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Les mangroves, ces espèces végétales en voie de disparition

La mangrove abrite une grande quantité d’espèces halieutiques qui y trouvent un refuge naturel. Malheureusement sur les berges de Grand-Popo, ces espèces végétales sont en voie de disparition du fait de l’activité humaine. Face à cette situation, il urge que les gouvernants prennent de nouvelles dispositions pour protéger les mangroves et les sauvegarder pour le bien-être des populations et de l’écosystème.

La mangrove est une formation végétale constituée de forêts de palétuviers qui fixent leurs fortes racines dans les baies aux eaux calmes où se déposent boues et limons. Elle procure un cadre idéal au développement des ressources forestières et halieutiques vivant sur ces côtes. Elle constitue une grande protection pour les habitants, les espèces halieutiques et les oiseaux. Au Bénin, les populations utilise certaines espèces, notamment les palétuviers, pour former du sel et fumer du poisson. Malgré leurs avantages, les végétaux formant cet écosystème sont menacés. Au nombre des menaces qui pèsent sur leur développement, il y a la poussée démographique et la production du sel généralement assurée par les femmes. Cette fabrication nécessite une forte utilisation des bois générés par la coupe de certaines espèces de la mangrove. A en croire l’environnementaliste Germain Sacramento, c’est surtout la forte poussée démographique et la création de nouvelles tâches quotidiennes qui sont à la base de la destruction massive de ces espèces végétales. Outre ces causes, l’élu local de la commune de Grand-Popo, Gaston Zossoungbo, a confié que ces espèces sont coupées pour la cuisson, pour la formation des Acadjas et pour la construction des habitations. Sur le chenal transfrontalier d’Agbaka, la mangrove est sous menace non seulement à cause de sa surexploitation par les populations riveraines, mais aussi à cause de la crue. A cette allure, a déclaré Gaston Zossoungbo, la mangrove régressera et disparaitra si rien n’est fait pour sa survie. « Les constructions des habitations et les activités quotidiennes des populations mettent de fortes pressions sur ces espèces  végétales», a-t-il expliqué. Selon lui, environ 38% des écosystèmes côtiers tels que la mangrove se trouvent sous la menace de divers aménagements. Mais cette situation n’est pas sans conséquences sur l’environnement. La destruction de la mangrove a de nombreux impacts sur l’environnement. Pour l’élu local, Gaston Zossoungbo, cette destruction crée des inondations, des semences desséchées, des berges dégradées et la désintégration du tissu écologique. Outre ces conséquences, il y a le décalage des saisons pluvieuses entraînant la concentration des pluies sur une courte période, la durée de l’ensoleillement, la variabilité de la température, la destruction abusive des palétuviers qui empêchent l’ensablement des cours d’eau et l’érosion des sols. Pour le sage de Grand-Popo, Maixent Ogou, ces conséquences entrainent le bouleversement du calendrier agricole,  la perturbation des activités maraîchères, la réduction des ressources en eau, la baisse du revenu des foyers, et même la crue du fleuve Mono occasionnant le délogement des populations. Les cris de désespoir des populations de cette commune sont illustratifs de la gravité des conséquences. La destruction de ces végétaux  risque d’entrainer  selon l’élu local,  la perte complète du premier arrondissement de la commune, Avloh qui comprend plus de 6 villages.
La restauration de l’écosystème
Face à la destruction de la mangrove, des mesures urgentes ont été prises par les populations elles-mêmes. Mais selon l’élu local, Gaston Zossoungbo, un projet d’actions a été mis en place pour adapter la vulnérabilité de ces populations aux effets des changements climatiques. Il faut donc 530.000.000 FCfa pour faire face à cette problématique des effets des changements climatiques. Mieux pour freiner la dégradation de l’écosystème, l’environnementaliste Germain Sacramento a proposé des actions  de sensibilisation à l’endroit des populations. Outre ces mesures de prévention, il a recommandé la sensibilisation à grande échelle des populations, la création de plantations de bois-énergie et l’introduction dans les villages riverains d’autres activités génératrices de revenus susceptibles de contribuer à lutter contre la disparition de ces espèces. «Il faut protéger la mangrove pour les générations futures qui risquent de ne pas connaître en leur temps, ces espèces. Il suffit de passer à l’éducation », a-t-il précisé. Il a ajouté qu’il faut que le gouvernement  élabore un projet de restauration des espèces végétales s’y trouvant. Cette initiative va contribuer significativement selon lui, à l’accroissement du taux de couverture forestière des berges et à la restauration des conditions locales propices à la reproduction des poissons. « Il faut restaurer les ressources végétales dont la mangrove pour une meilleure protection de la berge contre l’érosion. Ce projet va rétablir l’habitat des poissons. Il faut également mettre en place un système de financement pour la restauration de la mangrove à partir des revenus et contribution de l’écotourisme dans la région. Les autorités nationales et communales doivent aussi sensibiliser, éduquer et impliquer les populations locales à la protection des zones de plantation. « Ce projet doit associer étroitement la population et les autorités locales. Son exécution relève donc avant tout de la responsabilité des populations riveraines qui participent à tous les niveaux d’exécution. Deux espèces de palétuviers existent dans la région. Il  s’agit de Rhizophora racemosa et de Avicennia africana. Ces deux espèces peuvent être sélectionnées pour les activités de restauration de la mangrove. Cela va permettre d’éviter toute introduction d’espèces exotiques qui viendraient perturber les écosystèmes locaux », a-t-il ajouté. Pour lui, ces espèces permettent en effet la création d’habitats pour les poissons et les crustacés qui peuvent être exploités par les communautés locales. Dans le cadre du relèvement de ces défis, des éco-volontaires ont participé à cette mission de restauration des mangroves à travers le ramassage de propagules  récoltées dans les poches de mangroves existant actuellement dans quelques localités du Lac Ahémé et à la mise en pépinière des propagules qui seront conservées. Ils ont également contribué à la transplantation des jeunes palétuviers dans la nature et à la surveillance des zones de plantation avec les villageois. Des actions qui ont beaucoup intéressé les populations riveraines.
 
Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)