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Lionel Zinsou imposé par le chef de l’Etat

En réussissant le hold-up d’imposer Lionel Zinsou comme candidat unique des Forces cauris pour un Bénin émergeant (Fcbe), à la présidentielle de 2016, le chef de l’Etat s’est mis en porte à faux avec les textes qui régissent son alliance politique. Déjà en proie à de sérieuses dissensions internes, les Fcbe semblent être proches d’un chaos.

Il y avait assez de candidats pour la candidature unique des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Tous capables de défendre les couleurs de l’alliance à la présidentielle de février 2016. Mais, lorsque le comité ayant la charge de l’examen des dossiers a déposé ses résultats, il ne restait que trois personnalités en lice. Selon les critères définis avant le démarrage du processus, il s’agit du vice-Premier ministre François Abiola, de l’ancien ministre des Affaires étrangères et député à l’Assemblée nationale, Nassirou Bako-Arifari, et de l’ex-Directeur général de la Sobémap et ex-ministre de la Culture, Soumanou Toléba. Après une entente secrète scellée entre les trois, les deux derniers ont désisté en faveur du premier. En échange à son désistement, Nassirou Bako-Arifari a exigé un poste en vue dans le bureau de la prochaine mandature de l’Assemblée nationale. Pour sa part, Soumanou Toléba, s’estimant encore jeune, a simplement revu ses ambitions à la baisse. En clair, c’est François Abiola qui avait la confiance des militants Fcbe pour défendre leurs couleurs à la présidentielle de 2016. Alors que le comité qui a planché et délibéré s’apprêtait à publier les résultats des travaux, le chef de l’Etat a usé de sa « ruse » pour étouffer l’initiative. Contre toute attente, il a réuni au Palais de la présidence un cercle fermé de lieutenants à qui il a confié d’organiser sans délai, la propagande pour annoncer le nom du premier ministre Lionel Zinsou en lieu et place du vice-premier ministre, François Abiola. Le franco-béninois dont le dossier avait été écarté sur la ligne de départ a ainsi fait un come-back inattendu soutenu par le diktat du président de la République et avec la malveillante complicité de certains ténors qui sont aussitôt descendus sur le terrain, avec force, espèces sonnantes et trébuchantes, arguments fallacieux et discours creux véhiculés pour faire croire que Lionel Zinsou a été régulièrement désigné pour porter cette charge.

 Un choix fortement contesté

 C’est un coup de force, comme bien d’autres. Vice-premier ministre, pilier de l’alliance et du régime en place depuis fort longtemps, François Abiola vient d’être flingué en plein vol et au moment où il s’apprêtait à enfiler son costume de dauphin légitime. L’argument principal utilisé contre François Abiola est que ce dernier ne dispose pas de la trésorerie suffisante pour faire face aux exigences d’une élection que Yayi Boni compte gagner. A ses yeux, Lionel Zinsou serait le meilleur cheval pour remporter la course de 2016. Au sein de la famille Fcbe, tous ne sont pas d’accord avec la position du chef de l’Etat. Ceux qui s’opposent au choix de Yayi sont très nombreux. A l’Assemblée nationale, au sein du gouvernement et même dans son cercle immédiat, le mot d’ordre lancé par Yayi Boni pour appeler à soutenir Lionel Zinsou rencontre de sérieuses résistances. La jeunesse rumine sa colère. Malgré les moyens mis en branle pour négocier leur ralliement, ils se tiennent à l’écart du vacarme autour du candidat annoncé. Selon nos informations, des déclarations de désolidarisation provenant de certains ténors Fcbe pourraient se faire entendre dans les jours à venir. Au milieu de cette vague de frustrations et de grincements de dents, le consensus autour de la candidature de Lionel Zinsou semble illusoire. Il est impossible à réaliser. Lors de son intervention télévisée sur la chaîne de service public le 02 novembre 2015, le Premier ministre avait pourtant posé comme condition sine qua non de sa candidature, le consensus autour de sa personne. « Moi, je ne veux pas être candidat dans la dissension », avait-il affirmé. On se retourne vers lui aujourd’hui pour lui demander à quoi s’apparente sa candidature imposée à la famille Fcbe par le président de la République.

 Le deal

 Suivi de près comme du lait sur le feu, Yayi Boni est coincé de part et d’autre. Mais connu pour son obsession pour le pouvoir, le président béninois rêve de prendre les commandes d’un organisme international à la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. En prévision à une nouvelle carrière internationale, Yayi Boni qui prend actuellement part à la Conférence de Paris sur le climat a proposé la création d’une Autorité mondiale de régulation du climat. Même si le chef de l’Etat n’a pas dit qu’il veut en prendre les commandes, il n’en demeure pas moins qu’il va décliner l’offre en temps opportun. Pour y arriver, il va devoir compter sur le soutien indéfectible de la France. Paris a l’intention de faire de Yayi Boni son principal atout pour la concrétisation des promesses et des engagements issus de ce rendez-vous planétaire. La proposition du président de la République du Bénin est une inspiration de la France sur les problèmes liés au climat. Selon nos informations, le choix de Lionel Zinsou comme candidat du président en fin d’exercice en est pour beaucoup. C’est du genre, je fais de Lionel Zinsou ce que vous voulez, et moi, j’utiliserai votre ascenseur pour réaliser mon rêve. Comme pour corroborer tout cela, il est loisible de se rendre compte que c’est sûrement exprès que Yayi Boni a désigné Lionel Zinsou avant de prendre part à ce sommet de Paris.

 Fidèle Nanga