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kuster-lionelLes électeurs de la 8ème circonscription électorale ont eu la surprise de recevoir une hôte de marque la semaine dernière. L’Ambassadrice de France près le Bénin, sûrement, en soutien caché à Lionel Zinsou, a rencontré les élus locaux à Parakou. Les images, montrées par Canal 3, intriguent et laissent perplexe. Cela apporte de l’eau au moulin de ceux qui, à l’instar du président Soglo, crient à la recolonisation.
Certes, elles sont éloignées, les années Foccart, où l’Afrique était dirigée depuis les lambris de  l’Elysée. Mais, malheureusement, la « Françafrique » persiste  toujours sous de nouvelles variantes. Aussi, les grandes puissances, à la recherche, souvent, d’intérêts sordides, n’hésitent pas à soumettre les petites nations.  Or, au vu de son histoire, la France ne devrait pas s’autoriser de tels écarts. Car, si  le socialisme français est aujourd’hui aux abois, réduit en peau de chagrin par un  « hollandisme » éthéré et la droite libérale française  vidée par le Fn,  il n’en demeure pas moins vrai que la France reste la patrie des droits de l’homme. L’héritage universel de la Révolution de 1789  ne peut être nettoyé d’un coup de balai. C’est pour cela que,  même si elle est aujourd’hui  obnubilée par ses intérêts économiques, la diplomatie française ne peut pas fouler aux pieds les valeurs qu’elle s’échine,  par ailleurs,  à répandre à travers le monde. La France, en tant que puissance économique, peut et doit avoir un candidat prêt à défendre ses intérêts. Dire ou prétendre le contraire serait faire preuve d’une courte vue de l’esprit. Mais, si la diplomatie française devient partie prenante du jeu politique interne, elle en fausse les règles,  et met en péril le socle sur lequel repose les institutions. Se borner à être juge impartial, garant de la sincérité du processus, serait une façon de respecter le choix du peuple et la démocratie. Car,  Lionel Zinsou, qui est au cœur de l’appareil d ‘ « Etat »,  bénéficie largement des canaux et moyens officiels pour battre campagne.  Exemple, la  télévision nationale. On peut donc dire que, coutumier de son fait, Yayi Boni  a, très tôt, mis  la machine « Etat » au service de son Premier ministre. A quelques semaines d’une élection aussi cruciale, ce déséquilibre créé au profit du candidat Fcbe est très regrettable. La chancellerie française ne doit donc pas en rajouter, au risque de braquer une population qui a déjà souffert le martyr pendant une décennie, du fait de la gestion erratique de son chef. Les actions de développement de la coopération française, notamment à travers l’Afd, sont une énorme contribution aux économies du Sud. Ce qui fait de la France un des partenaires privilégiés de l’économie africaine. Cette aide prendrait tout son sens et serait davantage efficace, si elle s’appuie sur  un soutien « moins hypocrite » à la démocratie.
 
Wilfrid Noubadan