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cotonLe bras de fer se poursuit à distance entre le gouvernement de Yayi Boni et l’opérateur économique, Patrice Talon. Conformément à ce qui a été annoncé, des producteurs de coton « manipulés » se sont effectivement retrouvés dans la ville de Parakou pour soutenir la gestion « chaotique » faite par le gouvernement.

« Au fond du cœur, nous sommes désolés et nous ne nous réjouissons pas. Nous n’avons pas reçu à temps les engrais et les intrants pour le traitement des 1ère et 2ème fenêtres du cotonnier. Mieux, le gouvernement reste devoir les frais de marchés de la campagne 2014-2015 ». Ainsi s’exprimait le porte-parole de la Fédération nationale des coopératives villageoises des producteurs de coton du Bénin (Fn-Cvpc) dimanche 30 août 2015, à la salle d’alphabétisation de Parakou lors de la rencontre du chef de l’Etat avec les acteurs de la filière coton. Aujourd’hui la position du Fn-cvpc semble loin de cela. Hier mardi 6 octobre 2015, des producteurs réunis au sein du Fn-Cvpc ont fait une déclaration à Parakou pour soutenir le gouvernement. Et ce, malgré l’agonie dans laquelle se trouve la filière depuis environ trois ans. Ces producteurs ont fait savoir qu’ils ne se comptent pas sur le registre de ceux qui suscitent la candidature d’un opérateur économique. Dans ladite déclaration lue par le président, Sabi Goni Nagayô, la Fn-Cvpc a dressé un bilan des actions du gouvernement dans le secteur du coton. Un bilan que la fédération des producteurs juge satisfaisant, mais qui contraste avec la réalité du terrain et la paupérisation des producteurs. « Le candidat des producteurs de coton en 2016 s’appelle, la houe et la terre », a déclaré Sabi Goni Nagayô.

 La division a gagné le rang des producteurs

 La situation que traverse le coton béninois ne peut laisser personne indifférent. Nos investigations indiquent que la sortie médiatique de la Fédération des producteurs n’est qu’une machination pour empêcher la probable candidature de l’opérateur économique, Patrice Talon. Or, malgré les profondes réformes engagées par le chef de l’Etat dans la filière coton pour lui donner un nouveau souffle, le chemin est encore long pour l’atteinte des objectifs. D’ailleurs, pour ceux qui veulent voir Patrice Talon se porter candidat pour la présidentielle, « le coton béninois est dans l’agonie ». Ils se disent être fatigués de la situation chaotique que traverse l’or blanc béninois depuis 2006 avec l’avènement de Yayi Boni. Pour ces derniers, le cotonculteur ne vit plus des fruits de cette culture. En tout cas, la campagne 2015-2016 a été menacée par le changement climatique mais surtout de l’insuffisance d’engrais dénoncée par les producteurs. Le dossier du « zonage » n’est pas encore une réalité.

Clément Dognon

(Br Borgou-Alibori)

 Un piège de Yayi pour reprendre du souffle

On s’attendait encore à voir du cirque. On l’a eu. Ce n’est plus un effet de surprise dans un contexte où les farceurs rivalisent d’ingéniosité pour manipuler l’opinion publique en choisissant le déni permanent comme un axe de gouvernance. Le honteux spectacle offert hier par la Fédération nationale des coopératives villageoises des producteurs de coton du Bénin rime avec manipulation et contradiction. Il s’agit ici de comparer la teneur de la déclaration d’hier avec celle du 30 août à Parakou. On avait entendu une musique, et les sonorités ont résonné mal dans les oreilles du gouvernement et du chef de l’Etat. Les acteurs du coton invités par le président de la République ont exprimé toute leur déception face à la gouvernance actuelle de l’or blanc. Les acteurs ont pointé la gestion calamiteuse du coton depuis que l’actuel régime s’est substitué aux professionnels en la matière. Tous les collaborateurs du président de la République n’ont pas tenu bon face aux responsables des producteurs. Ces derniers les ont éclipsés devant Yayi Boni, habitué à des rapports tronqués et à des informations mensongères. Cette séance du 30 août a simplement fait le procès de la gouvernance Yayi Boni. Pour qui savait lire, cet exercice n’a pas été du goût du chef de l’Etat, car, en montrant que son gouvernement n’a pas été à la hauteur des attentes des acteurs de la filière, c’est toucher son point sensible. Et du fait qu’il a été blâmé par les producteurs eux-mêmes, cela a fait plus effet. Le plus intolérable aux yeux du roi du Palais de la Marina, c’est que ce procès est tombé dans un contexte où les producteurs font appel à l’opérateur économique Patrice Talon pour les sortir du trou. Il ne fallait pas s’attendre à un mutisme du chef après cette cinglante gifle sur les deux joues. Fidèle à ses habitudes, ce gouvernement, connu pour sa propension à la désinformation tente par tous les moyens à organiser une contre-offensive en allant chercher des acteurs de la filière pour transformer en réussite son échec. Dans cette entreprise, le gouvernement a fait dire à la Fn-Cvpc le contraire de ce qu’elle avait dénoncé le 30 août. Ce gros montage orchestré hier à Parakou à coup de millions de FCfa a un seul but : déstabiliser Patrice Talon qui a réussi à marquer de précieux points dans le monde des producteurs quand il avait la majorité du marché. Mais il va falloir faire plus, pour retourner contre l’homme d’affaires la colère des paysans à l’endroit de Yayi Boni. Au-delà, c’est que ce revirement de certains producteurs est un véritable piège imaginé par le régime pour tenter de reprendre du souffle face à Patrice Talon, qui a le vent en poupe.

 FN