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Boni Yayi va t'il réussir à calmer la colère des producteurs de coton?
Le président fait des aveux d’échecs

Les différents gouvernements du président Yayi Boni n’ont pas cure de la corruption. Depuis l’organisation de marche verte contre ce fléau social, jusqu’au 28 décembre 2015, où le président Yayi a prononcé son dernier discours sur l’Etat de la nation devant la représentation nationale, la corruption n’a de cesse gagner tout le système de gouvernance, malgré les instruments mis en place.

Quid de la corruption ? Le phénomène a pris des proportions plutôt inquiétantes sous les différents régimes du président Yayi Boni, du Changement à la Refondation. Déjà en juillet 2007, le chef de l’Etat a organisé une marche dite verte visant à lutter contre la corruption. Beaucoup de citoyens dont des responsables d’organisations non gouvernementales avaient cru en lui. Or, un sénateur des organismes avertis révélait, en décembre 2006, qu’en moins de 8 mois de gestion, le régime de Yayi Boni s’apprêtait à dresser le lit au phénomène social le plus décrié au monde. Lentement mais sûrement, les acteurs de la société civile comprendront très vite et commenceront par désenchanter. Le mode de fonctionnement des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui consiste à être en contact permanent tous les week-ends avec les administrés, les militants et les prestataires de service, dans les communes, nécessite un trésor de guerre qu’aucune ressource personnelle ne peut supporter. A l’occasion des innombrables marches de soutien au chef de l’Etat, des prières à l’intention du président Yayi Boni, des caravanes, en dehors de la logistique qui se déploie pour la mobilisation des masses populaires, il y a les billets de banque qui se distribuent aux artistes et autres orateurs de déclamation. C’est dans un tel conteste qui a dressé le tapis à la vie facile chez certains citoyens qu’est survenu le scandale le plus odieux et le plus avilissant bâti sur le système de Ponzi qui a dépouillé des milliers de Béninois. On parle de l’affaire Icc-services. Dans les services publics, la célérité dans le traitement des dossiers n’est plus de mise. Cette résistance qui ne s’exprime pas verbalement est un comportement qui appelle, de la part du futur bénéficiaire, la mise à disposition de prébendes. L’ex secrétaire général de la présidence de la République avait été limogé de son poste pour des reproches d’acceptation de dessous-de-table. Les faits de corruption, sur l’ensemble des dix ans du président Yayi Boni, n’ont été que légion. Le patron de l’entreprise Akoraz, qui n’a pas cru devoir corrompre un chef de projet au ministère en charge de l’enseignement supérieur, dans le cadre du programme de construction d’amphithéâtres à Tchaourou, a perdu près d’un demi-milliard de francs Cfa. Et pourtant, le président Yayi Boni n’a cessé de multiplier les opérations de charme et de séduction, tendant à faire croire qu’il faisait tout pour lutter contre le mal. Dans cette logique, il est parvenu à obtenir le vote de la loi portant lutte contre la corruption et les infractions connexes. Mais, au travers de ses agissements, il semble que l’objectif était d’en faire un argument pour la révision opportuniste de la Constitution du 11 décembre 1990. La veille citoyenne ne lui a pas permis cela. On peut se demander ce à quoi ont servi la création de l’Inspection générale d’Etat (Ige), mué en Bureau de l’auditeur général (Bag) et l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc). Les rapports d’audit de ces institutions n’ont servi à rien. Alors, à défaut de reculer ou au moins de stagner, la corruption est devenue, sous le régime de la Refondation, le sport favori de tout le système ayant engendré de nouveaux riches, opulents, arrogants et insolents.
 Jean-Claude Kouagou
Economie de vérité sur la filière coton
Le chef de l’Etat continue de croire que les Béninois ne savent pas ce qui se passe dans le pays. Il vient une fois encore de démontrer tout le mal qu’on dit de lui quand on parle du bilan de la filière coton. C’est quant même stupide de croire que l’or blanc se porte bien depuis que l’Etat s’est substitué aux professionnels en la matière. Les chiffres officiels annoncés régulièrement par le gouvernement relève d’une pure communication qui ne dit pas son nom. Le gouvernement va de contradiction en contradiction, comme vient de le faire son chef à travers son message devant les députés sur l’état de la Nation. Yayi Boni a tout dit sauf la réalité. La réalité c’est qu’aujourd’hui la filière se porte très mal en raison de l’amateurisme avec lequel elle est administrée par la Sonapra directement rattachée à la présidence de la République. Tout le monde sait que c’est une gestion chaotique Une filière de rente comme celle du coton devrait  apporter des devises  au pays, mais avec cette gouvernance catastrophique, elle est plutôt devenue un gouffre financier. En témoignent les diverses subventions allouées à la filière sous différentes formes, soit par le concours des banques, soit par des apports du budget national. On s’attendait à voir le chef de l’Etat faire ce bilan pour fixer les uns et les autres. Yayi Boni est conscient de son échec dans la gestion de l’or blanc et  a évité d’aborder la question de l’évaluation des sommes injectées sans jamais parvenir à atteindre les objectifs fixés. Le gouvernement sait qu’il a échoué surtout dans la mise en place des intrants et qu’il a tout le temps menti sur la surface totale emblavée de même que la production réelle par campagne cotonnière. Sinon comment comprendre que les quantités des hermicides et perticides mises à la disposition des producteurs se révèlent souvent insuffisantes, et qu’au même moment le chef de l’Etat fait croire qu’avec sa gestion on a atteint des productions encourageantes. Selon le chef de l’Etat le Bénin se retrouve à près de 400.000 tonnes en 2014. Pour 2015, les estimations provisoires tablent sur une production d’environ 320.000 tonnes, marquant un repli par rapport à 2014 en raison des effets des changements climatiques. Rien de tout ce qui précède n’a jamais été prouvé et confronté à d’autres chiffres qui attestent d’une production plutôt en dessous des attentes. Il faut que le gouvernement dise la vérité au peuple.
 
FN