Spread the love

Guy-Constant-EhoumiLes responsables de l’Observatoire de déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem) ont tenu dans la soirée du mercredi 14 février 2017 à la Maison des médias une conférence de presse. Ceci fait suite à la  au manque de professionnalisme observé depuis peu dans le traitement de l’information par certains organes de presse.

Tirer la sonnette d’alarme et inviter les responsables des organes de presse à faire preuve de professionnalisme et du respect du code de déontologie, c’est l’objectif poursuivi par les membres de l’Observatoire de déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem) ont fait une sortie le mercredi 14 février pour dénoncer certains manquements à la fonction de journalisme de la part des responsables des organes de presse. Pour Guy Constant Ehoumi, président de l’Odem, l’heure est grave pour la presse béninoise. Car, a-t-il justifié, des journalistes publient des informations dont les contenus laissent à désirer. « Le dernier rapport du Système international d’intégrité sur le Bénin expose une perte de confiance du public sur la qualité des informations données par les journalistes », a-t-il déclaré. En se basant sur les articles 2, 5 et 13 du code de déontologie de la pesse, le président a souligné que les journalistes violent ledit code sans aucun répit. En guise d’exemple, Guy Constant Ehoumi a confié que certains journalistes s’adonnent à des commentaires injurieux dont ils ne maîtrisent souvent pas  les sujets. « En violation de l’article 13, il est publié un même article dans plusieurs journaux mais avec des signatures différentes », a-t-il laissé entendre. Le président de l’Odem a pour finir, invité les responsables des organes de presse à prendre les dispositions nécessaires pour veiller au respect des textes. Faute de quoi, l’Odem prendra ses responsabilités.

Mohamed Yasser Amoussa

(Stag)

Propos liminaire du Président

Chers invités,

L’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias remercie chacun de vous pour avoir répondu à son invitation.

L’heure est grave pour la presse béninoise et c’est avec grande peine que nous nous retrouvons devant vous.

Nous y sommes surtout parce que conformément aux statuts de l’Odem, il a entre autres pour objectifs de :

– Faire observer les règles de déontologie et d’éthique dans les médias,

– Protéger le droit du public à une information libre, complète, honnête et exacte.

– Défendre la liberté de presse.

Distingués participants à la présente conférence de presse, l’image que projettent certains acteurs des médias est inquiétante, désolante.

Plus grave, elle affiche une violation permanente de la déontologie de notre métier  et tend à ancrer dans la tête de certains concitoyens que la presse béninoise perd les pédales ou simplement s’écarte des normes et surtout de la place de choix qu’elle occupait, il y a jusque quelques années.

Devant cette réalité, le tribunal des pairs qu’est l’Odem se sent interpellé et prend alors ses responsabilités pour remettre les pendules à l’heure.

Chers participants, le rôle essentiel des médias est d’informer, d’éduquer et de distraire.

Mais ce travail exige des acteurs des médias et des organes et entreprises de presse, le professionnalisme.

Ceci est traduit entre autres par l’article 2 du code de déontologie qui dispose que « Le journaliste publie uniquement les informations dont l’origine, la véracité et l’exactitude sont établies.

Le moindre doute l’oblige à s’abstenir ou à émettre les réserves nécessaires dans les formes professionnelles requises.

Le traitement des informations susceptibles de mettre en péril la société, requiert du journaliste, une grande rigueur professionnelle et, au besoin, une certaine circonspection ».Ensuite, le code ajoute que « Le journaliste s’interdit le plagiat, la calomnie, la diffamation, l’injure et les accusations sans fondement. ».

Mais force est de constater aujourd’hui que des gens publient des informations dont les contenus laissent à désirer. Des titres sont ronflants à la Une, mais les contenus ne tiennent pas la route. Certains s’adonnent aussi à des commentaires injurieux dont ils ne maitrisent souvent pas les sujets. Et comme si cela ne suffisait pas et en violation de l’article 13, certains publient un même article dans plusieurs journaux et signés de différentes personnes. Parfois ils mettent les mêmes titres à la Une comme s’il s’agissait de journaux siamois.

Sur certaines radios et télévisions, ce sont les journalistes qui confondent leur rôle de commentateur à celui de défenseurs de courants politiques en lieu et place de contradicteurs que leur devoir premier recommande d’aller rechercher pour les mettre sur le plateau et laisser les auditeurs et téléspectateurs apprécier. Certains commentaires cousus de propos diffamatoires où des journalistes s’érigent en donneurs de leçons prennent largement la place des investigations documentées.

Rien et absolument rien ne peut justifier ce manque de professionnalisme si les journalistes connaissent vraiment leurs devoirs. Le dernier rapport du Système  national d’intégrité sur le Bénin expose une perte de confiance du public sur la qualité des informations données par les journalistes. Mieux, le public constate plus des informations payées, achetées donc pas bonnes encore moins professionnelles qui leur sont offertes. Tout se passe comme si l’on banalise ou tolère la corruption.

C’est pour cela que nous ne saurions occulter la disposition sur l’intégrité des acteurs des médias et surtout des journalistes précisée à l’article 5 en ces mots « En dehors de la rémunération qui lui est due par son employeur dans le cadre de ses services professionnels, le journaliste doit refuser de toucher de l’argent ou tout avantage en nature des mains des bénéficiaires ou des personnes concernées par ses services, quelle qu’en soit la valeur et pour quelque cause que ce soit.

Il ne cède à aucune pression et n’accepte de directive rédactionnelle que des responsables de la rédaction.

Le journaliste s’interdit tout chantage par la publication ou la non-publication d’une information contre rémunération ».

Ce qui se passe aujourd’hui n’honore guère la presse et il faut que les  violeurs des règles, les marchands ou commerçants tapis dans notre milieu etqui s’écartent de nos textes fondamentaux  rentrent immédiatement dans les rangs pour éviter d’être exposés comme des brebis galeuses dont la place n’est pas dans les médias béninois qui depuis 1990, se sont forgés une image enviable qui a pu les hisser au premier plan des rapports d’observations des structures extérieures. Le préambule de notre Code de déontologie les y invite et cette conférence sonne comme un vibrant avertissement. Chers participants à la présente conférence de presse, voilà l’état des lieux déshonorant que nous devons tous nous engager à corriger.

Une fois encore, merci à vous d’avoir répondu présents à l’invitation de l’Odem.

Soyez nos porte-voix auprès de tous ceux qui ne sont pas ici mais qui portent entorse à l’image de presse béninoise à travers leur violation permanente des textes.

Je vous remercie