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SEM-Josep-Coll-traiterLe 9 mai dernier a été célébré la journée de l’Europe. Elle commémore le début de la concrétisation du projet européen. A cette occasion, SEM Josep Coll, Chef de Délégation de l’Union européenne a adressé un discours. (Lire ci-dessous l’intégralité de son discours).

Excellence Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, Chef de la Délégation gouvernementale, et ses membres

Excellence Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de mission diplomatiques,

Honorables Députés,

Messieurs les représentants des Cultes et dignitaires religieux, têtes couronnées et autres dignitaires,

Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique,

Chers invités et amis,

Bienvenue ce soir à la Fête de l’Europe. (N’do doo nou mi, mi ku do hwé)

Ce 9 mai commémore le début de la concrétisation du projet européen. Au fil de la construction européenne, c’est en faisant face à des défis que la communauté puis l’union se sont renforcées. Cette capacité à transformer des crises en force est l’une des qualités de notre organisation.

L’Union européenne a une longue histoire d’élargissement: d’abord à 6, les Etats membres devinrent 9 puis 12 puis 15, pour aujourd’hui être au nombre de 28. Et ce n’est pas fini car plusieurs pays se sont portés candidats à l’adhésion et travaillent intensément pour y parvenir.

Au même moment, les européens, à l’instar de ce qui arrive ailleurs, sont confrontés à de nouveaux défis de société: Je pense tout d’abord au phénomène du terrorisme qui frappe l’Europe et l’Afrique aveuglément, avec des groupes de criminels qui recrutent auprès d’une jeunesse désenchantée et qui cherchent à détruire le pluralisme de nos sociétés en répandant des pseudo-idéologies sectaires, discriminatoires et violentes.

Je poursuis avec la question migratoire qui frappe actuellement l’Europe avec l’arrivée massive de réfugiés et de demandeurs d’asile qui s’ajoutent aux migrants économiques. Il s’agit là d’une réalité mondiale car le nombre de réfugiés vient de connaître un record historique avec 60 millions de personnes de par le monde.

Enfin, j’aborderai la question de l’emploi et de la santé économique qui préoccupe encore nos concitoyens malgré des signes encourageants de reprise qui permettent de croire que l’Europe se remet progressivement de la crise économique mondiale qui l’a touchée de plein fouet ces dernières années.

Autant d’interrogations qui, dans un contexte d’internationalisation sans fin dans un monde de plus en plus complexe, peuvent conduire à des perceptions d’aliénation identitaire, voire même à des attitudes d’introversion.

Face à ces enjeux, les solutions proposées par l’Union européenne peuvent ne pas donner satisfaction à l’ensemble des citoyens. Ceux-ci, de façon certes légitime, pourraient se laisser tenter par d’autres voies qui leur semblent plus adéquates.

C’est ainsi que dans notre Union européenne, fidèle à ses principes démocratiques, l’on fait appel aux citoyens pour décider. Le 23 juin prochain, la population britannique se rendra aux urnes pour se prononcer sur le futur de son pays dans l’Union. L’expression démocratique viendra trancher au nom du peuple. C’est toute la grandeur de la démocratie, toujours à la base de notre  construction. Et c’est la démocratie qui me fait revenir à votre beau pays.

Mesdames et Messieurs,

En mars dernier, la grandeur de la démocratie s’est encore manifestée, cette fois-ci au Bénin. Les Béninois sont par deux fois allés aux urnes pour choisir celui qui allait être leur Président pour les 5 prochaines années, conduisant à une alternance exemplaire. Je saisis cette occasion pour féliciter les hommes et les femmes qui se sont investis dans ce processus, et le peuple béninois pour le calme, la dignité et la responsabilité dont il a fait preuve, bel exemple pour la sous-région.

Voilà comment l’Union européenne et le Bénin fondent leur vie politique sur  la démocratie qui doit, entre autres, garantir le respect et la promotion des droits universels et la place centrale du citoyen. Justement, l’année 2016 a été déclarée « Année africaine des droits de l’homme », avec un accent particulier sur les droits des femmes. L’Union européenne a également désigné 2016 comme une année de militantisme et de campagnes mondiales en faveur des droits de l’homme.

Mesdames et Messieurs, ce sont ces valeurs partagées qui guident la coopération de l’Union européenne avec le Bénin. Elle est entrée dans une nouvelle ère avec le 11ème Fonds européen de développement en vigueur depuis 2014, mais qui commence véritablement actuellement à déployer ses différents instruments. Dans le programme indicatif national, l’Union européenne a prévu d’appuyer la bonne gouvernance, l’énergie, l’agriculture et la société civile.

Permettez-moi de revenir quelque peu sur la question de la Bonne gouvernance qui constitue la pierre angulaire de notre appui pour les 5 prochaines années. L’Union européenne tient à la disposition du Bénin un appui important au budget de l’Etat et des autorités décentralisées. Cet appui ne se déclinera pas ou très peu sous forme de projet mais aura pour modalité l’aide budgétaire. Cette modalité a ses avantages mais elle a aussi ses exigences. Elle est basée sur la confiance en la capacité et la fiabilité de l’Administration à gérer en bon père de famille. C’est avec cette assurance que l’on aboutit à ce que l’on appelle un Contrat de Bonne Gouvernance qui lui définit les objectifs à atteindre, détermine les procédures de vérification et fixe les montants et le calendrier des appuis financiers envisagés.

Je me réjouis que le gouvernement ait exprimé sa volonté à s’engager activement sur la voie des réformes structurelles profondes car celles-ci sont les seules à pouvoir créer les conditions pour de tels appuis. L’année écoulée nous a malheureusement démontré qu’il existait des pratiques inacceptables, non seulement au Ministère de l’Eau, mais également dans d’autres structures de l’administration. Vous voyez, la corruption, ce terrorisme des bonnes consciences, a fait ses victimes: la confiance en tout premier lieu. Il importe absolument de restaurer celle des bailleurs certes, mais surtout celle de la population en la bonne gestion des deniers publics. Je crois que les électeurs ont aussi clairement exprimé ce message le 20 mars dernier. C’est par des gestes forts pour lutter contre l’impunité pour les faits de corruption et la mise en place des mécanismes de contrôle permettant d’éradiquer des pratiques qui n’honorent pas le Bénin que la confiance pourrait être restaurée. La justice aura aussi son rôle à jouer et l’on attend patiemment son verdict. Elle est souvent représentée avec les yeux bandés, mais sa sensibilité pour ce qui est droit et juste doit rester intacte. Intacte comme notre espoir qu’elle s’exerce dans sa plénitude pour apporter ses réponses à ceux qui attendent réparation et réconfort.

Je veux croire que ces réformes permettront aux pleines potentialités du Bénin de se développer. Je formule le vœu que sous l’impulsion du Président Patrice Talon et de son équipe gouvernementale, très bien représentée ici ce soir, ces nécessaires réformes se matérialisent bientôt et œuvrent pour une gouvernance de qualité comme l’on attend d’un pays démocratique, condition essentielle pour un développement durable. Dans cette entreprise, Monsieur le Chef de la délégation du Gouvernement, l’Union européenne sera à vos côtés, soyez-en sur. Pour réussir, le pays dispose, c’est bien connu, de nombreux atouts: une situation géographique au carrefour de sa région, une population jeune et dynamique, une tradition de stabilité et de recherche du consensus par le dialogue, une agriculture en train de se diversifier, notamment dans le Nord.

Le Bénin est aussi très apprécié sur le plan international, et c’est un atout indéniable. L’étroite coopération avec les pays de la région est en effet indispensable pour mieux intégrer les économies et récolter véritablement les dividendes de la coopération au sein de l’UEMOA et de la CEDEAO, région qui doit également relever les défis de ce début de 21ème siècle: le terrorisme et autres formes de radicalisation, l’insécurité maritime dans le Golfe de Guinée et le préoccupant déséquilibre entre la croissance économique et l’augmentation de la population, pour ne pas mentionner les autres défis que sont le partage des dividendes de la croissance et la protection des couches les plus vulnérables.

Mesdames et Messieurs,

Mes derniers mots seront pour rendre hommage à la jeunesse béninoise, véritable source d’inspiration et de projection vers le futur pour le pays. Je souhaite le faire ici à travers l’un de ses représentants. Il y a quelques mois, nous avions lancé sur nos réseaux sociaux un appel à candidature pour les jeunes leaders de moins de 26 ans voulant présenter un projet, prendre la parole aux Journées européennes du Développement qui se tiendront à Bruxelles bientôt. Plusieurs centaines de candidats ont envoyé leurs projets. Mais seules 16 places étaient disponibles. Et bien, je suis heureux de vous annoncer que parmi ces 16 Jeunes Leaders, il y a un Béninois, M. Nestor Dehouindji, qui partira vers la capitale de l’Europe avec son projet et son enthousiasme au début du mois de juin. Il est parmi nous ce soir. Merci de bien vouloir l’applaudir. Puisse son exemple inspirer d’autres jeunes en quête d’excellence!

Enfin, je souhaite remercier ceux qui ont rendu cette fête possible, en particulier mes collaborateurs de la délégation dont je tiens à saluer l’engagement et le savoir-faire. Merci de tout cœur. Et à vous, chers invités pour avoir bien voulu célébrer avec nous ce Jour de l’Europe à Cotonou une année encore.

Vive la jeunesse béninoise!

Vive la coopération Bénin-UE!

Bonne fête de l’Europe!

Je vous remercie de votre aimable attention.