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Maixent Accrombessi
Maixent Accrombessi libre de ses mouvements

Maixent Accrombessi, directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo Ondimba, a été placé lundi en garde à vue pendant plusieurs heures dans les locaux de la police judiciaire à Paris pour y être entendu sur des faits présumés de corruption d’agent public étranger et de blanchiment. Il a été finalement relâché dans la soirée, les autorités gabonaises faisant valoir son immunité diplomatique.

Pour que Maixent Acrombessi soit relâché rapidement il fallait prouver qu’il était en mission officielle et donc protégé. C’est ce que l’ambassade du Gabon a fait. Elle a fourni au quai d’Orsay tous les documents nécessaires. Ils ont été transmis au parquet qui a donc ordonné sa remise en liberté en fin de journée, lundi 3 août.

De source officielle gabonaise, la mission du diplomate en France était claire : Maixent Acombressi avait été appelé par Ali Bongo qui était en vacances tout le mois de juillet dans l’Hexagone. Le président étant rentré au pays, il devait lui même prendre l’avion lundi pour Libreville. Le programme aura été quelque peu bousculé, mais cette journée se termine finalement bien pour le directeur de cabinet d’Ali Bongo.

Il avait été interpellé à l’aéroport de Roissy alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour Libreville. L’affaire sur laquelle il a été entendu par la police judiciaire française débute en 2007 lorsque Tracfin, la cellule du ministère français des Finances chargée de la lutte contre la corruption, émet un signalement sur un contrat de marché public passé en 2006 entre l’Etat du Gabon et une société française, Track. L’entreprise basée en région parisienne est spécialisée dans la fabrication des uniformes militaires. Le contrat porte sur plus de 7 millions d’euros.

Mais c’est surtout un autre virement que Tracfin juge « problématique ». Un virement de 300 000 euros versés, cette fois, par la société Track à une autre entreprise basée au Gabon et ouverte au nom d’un proche de Maixent Accrombessi. C’est cependant à un autre virement que la police française s’intéresse particulièrement. Un virement de plus de 300 000 euros versés par la société Marck à une société gabonaise immatriculée au nom d’un proche de Maixent Accrombessi. S’agit-il d’un pot de vin ? D’une rétrocommission ? Une enquête préliminaire est ouverte en France. Elle est confiée à la police judiciaire, et plus précisément à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff). C’est là, à l’Oclciff, à Nanterre, que le directeur de cabinet d’Ali Bongo a été conduit et gardé à vue, avant d’être finalement relâché.

 Rfi.fr