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Le Docteur Michel Babadjidé…

Situé à quelques encablures de la ville de Lokossa, « La maison du paysan » est un domaine de 700 m2 sur lequel sont élevés des lapins, des  poulets, des pintades, des dindons, des cabris, des porcs, des aulacodes et des pigeons. Cette initiative du docteur vétérinaire, Michel Babadjidé a séduit des acteurs du monde agricole dont les membres de la Chambre d’agriculture et une délégation des acteurs agricoles français qui ont confié que « La maison du paysan » est un modèle d’élevage à promouvoir.

« La maison du paysan » est un ensemble d’enclos et d’abris construits pour l’élevage de volailles et de bovins. Initié par le Docteur Michel Babadjidé, cet espace sert de modèle pour les jeunes entrepreneurs spécialisés dans le secteur de l’élevage. En effet, avant d’en arriver là, le Docteur Michel Babadjidé avait  fait son cursus universitaire en Russie. Il avait décidé qu’à la fin de son cursus universitaire, il ne rentrerait jamais dans la Fonction publique. Effectivement à la fin de sa formation, il s’installa dans le Mono et commença par remettre en question toutes les certitudes et les méthodes de la formation reçue. Il réadapta progressivement les choses, dans le contexte de ses environnements humain, social, anthropologique et biologique. Ce vétérinaire qui est un technicien en élevage peut, à partir de 56 lapines produire entre 2300 et 2500 lapins par an. Mieux, il peut  se servir de  trois truies locales  pour produire 70 porcelets par an. Le Docteur  Michel Babadjidé  peut  utiliser  20 femelles d’aulacodes pour produire  210 aulacodes par an. « Je suis capable de me servir de 20 poules locales et de 6 dindes pour produire 2200 à 2300 poulets, pintades et dindons. Nos pigeons, par leur vol, jouent le rôle de ventilateurs naturels de la lapinière, de l’aulacoderie, et de La maison du paysan toute entière. Ceci permet à mes lapines de se reproduire 12 mois sur 12 alors que sur le plan national, les lapines ont des difficultés à se reproduire entre décembre et mars à cause de la chaleur ambiante qui caractérise la grande saison sèche », a-t-il confié. A « La maison du paysan », les poules locales et les dindes sont utilisées, selon le technicien en élevage, pour  couver les œufs des pintades. «  Les porcs mangent les intestins des lapins abattus. Les peaux des lapins sont transformées en asticots pour renforcer l’alimentation des volailles qui de leur côté, bénéficient aussi du gaspillage occasionné par les lapins et les aulacodes », a-t-il fait remarquer. Et pour alimenter ce système d’élevage en énergie électrique, le promoteur de ce centre d’élevage ne se dérange pas trop. « Je ne paie pas l’électricité pour actionner les brasseurs comme en Europe et ailleurs. Au contraire, ce sont mes brasseurs naturels que j’utilise », a-t-il expliqué. Bref, « La maison du paysan » apparaît comme une initiative qui regroupe des centaines de lapins, de poulets et des canards qui vivent dans une parfaite harmonie. Emerveillé par ce projet agro-pastoral, un voisin du docteur Babadjidé,  » un retraité « , s’est mis à faire l’élevage des volailles. « Le système Babadjidé, c’est l’élaboration de techniques simples basées sur les lois universelles, la physiologie et le comportement animal pour produire, à partir de dix poules locales, trois cents poules vivants en six mois », a-t-il témoigné. Avec le Docteur  Michel Babadjidé, la formation des villageois, qu’elle soit collective ou individuelle, n’est jamais gratuite. Il a indiqué que  chaque villageois paye sa formation, la provende à utiliser aux animaux  jusqu’au moment où il pourrait se les fabriquer lui-même. Nul n’étant prophète chez soi, ce sont les pays étrangers qui profitent du système de formation Babadjidé. Ayant découvert l’homme, ses réalisations, la philosophie et les méthodes de ses interventions, la Fao a décidé de l’utiliser comme Consultant. C’est ainsi qu’il va procéder à la formation des formateurs au Burkina Faso, au Congo, au Gabon, et en Rdc. Il part parfois pour 3 mois, parfois 5 mois. Dans son propre pays le Bénin, le Docteur Michel Babadjidé ne manque pas d’éloges. Il  est très sollicité dans les directions techniques  de développement de l’élevage et de l’agriculture et même du ministère.

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.. et ses ouvriers qui travaillent dans la Maison du paysan

 

 « La maison du paysan», un réveil agropastoral
 « La maison du paysan »  s’est développée à partir du complexe véto agropastoral (Covap) de Lokossa. Ce complexe a été initié sur fonds propres du docteur  Michel Babadjidé en 1993. L’objectif  est de créer des emplois et de participer au développement réel de l’élevage au Bénin. Il emploie à ce jour, quatre personnes. Le Covap  comporte deux entités à savoir le  Cabinet – Pharmacie Vétérinaire – conseil. Ce cabinet s’occupe de la vente des produits vétérinaires des intrants zoo techniques, de la vente de différentes provendes des soins aux animaux et du conseil aux éleveurs. Quant à « La maison du paysan », elle s’occupe de la production animale, de la Formation et du Réveil Agropastoral en relation avec le Cercle d’étude pour la promotion de l’élevage en milieu rural. Le réveil agropastoral, initié par « La maison du paysan », depuis 2000, apparaît aujourd’hui comme une arme de mobilisation sociale, de lutte contre la pauvreté, la faim et permet de créer des emplois durables en milieu rural. Avec « La maison du paysan », c’est une vraie révolution qui commence. Une vraie rentabilisation de l’agriculture familiale, des spéculations agropastorales dans les villages. Un départ pour la restauration économique dans les villages qui croupissent sous le poids de la pauvreté. Outre cette initiative, le Docteur Babadjidé donne des formations au profit des éleveurs.  La méthodologie utilisée permet aux paysans de dérouler la séance par eux-mêmes par des jeux de rôle savamment agencés, entrecoupés par des exercices basés sur leur vécu quotidien. Un pont de confiance se crée et devient très favorable aux transmissions de toutes sortes de messages de progrès. Après cela, des séances de consolidation sont organisées afin de renforcer les connaissances acquises et d’amener progressivement les éleveurs à la mise en commun des moyens pour un meilleur approvisionnement en intrants zootechniques et vétérinaires. L’argent cotisé permet aux éleveurs de s’approvisionner en intrants, de constituer une épargne préalable réelle, sans laquelle ils ne pourront être solvables. « Depuis 2000, j’ai initié « Le Réveil Agro-pastoral » après le constat suivant. Malgré les potentialités naturelles abondantes dont ils disposent, les paysans vivent dans une pauvreté sans pareil. Leur quotidien est caractérisé par un faible rendement des productions agricoles et une mortalité très élevée au niveau des productions animales malgré l’encadrement et les milliards qu’ils reçoivent. Le réveil Agropastoral initié par La maison du paysan depuis 2000 apparaît aujourd’hui comme une arme de mobilisation sociale, de lutte contre la pauvreté et la faim et permet de créer des emplois durables et confortables en milieu rural. Des résultats concrets sont obtenus dans plusieurs villages et peuvent être partagés », a-t-il conclu.
 
Claude Ahovè
 (Br Mono-Couffo)