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Directeur Elevage
Yao Akpo donne des clarifications sur la peste porcine

La peste porcine africaine sévit actuellement dans l’Ouémé, notamment à Dangbo, Adjohoun, Aholouyèmè (Sèmè-Podji) et dans les Aguégués. Informé, le gouvernement a très tôt initié des actions pour circonscrire la maladie, l’éradiquer puis dédommager les éleveurs. Dans ce cadre, le ministre de l’Elevage et celui de la santé sont allés sensibiliser les éleveurs et les populations de ces localités le vendredi 5 janvier 2018. Dans la délégation se trouvait le Directeur de l’élevage, Yao Akpo. Il apporte, dans cet entretien, des précisions sur la peste porcine africaine et annonce des foyers actifs dans les Communes des Aguégués, de Dangbo…

Qu’est-ce que la peste porcine africaine ?

– La peste porcine africaine est une maladie virale, contagieuse et virulente qui frappe les «suidés» sauvages et domestiques, notamment les porcs, les sangliers, les phacochères, les potamochères.

 Comment se manifeste-t-elle ?

– Cette maladie se traduit par des mortalités excessives survenant sur des porcs apparemment sains. Il faudrait également dire qu’avant de mourir, l’animal manifeste les signes de fièvre et la température peut aller à 40 voire 41 degrés. Il n’y a que cette manifestation. Mais ce sont des manifestations plus au moins spécifiques d’autant plus que vous allez avoir un animal qui ne mange plus. On parle d’«anorexie», l’animal qui commence également par maigrir, une atteinte de l’état général. Mais il faudra dire que nous avons trois formes de manifestations. Il y a la forme suraigüe où l’animal, en un ou trois jours, va mourir sans qu’il n’ait de signe apparent. Mais la forme qui est classique et qui est aigue va se traduire d’abord par une étape de fièvre qui va durer un à trois jours.  Ensuite, vous aurez l’atteinte de l’état général, l’anorexie et la prostration c’est-à-dire l’animal va rester sur place et au bout de cinq jours, il va rester dans un coma et mourir.

 Il y a-t-il un remède contre la peste porcine africaine ?

– Contre la peste porcine africaine, il n’y a pas de vaccin pour le moment. Donc, il n’y a pas un traitement à proprement parlé. Les mesures sur lesquelles nous nous reposons essentiellement sont des mesures de «prophylaxies» sanitaires, c’est-à-dire des mesures d’hygiène. C’est pour ça que ces mesures de police sanitaire sont mises en œuvre. Il s’agit essentiellement de la restriction du mouvement de porcs, l’interdiction de regroupement de porcs et également de l’abattage sanitaire. Ce n’est qu’après ces mesures qu’un repeuplement peut être envisagé.

 En dehors du département de l’Ouémé, il y a-t-il d’autres foyers au niveau national ?

– Au cours de l’année 2017, il a eu certains foyers signalés au plan national. Mais aujourd’hui, tous ces foyers sont éteints. A ce jour, les communes dans lesquelles nous avons des foyers actifs sont essentiellement les communes des Aguégués, de Dangbo. Mais il faudrait dire qu’une extension est également signalée dans les communes de Sèmè Podji et d’Adjohoun. Il s’agira également d’impliquer les agents et les forces de l’ordre pour que les mesures de police sanitaire mises en œuvre soient appliquées en ce qui concerne la restriction et l’interdiction de transport de porcs durant cette période. Egalement, nous devons interdire pour cette période la divagation pour que les porcs soient en claustration afin d’éviter de répandre la maladie.

 Quel conseil donneriez-vous aux populations ?

– A titre de conseil, il est formellement interdit de consommer de porc qui est malade ou atteint de peste porcine africaine. Parce que cette consommation entretient la maladie et facilite une propagation rapide. Et cette dissémination ne va pas favoriser l’activité des services vétérinaires. Il faut savoir essentiellement que ce n’est pas une « zoonose ». Mais la viande a un caractère que nous qualifions de répugnant parce que nous avons des taches de sang qui sont sur le muscle et également sur d’autres organes. C’est ce qui fait que nous demandons à ce que durant cette période, cette viande soit consommée avec modération et qu’on évite surtout de se déplacer avec le reste des repas à base de produits de charcuterie parce que cela ne favoriserait que la dissémination du virus.

 Propos recueillis par le PFCom/Maep