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Qu’est-ce que Yayi Boni dira de nouveau ce soir?

(Il a l’art de la répétition et de vaines ambitions)

 De 2006 à 2014 le Chef de l’Etat n’a pas changé de discours. Une compilation de ses messages, à la veille des fêtes du 1er août, permet de noter des répétitions inutiles à plusieurs endroits. Les mots qui reviennent souvent dans ses discours sont la bonne gouvernance, le renouveau économique, les réformes de l’administration publique, le partenariat secteur public- secteur privé. Ces défis inscrits en lettre d’or dans son discours de 2006 continuent toujours de l’être jusqu’au soir de son mandat. Yayi n’a pratiquement pas atteint les objectifs.

Discours du chef de l’Etat (août 2006)

 « Béninoises et Béninois ! Avec le renouveau démocratique, nous avons consolidé notre régime politique libéral. Il faut maintenant lui donner un contenu économique. C’est le sens que je donne à mon élection. Nous devons, dès à présent, travailler à l’amélioration des conditions de vie et de travail des Béninoises et des Béninois. Les ambitions que j’ai pour notre pays sont, d’une part, de consolider et, d’autre part, de mettre en place les fondements d’une économie émergente dans un horizon de 5 ans. Nous avons les moyens de ces ambitions. Mon gouvernement entend impulser une politique de développement ambitieuse et dynamique fondé sur 4 principaux axes stratégiques. En premier, la restauration des valeurs morales cardinales et citoyennes de justice, de travail, de solidarité, du respect du bien commun, du sens de l’intérêt général et d’amour pour la patrie. L’administration publique doit, en effet, être transformée en une administration moderne de développement, exemplaire en termes de gouvernance et de promotion du secteur privé. La bonne gouvernance dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale est un préalable pour améliorer le bien-être collectif. Le deuxième axe concerne le renouveau économique de notre pays qui se fera à travers la création de nouveaux pôles de développement, la promotion de grappes économiques structurantes à fort effet d’entraînement, l’aménagement du territoire et la réalisation d’infrastructures de base modernes. Le troisième axe de la politique de développement du gouvernement, c’est le développement à la base dont l’un des instruments de gestion est la décentralisation. Enfin, le quatrième axe concerne la femme et la jeunesse. La promotion du secteur privé principale source de création de richesse et d’emplois est également un des piliers essentiels de la stratégie de la croissance accélérée de notre pays. En effet, la création de la richesse et d’emploi est principalement le fait d’un secteur privé dynamique, compétitif et performant. A cet égard, le partenariat « secteur public-secteur privé » sera renforcé à tous les niveaux afin de restaurer le climat de confiance mutuel nécessaire à l’expression de l’investissement ».

 Discours du chef de l’Etat (août 2007)

 « Nous avons fait un pas significatif en redressant la situation budgétaire de notre pays à travers l’assainissement des finances publiques, le redressement des grands équilibres macro-économiques et une mobilisation plus accrue des ressources internes. Le premier défi est celui de la restauration des valeurs morales et citoyennes. Au-delà de l’éducation, l’accent sera mis sur la formation professionnelle. L’amélioration des performances de l’administration publique doit constituer un autre défi. Je m’engage à faire de la bonne gouvernance dans tous les domaines de la vie politique, économique, culturelle, et sociale une norme de gestion des affaires publiques qui consacre la recherche de l’excellence et la fin de l’impunité. Le transfert aux Communes, par l’administration centrale, des compétences et des ressources nécessaires au bon service de ces compétences doit être sous-tendu par la bonne gouvernance des affaires publiques locales et le renforcement des capacités des conseils municipaux. Le troisième défi est celui de la relance de l’activité économique et l’accélération de la croissance à travers l’amélioration de la compétitivité économique et une mise en œuvre soutenue des réformes structurelles des entreprises publiques. En ce qui concerne les réformes structurelles des entreprises publiques, il s’agira, dans la plupart des cas, d’une ouverture partielle du capital aux privés assortie d’un maintien dans une proportion confortable de la présence de l’Etat. En d’autres termes, il s’agira d’un partenariat secteur public-secteur privé fondé sur des principes qui garantissent l’emploi des travailleurs et le plan social. L’année 2007 apparaît comme une année de transition qui aura permis de prendre la mesure du rythme auquel notre pays passera les différentes étapes vers l’émergence économique. Avec votre participation pleine et entière, j’entends impulser une politique de développement ambitieuse et dynamique. Avec vous, je voudrais prendre l’engagement que la gouvernance concertée se poursuivra notamment par l’organisation de nouveaux forums sur les grandes préoccupations de notre commune patrie ».

Discours du chef de l’Etat (août 2011)

 « L’heure est maintenant venue de faire des prochains demi-siècles une ère de renouveau économique. L’équipement du pays en infrastructures énergétiques, hydrauliques et de télécommunication sera renforcé. Mon gouvernement, soucieux de l’insertion des jeunes dans l’agriculture, va encourager la création d’entreprises agricoles dont le financement sera organisé avec la création prochaine de la banque agricole. Pour garantir à nos producteurs le soutien légitime qu’ils attendent du gouvernement face aux changements climatiques notamment l’absence ou la faible pluviométrie, des réflexions sont très avancées en vue d’apporter, en cas de nécessité, des réponses adaptées. S’agissant particulièrement des jeunes, mon gouvernement mettra en place un programme de développement de l’économie numérique pourvoyeur d’emplois. Sont également inscrites dans nos priorités des réformes au profit des femmes concernant la gouvernance politique économique et sociale afin de les impliquer dans les plus hautes instances de prise de décision en mettant effectivement en œuvre les principes de la parité absolue dans les fonctions électives sans oublier leur nécessaire insertion dans le processus économique. Il sera créé un Conseil national de dialogue comprenant, outre le gouvernement, les représentants des partenaires sociaux de la société civile, du secteur privé, des partis politiques, des confessions religieuses, de la jeunesse, des femmes et d’autres forces vives de la Nation. Seront aussi impliqués à ce forum, et c’est notre souhait, nos chers anciens chefs d’Etats qui, de par leurs expériences, viendront rehausser et enrichir de leur présence, les débats. Les modalités de ce cade de dialogue seront précisées ultérieurement ».

 Discours du chef de l’Etat (août 2012)

 « Dans un contexte de crise, la solution réside dans la bonne gouvernance et dans les comportements vertueux auxquels s’ajoutent les réformes structurelles et institutionnelles indispensables pour s’adapter aux nouvelles exigences. Au nombre des défis à relever, figure en bonne place celui de l’assainissement de nos finances publiques dont le processus est en cours à la satisfaction de la communauté internationale et des institutions de Bretton Wood. Il nous faut bien évidemment aussi assainir l’environnement des affaires en vue de créer un climat propice au développement du secteur privé, à la promotion du partenariat public privé. Les réformes touchent notamment le secteur portuaire avec le Programme de vérification des importations de Nouvelle génération que nous devons mener avec réalisme et intelligence pour permettre au Port de Cotonou, véritable poumon de l’Etat d’améliorer ses recettes fiscales tout en sauvegardant le pouvoir d’achat des populations. L’accroissement en perspective de la production doit s’arrimer avec la transformation, sur place, de nos produits agricoles dans le souci de créer une forte valeur ajoutée. A cet effet, les 6 usines de transformation de produits agricoles à savoir les agrumes, les mangues, les anacardes et les tomates seront bientôt fonctionnelles dès l’installation imminente des équipements. Elles viendront renforcer les rizeries de Malanville et de Glazoué. Mon gouvernement poursuivra la mise en œuvre de son programme de professionnalisation des acteurs du secteur agricole dans le cadre de l’extension progressive des centres de type Songhaï dans nos départements avec le soutien de nos partenaires du secteur sous la supervision du Pnud. Acteurs du secteur public et du secteur privé, retrouvons-nous. Retroussons nos manches et poursuivons dans la fraternité, la justice et le travail, la marche pour la refondation de la République. S’agissant du développement de l’entreprise et de l’initiative privée, mon gouvernement va renforcer les dispositifs pour l’émergence d’un climat d’affaires plus incitatif. Il va soutenir également l’ouverture internationale des entreprises béninoises les plus performantes et poursuivre les réflexions sur la fiscalité des entreprises, la promotion d’une fiscalité de développement et la suppression à terme des coûts informels. Je nourris l’espoir que les compagnies pétrolières et minières nous appuient dans la prospection de notre sous-sol et nous donnent les résultats à la mesure de nos attentes. Grâce à une diplomatie dynamique et active, de nombreux investisseurs étrangers en provenance de plusieurs pays séjourneront au Bénin pour accompagner nos efforts dans les domaines de l’agro-alimentaire, de l’installation d’usines de production d’intrants agricoles, des énergies renouvelables et du développement urbain ».

 Discours du chef de l’Etat (août 2013)

 « Mes chers Compatriotes ! Je le jure, mon gouvernement s’engage fermement avec vous à promouvoir la bonne gouvernance sous toutes ses formes. Mon Gouvernement prend ainsi, à partir de cet instant, l’engagement d’amorcer avec vous une véritable transformation structurelle afin qu’à 900 jours de l’échéance des Omd, notre pays ait réalisé, à l’heure du bilan, des progrès sensibles. Je réitère l’engagement de mon gouvernement à œuvrer pour un nouveau partenariat mondial global axé sur les principes suivants : – ne laisser personne sur le quai ; – placer le développement durable au cœur de nos débats ;- transformer notre économie pour créer des emplois et favoriser un mode de croissance inclusive ;- construire la paix et créer des institutions efficaces, transparentes et crédibles ;- participer activement à ce nouveau partenariat mondial global basé sur une responsabilité partagée et les agendas environnementaux en vue de préserver notre planète ».

 Discours du chef de l’Etat (août 2014)

 « Comme j’ai coutume de le dire, « une démocratie qui ne nourrit pas est un poison pour le Peuple ». Le renouveau démocratique doit s’adosser au renouveau économique. Telles sont ma vision et ma conviction. Après la phase de l’assainissement de nos finances publiques et de la stabilité macro-économique validée par la communauté internationale, j’ai décidé, dans la conduite de l’action gouvernementale, de mettre l’accent sur le combat pour l’éradication de la pauvreté ».