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zinsou lionel
Entre la réalité et les intentions, le fossé est grand

Le chef de l’Etat rencontre depuis quelques jours à la Marina, les personnalités avec qui il était en froid pour remobiliser sa troupe. Juste que, dans cet activisme de fin de mandat, le Premier ministre, Lionel Zinsou, appelé à la rescousse, a complètement disparu des radars. Est-ce un désamour passager, ou déjà la fin d’une courte idylle ? Faudra lire dans le marc d’un café pour le savoir.

Les soubresauts de la vie politique réservent parfois des surprises décourageantes, et hors de l’entendement. C’est peut-être le cas du Premier ministre Lionel Zinsou, dont le parcours politique au Bénin, prend de plus en plus, la trajectoire d’une tragi-comédie. Entre-temps, beaucoup avaient supputé que le Chef de l’Etat miserait sur l’économiste international pour la présidentielle de l’année prochaine. Mais, l’effervescence notée au début a déjà baissé en intensité, et l’idée de la candidature est (peut-être) rangée au placard. Le Premier ministre semble avoir totalement abandonné ses ambitions. Celles-ci ont-elles été jetées aux calendes grecques ? Difficile de répondre à l’heure actuelle. En effet, les dernières sorties politiques du chef de l’Etat ont montré que ce dernier ne se donne plus de répit, et veut peser dans le choix du 28 février prochain. Et, à part une futile rencontre au Palais de la Marina, il y a quelques jours, le Premier ministre reste très discret. Ou, comme le disent certains, carrément en retrait. Pourtant, Lionel Zinsou peut faire prévaloir les qualités et dispositions d’esprit requises pour occuper le « maroquin présidentiel ». Les idées ne lui font pas défaut, ni d’ailleurs le carnet d’adresses, et plus important de tout, une rigueur morale qu’on aura du mal à remettre en cause. Beaucoup de pays au monde auraient aimé compter dans sa classe politique un homme d’une telle stature. Malheureusement, il est tombé au bon endroit au mauvais moment. Or, en politique, le « timing » est essentiel. Ce bel esprit serait peut-être venu après 2016, que les Béninois l’accepteraient davantage. Car, le pâle héritage du « yayisme » est un passif lourd à porter. Même un génie en politique y passerait à la trappe, à défaut de s’y casser simplement la gueule. Et pour avoir passé quelques mois au pays, un homme de la trempe du Premier ministre, a en compris plus qu’il n’en faut pour se faire une raison. D’où le fait qu’il fait profil bas, sachant, par ailleurs, que la messe est dite, et qu’en si peu de temps, l’on ne saurait changer grand-chose à la donne politique actuelle, ni corriger le tristounet bilan du Changement. A moins, de faire du saupoudrage. Lionel Zinsou semble comprendre qu’il n’y a plus de place à prendre dans la galaxie Fcbe. Ni pour lui, ni pour ses idées. Yayi Boni, préoccupé par l’après-pouvoir, a d’autres plans. Son candidat idéal doit donc être une personnalité â même d’assurer ses arrières.

 La maison Fcbe divisée

 Or, Lionel Zinsou, avec sa carrière politique dans l’Hexagone, et l’expérience accumulée, ne peut pas facilement se laisser marcher sur les pieds. C’est peut-être à juste titre, que dans l’un des derniers numéros de l’hebdo panafricain le plus lu, Patrice Talon, disait ne pas comprendre la décision de Lionel Zinsou d’être le Premier ministre du président Yayi Boni. Connaissant les qualités de l’économiste, et son envergure intellectuelle, il estime que c’est un « gâchis », l’appelant plutôt, à être un candidat à l’élection présidentielle, pour en quelque sorte honorer sa réputation. Selon les observateurs, le patron des cauris semble jeter son dévolu, dans le cadre de l’élection présidentielle, sur un jeune fringuant. Celui-ci, accusé par les caciques Fcbe d’être un « ouvrier de la 25ème heure », fait l’objet de rejet par-ci, par –là. Ce joker, qui est venu ravir la vedette à plus d’un au sein de la mouvance, ne fait pas l’unanimité. Au contraire, il traîne plusieurs handicaps, et cristallise les passions dans le camp présidentiel. Autant dire que le projet de sa candidature a du plomb dans l’aile. Sans compter que l’histoire de « l’âge » requis par la loi fondamentale pour être candidat à la fonction présidentielle ne va pas favoriser les choses. C’est l’histoire d’un dilemme sans fin.

 Wilfrid Noubadan