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Le président Moïse Mensah propose un nouveau partenariat

Le Bénin abrite depuis mardi le Forum National sur le dialogue social. Cette rencontre de trois jours vise à instaurer un nouveau cadre de dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Les travaux se poursuivent au Palais des congrès à Cotonou.

Sous la férule du Haut commissaire à la gouvernance concertée, les deux acteurs doivent définir les bases à l’instauration d’un climat social de développement. Les années antérieures ont été mouvementées et il s’est avéré urgent de poser de nouvelles conditions. La finalité de cette rencontre de trois jours est d’aboutir à l’élaboration d’une charte qui serve de canevas à l’instauration d’un climat social apaisé entre partenaires sociaux et gouvernement. Plus qu’un simple séminaire c’est une rencontre de vérité et d’échanges qui devra permettre de définir ensemble les conditions du nouveau contrat. La nouveauté de cette rencontre, c’est l’intégration du secteur privé en tant qu’acteur essentiel du dialogue. En lieu et place du dialogue bipartite qui a toujours existé entre gouvernement et syndicats, ces assises proposent un dialogue tripartite. Pour le Haut commissaire à la gouvernance concertée Moise Mensah, la cause principale des difficultés actuelles, c’est la mauvaise qualité du dialogue. « Le problème essentiel est qu’on ne s’entend pas beaucoup et qu’on ne s’écoute pas. Les 5 secteurs prioritaires dans lesquels il faut accentuer la concertation sont la santé, l’éducation, les finances, la justice et le secteur privé. La charte qui sera élaborée tiendra compte des expériences du passé, de celles des pays frères de même que les directives de la communauté internationale », a-t-il fait savoir. Pour le Premier Ministre Lionel Zinsou, le conflit ne doit pas être vu comme un échec, mais une composante importante du dialogue. Il s’agit selon lui des piments de l’expression démocratique si tant est qu’il s’inscrit dans le respect des valeurs fondamentales et la liberté du travail. Avant d’être technique ajoute-t-il, le dialogue est politique. « II faut des rendez-vous politiques. Je souhaite écouter individuellement chaque responsable syndical, les organisations des employeurs. Ils ont besoin de respect et d’écoute », a-t-il déclaré.

 Hospice Alladayè

  Propos de Lionel Zinsou: « Le conflit n’est pas un raté du dialogue »zinsou lionel

« Le conflit n’est pas un raté du dialogue. Nous devons avoir de dialogue mais il peut y avoir de conflit. C’est un droit constitutionnel d’avoir des conflits. Le conflit social n’est pas l’échec du dialogue à condition que ce conflit réponde aux valeurs fondamentales notamment la liberté du travail. Il est bon de réfléchir à un dialogue tripartite gouvernement partenaires sociaux et secteur privé. Mais les usagers du service public, les clients des entreprises, pensons à cette 4ème composante. Ceux-là qui seraient pénalisés par des conflits qui s’éterniseraient et iraient contre le service public. Tout le monde le sait quand le service public s’enfonce dans des conflits, c’est le service public qui est dégradé et on est obligé de chercher des substituts au service public. Mais les substituts au service public sont souvent couteux et ne respectent pas les principes d’égalité dont doivent bénéficier les usagers du service public. Personne ne remet en cause le droit de grève. En revanche, il faut des règles. Elles sont la liberté, la volonté de négocier et ces conflits aboutissent à des progrès.

 Paul Essè Iko Secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin: « C’est la gestion de la grève qui pose problème »PAUL_ISSE_Iko

« Le dialogue social c’est la pilule qu’on administre d’ici jusqu’à Genève. Mais cela ne règle pas les problèmes. Il faut laisser les pays vivre leur révolution, leur grève, leur conflit. Ce n’est pas en soit le conflit qui est le problème, c’est la manière dont on les gère. Ceux qui estiment que la grève est une mauvaise chose ont tort. C’est le refus qui constitue en revanche la grande régression. Le gouvernement avait parlé entre temps de la continuité du service public. Mais au fond, la continuité du service public est un sabotage du mouvement de grève. Les grèves doivent toucher le noyau du patronat pour qu’il sente que les travailleurs ont des problèmes et qu’il faut qu’ils les résolvent

laurent-metongnonLaurent Mètognon, Président du syndicat des travailleurs des finances: « Nous avons toujours été optimistes »

« On ne peut pas ne pas avoir de conflit. Les conflits amènent au dialogue. Dans une démocratie, l’idéologie de l’un et de l’autre doivent pouvoir cohabiter pour aller à la paix. C’est ce que je pense. Nous, syndicalistes avons été toujours optimistes parce que nous avons des idées à vendre. Lorsque nous nous trouvons à la table de négociation, nous défendons nos idées. Chacun défend ses idées et je pense que nous allons pouvoir nous entendre ».