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candidat-unique-fcbe(La Cour constitutionnelle saisie pour trancher)

Trois ténors des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) que sont Marcel de Souza, Karimou Chabi-Sika et Alexandre Hountondji, ont formé le groupe dénommé « La nouvelle marche-Soyons-nous-mêmes ». Ces caciques du pouvoir finissant, à travers une conférence publique animée le mercredi 09 décembre 2015 à Cotonou, ont dénoncé le choix de Lionel Zinsou à la présidentielle de 2016. La déclaration rendue publique et les commentaires qui ont suivi, traduisent d’ailleurs le malaise au sein de cette coalition.

Déclaration

 Béninoises, Béninois,

 Chers compatriotes,

 Mesdames et Messieurs,

 Les circonstances douloureuses qui ont amené notre peuple à l’organisation de l’historique conférence des forces vives de la nation de février 1990 sont encore vivaces dans notre mémoire individuelle et collective. En effet, il y a une trentaine d’années, nous subissons le scandale de la faim, de l’ignorance, de la mortalité infantile, de l’accroissement exponentiel de la pauvreté, de l’école qui n’était plus en mesure de remplir sa fonction sociale ainsi que de la dégradation du niveau de vie, corollaire du délitement du monde du travail et des moyens de production de notre pays. Ces difficultés majeures dont souffrait atrocement notre peuple résultaient essentiellement de la mauvaise gouvernance fondée sur la gestion solitaire du pouvoir par un groupe de citoyens. C’est pour y remédier que nous avons décidé de participer à la fondation de l’alliance des Forces cauris pour un Bénin émergent qui se veut être un creuset de partis politiques, de mouvements et autres personnalités soucieux de la gestion concertée du pouvoir. Nous avons minutieusement doté cette alliance de textes fondamentaux d’une pertinence à nulle autre pareille. De même, des organes de gouvernance de notre alliance ont été démocratiquement conçus et installés avec des sphères de compétence savamment orchestrées. Mais quelle ne fut pas notre surprise de constater qu’en violation flagrante des instruments que nous nous sommes donnés, et sans aucune consultation des structures de gestion de l’alliance Fcbe, il a été lancé un appel à candidatures en vue du choix de celui d’entre nous qui nous représentera à l’élection présidentielle de 2016 ? Curieusement, certains des nôtre ont cru devoir livrer à cet exercice en posant leur candidature à la lumière de critères définis par une pseudo commission qui, sans sourciller, les éliminera tous au profit de Monsieur Lionel Zinsou dont, le moins qu’o puisse dire, est que sa non appartenance à l’alliance Fcbe est conçue de tous les Béninois. Notre étonnement a été davantage plus grand de relever que depuis l’annonce de ce choix unilatéral de Monsieur Lionel Zinsou par le président de la République Boni Yayi, aucun des candidats à la candidature Fcbe n’a daigné jusqu’alors élever publiquement la moindre contestation pour dénoncer ce braquage honteux. Leur attitude est de nature à crédibiliser la thèse du Président Boni Yayi qui, à tort, estime qu’il m’y a pas de militant Fcbe valable et capable de lui succéder au point d’aller importer puis d’imposer un allogène qui a le mérite de ne remplir aucun des critères définis par la pseudo commission de candidatures, notamment :

  1. Etre un militant Fcbe ; Monsieur Lionel Zinsou n’en est pas un ;
  2. Avoir ou avoir eu un mandat électif ; Monsieur Lionel Zinsou n’a jamais été élu à une fonction élective ;
  3. Disposer d’une base électorale ; Monsieur Lionel Zinsou n’en a point.

 Face aux nombreuses irrégularités et violations de la Constitution béninoise ainsi que des textes fondamentaux de l’alliance Fcbe qui ont entaché l’organisation des primaires au sein des Fcbe, aux remous, indignations et révoltes qu’entraine la désignation de Monsieur Lionel Zinsou, il est évident que sa candidature, largement contestée, n’est pas consensuelle. L’intéressé lui-même avait, urbi et orbi, martelé sur le plateau de l’Ortb, ainsi que dans certains milieux, qu’il n’accepterait d’être candidat à l’élection présidentielle au Bénin que s’il se dégageait un consensus autour de sa candidature. En réalité, la contestation ne fait que commencer puisque nous sommes décidés à l’élever et à l’entretenir par tous les moyens de droit dont nous disposons pour faire sanctionner ce mépris de la Constitution, des textes de notre alliance politique et des hommes. Ce serait dommage que Monsieur Lionel Zinsou, laisse conduire sa personne dans une aventure dont l’unique mérite est de souiller sa réputation professionnelle et l’éthique du Parti socialiste Français dont il est membre actif.

Nous lançons un appel vibrant et solennel :

            A tous les véritables militants Fcbe ;

            A tous les compatriotes épris de justice et de paix ;

            A tous les démocrates du Bénin, d’Afrique et d’ailleurs ;

Pour barrer la route aux manœuvres de destruction planifiée de l’Etat de droit au Bénin.

Vive le militantisme politique !

Vive la Nouvelle Marche-Soyons nous-mêmes !

Vive la démocratie béninoise !

Nous vous remercions.

Cotonou, le 09 décembre 2015

La nouvelle marche « Soyons nous-mêmes »

La saga des grognes

 Le cercle de militants et personnalités des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui s’insurgent contre la violation des textes de l’Alliance s’élargit. Au détour d’une conférence publique animée hier mercredi 9 décembre 2015 à Cotonou, Alexandre Hountondji, Marcel de Souza et Karimou Chabi-Sika, dénoncent la procédure ayant conduit à la désignation de Lionel Zinsou comme candidat des Fcbe. Ce faisant, ils s’opposent au choix du président de la République. Cette prise de position fait entrevoir la dislocation des Fcbe. Les différents blocs qui constituent cette Alliance, recouvrent progressivement leur indépendance. Selon Alexandre Hountondji, ancien conseiller du chef de l’Etat, l’alliance Fcbe est constituée de 82 partis politiques au départ, de centaines de mouvements et associations et de plus d’un millier de personnalités. Son fonctionnement est décrit dans les statuts et règlement intérieur qui sont les documents juridiques. Dans les propos liminaires qu’il a prononcés au nom de la nouvelle marche « soyons nous-mêmes », Alexandre Hountondji rappelle le contexte dans lequel les Béninois ont été obligés de prendre part aux assises de la Conférence nationale de février 1990. Il serait aberrant de ne pas tirer leçons de ces assises historiques dont l’illustre initiateur, Mathieu Kérékou, reconnu pour ses valeurs d’homme de paix, a rejoint l’au-delà, il y a seulement six semaines. Pour Karimou Chabi-Sika, Lionel Zinsou est simplement inéligible dès le départ. Car, il a zéro jour de militantisme au sein des Fcbe alors qu’il en a 30 ans au Parti socialiste français. Sa désignation viole la Constitution béninoise, a conclu Chabi-Sika. A son tour, Marcel de Souza, avec beaucoup d’humour, trouve que « le seul enfant que notre père a fait sur un autre lit, ne peut pas venir à la maison, pour la première fois, et prétendre être notre chef de collectivité ; alors qu’il ne connaît même pas les limites de la maison. Il ne sait même pas qui paie l’eau et qui paie l’électricité. Il ne connaît même pas où se trouvent les toilettes ». La saga des grognes ne fait que commencer.

 JCK