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SAMUEL-DO
Les conséquences de la marginalisation de Samuel Dossou se font sentir

Depuis quelques jours, circulent dans la presse et sur les réseaux sociaux plusieurs documents qui auraient fait l’objet, à Niamey, entre les représentants du Bénin, du Niger et du Groupe Bolloré, de négociations ayant abouti à plusieurs projets d’accord.

Formellement paraphés et n’attendant plus que la signature pour sa mise en application, l’un de ces documents, le plus important, porte sur la convention de concession du financement, de la conception, la construction, la réhabilitation, la maintenance et l’exploitation de la ligne de chemin de fer Cotonou-Niamey. A la lecture, on se rend à l’évidence qu’il s’agit ni plus ni moins d’un plan du Groupe français décrié qui n’aura d’autre impact que d’hypothéquer durablement le développement du Bénin. Car, aux termes de ladite convention et des documents qui y sont annexés, ce sont des rails métriques, (écartement d’1 mètre) que s’apprête à installer le Groupe Bolloré pour relier le Bénin au Niger. Cet écartement datant de l’époque coloniale ne répond plus du tout aux normes internationales relatives au transport ferroviaire. Dans l’une de ses publications dans la presse, l’ancien Bâtonnier Me Jacques Migan, s’interrogeait déjà sur la pertinence du choix fait par le Groupe Bolloré d’imposer au Bénin et au Niger, des chemins de fer complètement dépassés, surannés, caduques. Les rails à écartement métrique ont, en effet, été abandonnés dans l’Union européenne depuis des lustres, au profit de rails d’écartement standard (1,435m conforme aux normes internationales Iso). Nul doute qu’en allant ramasser ces tas de ferrailles, ainsi que les trains correspondants, qui ne sont désormais plus que des épaves ou des pièces de musée, pour venir nous les revendre à prix d’or, Bolloré et ses complices se préparent à faire des gains substantifs sur le dos des pauvres contribuables béninois et nigériens, taillables et corvéables à merci.

 Et pourtant, le projet de Pétrolin répond aux normes

 Un autre risque, c’est l’isolement du Bénin et du Niger du transport ferroviaire sous-régional, puisque tous les autres pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont, soit entamé la mise aux normes de leurs voies ferrées, soit s’apprêtent à le faire. En maintenant le Bénin et le Niger dans une exception précoloniale, c’est tout le développement futur de nos deux Etats que le Groupe français décrié risque d’hypothéquer. Face à cette situation, la question se pose plus que jamais de savoir pourquoi les gouvernements nigérien et béninois préfèrent exproprier l’adjudicataire légal du projet, le Groupe Petrolin de l’opérateur économique béninois Samuel Dossou Aworet, dont les propositions sont pourtant en parfaite adéquation avec les besoins de modernisation et d’extension du corridor ferroviaire Bénin-Niger ainsi qu’avec les normes nationales et internationales en vigueur.

A.T.