Spread the love

adrien-houngbedjiLa deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale est désormais ouverte. C’est le président Me Adrien Houngbédji qui a procédé à l’ouverture des travaux ce jeudi 29 octobre au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. C’était en présence des députés à l’Assemblée nationale, des membres du gouvernement, des présidents des institutions de la République, des membres des corps diplomatique et consulaire accrédités au Bénin, des membres du Haut commandement militaire, des anciens députés, du Maire de la Ville de Porto-Novo, Emmanuel Zossou, des têtes couronnées, des chefs de cultes traditionnels et des chefs religieux etc. ( (Lire ci-dessous l’intégralité du discours de Adrien Houngbédji à l’ouverture de la session ordinaire)

REPUBLIQUE DU BENIN

ASSEMBLEE NATIONALE

-Septième Législature

– Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;

– Monsieur le Premier Ministre ;

– Monsieur le Vice-Premier Ministre ;

– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

– Mesdames et Messieurs les Membres du Bureau de l’Assemblée Nationale ;

– Mesdames et Messieurs les Membres de la Conférence des Présidents de l’Assemblée Nationale ;

– Honorables députés à l’Assemblée Nationale ;

– Mesdames et Messieurs les Membres du Corps diplomatique et consulaire ;

– Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales ;

– Mesdames et Messieurs les Généraux et Officiers Supérieurs du Haut Commandement Militaire ;

– Mesdames et Messieurs les Représentants de l’Association Nationale des Anciens Parlementaires ;

– Monsieur le Préfet des Départements de l’Ouémé et du Plateau ;

– Monsieur le Maire de la ville de Porto-Novo ;

– Majestés, Autorités traditionnelles et religieuses ;

– Mesdames et Messieurs les Notables et Sages de la ville de Porto-Novo ;

– Distingués invités en vos rangs et qualités respectifs ;

– Mesdames et Messieurs ;

Nous sommes le jeudi 29 octobre

L’Assemblée Nationale procède ce jour, à l’ouverture solennelle de la 2ème session ordinaire de l’année 2015.

Au nom de mes collègues députés et en mon nom propre, je vous souhaite la bienvenue à Porto-Novo, Capitale Politique et Administrative de notre pays, et siège du Parlement béninois.

Je vous adresse à tous, nos très sincères remerciements, pour avoir honoré de votre présence, cette cérémonie rituelle dont le rythme nous est dicté par notre Loi fondamentale elle-même.

Vous témoignez ainsi de l’importance que vous attachez à la Représentation Nationale, et de l’importance que vous attachez au fonctionnement régulier des Institutions en général, et plus particulièrement au fonctionnement de l’Assemblée Nationale.

Merci à tous d’être venus !

CHERS COLLEGUES

Au tout début de cette législature, nous avons ensemble identifié un certain nombre d’obstacles qui nous empêchaient d’assumer pleinement les devoirs de notre charge, et nous nous sommes engagés à les écarter les uns après les autres, autant que faire se peut.

Je veux, en cette solennelle occasion, vous exprimer ma profonde gratitude pour les défis communs que nous avons commencé à relever, grâce à la conjugaison de nos réflexions, de nos forces et de nos actions.

Je me réjouis tout particulièrement de votre retour méritoire à l’hémicycle aujourd’hui, après seulement quelques jours de vacances parlementaires, la plus grande partie de celles-ci ayant été consacrée à des ateliers, séminaires et autres missions à l’étranger ; mais consacrée aussi et surtout aux interminables sessions extraordinaires que nous avons dû convoquer, pour examiner des dossiers importants et urgents. Votre mérite d’être là doit être salué.

L’évocation de ces sessions extraordinaires m’amène à poser le problème de l’adéquation de la répartition officielle de nos séances plénières en deux sessions ordinaires de trois mois. Le résultat, c’est que nous sommes tout le temps au travail en session ordinaire ou en session extraordinaire. Et nous sommes un certain nombre à nous demander s’il ne serait plus indiquer de lege ferenda de nous orienter comme d’autres parlements, vers des sessions ordinaires plus longues pour répondre au foisonnement des dossiers, mais qui libèrent un temps réel de rupture, a réflexion est engagée. Peut-être servirons-nous l’Etat avec plus d’efficacité.

Chers collègues députés,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Ce qui nous rassemble ici ce matin, c’est en effet, et à divers titres, l’Etat ; la passion de le servir.

Et puisqu’il s’agit du service de l’Etat, comment pourrions-nous, en cette solennelle occasion, et sans vouloir anticiper sur les justes hommages qui lui seront rendus par la Nation, comment pourrions-nous ne pas évoquer et saluer la mémoire de celui qui, 30 années durant, en fut la figure emblématique et le plus grand serviteur.

La disparition du Président Mathieu KEREKOU est celle d’un grand homme d’Etat, dans la pleine acception du terme ; et les témoignages qui affluent des quatre coins du monde, nous confortent dans cette opinion.

Depuis l’annonce de sa disparition et pour les besoins de ce discours, je le confesse, j’ai cherché dans plusieurs ouvrages philosophiques ou politiques, récents et anciens, ce qui pourrait être la meilleure définition d’un grand homme d’Etat, et quelles en sont les plus célèbres illustrations. De cette recherche, j’ai retenu trois traits essentiels.

J’en ai d’abord retenu que seuls accèdent à cette dimension de grand homme d’Etat, ceux qui empruntent la route que l’Histoire du monde trace sous leurs yeux, tout en sachant que l’Histoire est tragique.

J’en ai retenu encore, que seuls accèdent à cette dimension, ceux qui ont su s’adapter aux circonstances, en s’élevant au-dessus des contingences, au risque que leurs décisions les conduisent à leur propre perte.

J’en ai retenu enfin, que seuls accèdent à cette dimension, ceux qui ont su s’élever au dessus de leurs intérêts personnels avec un sens aigüe du bien commun.

Du 26 octobre 1972 aux 24 et 25 février 1990, proclamation de la souveraineté de la Conférence Nationale, et du 24 mars 1991 au 6 avril 2006, officier putschiste d’abord, marxiste-léniniste ensuite, et enfin démocrate libéral, ni ange ni démon, le Général Mathieu KEREKOU est assurément le plus grand homme d’Etat du Bénin post colonial.

Le reconnaître et le dire n’effacent en rien les erreurs qui furent commises.

Le reconnaître et le dire ne discréditent en rien les combats légitimes qui furent menés, en son temps, contre un régime d’oppression.

Bien au contraire, la repentance de l’un et sa conversion à l’Etat de droit, et l’aptitude des autres à tourner la page, pour construire ensemble le Pays, constituent sans nul doute, le limon de cette démocratie apaisée et de cette stabilité, dont le Bénin reste le modèle, 25 ans après la Conférence Nationale.

Je vous invite respectueusement à vous lever pour une minute de silence à la mémoire du Général Mathieu KEREKOU.

J’associe à cette démarche du souvenir, nos compatriotes qui ont perdu la vie en Arabie Saoudite au cours du Hadj 2015.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

L’Etat est aussi une continuité. C’est pourquoi nous continuions nos travaux et nous pouvons affirmer, mes collègues et moi, que quatre mois après la cérémonie d’investiture du 15 juin, la 7ème législature a lentement, mais sûrement pris son envol ; et s’est résolument attelée à l’accomplissement de ses missions constitutionnelles.

Ainsi, avons nous procédé avant toute chose, à la mise en place des différents organes de l’institution, puis examiné et adopté seize (16) lois qui sont d’un grand intérêt pour le développement de notre pays. Il s’agit de onze (11) lois portant autorisation de ratification de différents accords de prêt et de cinq (05) lois portant règlement définitif du Budget Général de l’Etat, gestions 2009 à 2013.

Puis-je révéler ici, que dans notre souci d’allier efficacité et célérité au bénéfice de l’impératif de développement, nous avons décidé de grouper autant que faire se peut, l’examen des dossiers de ratification d’accords de prêt, pour consacrer davantage de temps à l’examen des autres dossiers législatifs.

Chers Collègues,

Votre disponibilité et votre participation active, tant aux travaux en commissions, qu’aux séances plénières, ont permis d’atteindre ce résultat.

L’important travail abattu en si peu de temps augure, me semble-t-il, d’une législature aussi productive et fertile que nous le souhaitons tous.

Au regard des dossiers très importants inscrits à l’ordre du jour, nous pouvons affirmer que la session qui s’ouvre sera une session particulièrement contraignante.

En effet, comme vous le savez, cette deuxième session de l’année, dite session budgétaire, est essentiellement consacrée à l’examen du projet de Budget Général de l’Etat, gestion 2016.

Autour de ce projet nous aurons le privilège d’échanger avec les membres du Gouvernement, avec les partenaires sociaux, avec les partenaires économiques, trois (03) mois durant, en commission comme en plénière.

Compte tenu de l’importance de ce projet de loi pour la Nation, nous devrons l’examiner avec la minutie et la circonspection requises, tout en ayant à l’esprit une répartition juste et équitable des richesses nationales, de manière à répondre aux aspirations profondes de nos populations.

Chers collègues députés,

Mesdames et Messieurs,

Outre l’examen du Budget Général de l’Etat, d’autres dossiers non moins importants seront soumis à notre appréciation au cours de la présente session ordinaire. Il s’agit :

  1. du projet de loi portant autorisation de ratification, de l’accord de prêt signé entre la République du Bénin et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) dans le cadre du financement partiel du projet de pavage de rues et d’assainissement de douze (12) villes du Bénin ;
  2. du projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé avec le Fonds Koweitien pour le Développement Economique Arabe (FKDEA) dans le cadre du financement partiel du projet de construction et d’équipement de l’hôpital de zone de Tchaourou et six (06) centres de santé ;
  1. du projet de loi portant autorisation de ratification, de l’accord de Mourabaha signé à Maputo le 9 juin 2015 entre la République du Bénin et la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (SIFC) dans le cadre de l’acquisition d’intrants agricoles au titre de la campagne 2015-2016 ;
  2. de l’examen de la question d’actualité n°1 du 25/06/2015, relative à la dissolution de l’Inspection Générale de l’Etat ;
  3. de l’examen de la question d’actualité n°4, relative au projet de la boucle ferroviaire au Bénin ;
  4. du projet de loi portant code pénal en République du Bénin ;
  5. du projet de loi portant statut du Barreau en République du Bénin ;
  6. du projet de loi portant statut des magistrats de la Cour Suprême ;
  7. du projet de loi portant loi organique sur le Conseil Economique et Social ;
  8. du projet de loi fixant le régime des armes et minutions en République du Bénin ;
  9. du projet de loi portant exercice du droit de grève en République du Bénin ;
  10. de la proposition de loi portant révision de la loi organique de la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (HAAC) ;
  11. de la proposition de loi organique portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la magistrature ;
  12. de la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°2001-37 du 10 juin 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin.

Comme vous le constatez, l’ordre du jour de la session est consistant. Il sera demandé à chacun de nous un peu plus de disponibilité, d’assiduité, de tolérance, de discernement en commission et en plénière.

Mais comme vous le constatez également, le volet ‘’Contrôle de l’action du Gouvernement’’ est ici réduit à la portion congrue dans cet ordre du jour. Ce contrôle est pourtant un élément essentiel de nos attributions. Mais pour qu’il ait un sens et produise effet, il doit être pertinent et crédible. J’ai la ferme conviction que nous en ferons un bon usage et un usage fréquent.

En conformité avec notre engagement du 15 juin dernier, les dispositions sont prises pour accroître, à la demande des Présidents de Commission, nos capacités d’analyse par l’appel à des expertises externes, tout comme des dispositions ont été prises pour améliorer progressivement nos conditions de travail.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

C’est qu’il nous a paru nécessaire, après un quart de siècle d’expérience, que nous évaluions le chemin parcouru, et que nous apprécions les forces et faiblesses de notre institution.

Dans cette optique j’avais rappelé le 15 juin dernier, l’impérieuse nécessité pour la septième législature de poursuivre et d’étendre les réformes entreprises en vue de la modernisation de notre Parlement. Ces réformes auxquelles le Bureau de l’Assemblée Nationale s’est attaqué, visent en réalité, par le biais de l’amélioration de son fonctionnement, à faire de cette institution, un véritable outil de pouvoir et de contre pouvoir, pour la promotion de la bonne gouvernance.

Je remercie et félicite l’ensemble de mes collègues députés, car leur assiduité aux séances plénières fait déjà l’admiration de notre peuple. Je sais qu’ils ne rechigneront pas à bousculer les habitudes pour que nos paris communs soient tenus.

Parmi ces paris, la lancinante question de la situation de notre pays et de la prochaine élection présidentielle.

Messieurs les Présidents,

Chers collègues députés,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

La présente session ordinaire s’ouvre en effet, à un moment sensible de la vie politique nationale, caractérisée par une campagne précoce et sans précédant, à plus de quatre (04) mois de l’échéance.

Le 28 février 2016, les Béninois seront appelés aux urnes pour élire à bonne date et dans la transparence, je l’espère, un nouveau Président de la République. Cet événement auquel notre peuple est désormais accoutumé et attaché, a valeur de test. S’il est réussi, il constituera le couronnement de nos efforts à tous, et renforcera de surcroît notre position de leader en démocratie, quoi que cette position me paraisse aujourd’hui surévaluée.

La consolidation et la pérennisation de notre processus démocratique, exigent de tous les acteurs politiques, de la société civile et des leaders d’opinion, des comportements qui préservent la paix, la concorde et la cohésion nationale.

J’ai bon espoir que chacun de nous, à la place qui est la sienne, sera un messager et un instrument de paix, pour le triomphe de la démocratie.

Messieurs les Présidents,

Chers collègues députés,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Je ne saurais terminer mes propos, sans évoquer la contribution continue et très apprécié de nos Partenaires Techniques et Financiers, à nos efforts de développement. Jeu voudrais exprimer solennellement à leur endroit, la reconnaissance du peuple béninois et de sa Représentation nationale.

Je réitère aussi mes sincères remerciements à tous nos invités pour leur constante sollicitude ; à tous ceux qui sont présents dans cette enceinte ou en dehors ; à tous ceux aussi qui suivent ou suivront cette cérémonie sur les ondes, sur leur écran et à travers les réseaux sociaux.

Merci de m’avoir prêté votre attention si précieuse.

Je déclare ouverte la deuxième session ordinaire de l’année 2015 de l’Assemblée Nationale du Bénin.

Vive l’Assemblée Nationale !

Vive la démocratie !

Vive le Bénin !

Je vous remercie.