sont laissés corrompre pour faciliter la fuite des mis en cause. Ils sont tous mouillés dans cette affaire et le président de la République doit frapper fort. Une seule exception dans la sanction confirmera sa complicité.

F.F