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eric-houndete1A travers une question écrite, le député Eric Houndété demande des comptes au gouvernement du président Yayi Boni sur la disponibilité et l’accessibilité au bois par les menuisiers, les artisans et les industries locales. Selon le député Houndété, les utilisateurs directs du bois sont victimes de nombreux scandales liés à l’exploitation abusive de cette denrée. Il était donc nécessaire de demander des comptes au gouvernement qui en est le premier garant. Ci-dessous, la question écrite. 
Question écrite au gouvernement
A l’attention du :
– ministre de l’Environnement, chargé des changements climatiques et de la protection des ressources naturelles et forestières
– ministre de la Culture, de l’alphabétisation, de l’artisanat et du tourisme
– ministre de l’Industrie, du commerce, des petites et moyennes entreprises
 
Objet : Disponibilité et accessibilité au bois par les menuisiers, les artisans et les industries locales
Depuis plusieurs années, le Bénin est victime de nombreux scandales liés à l’exploitation abusive des ressources forestières. Des centaines d’arbres sont décimés en violation des normes en vigueur et des centaines de milliers de madriers seraient irrégulièrement exportés alors que les besoins des transformateurs locaux demeurent largement non satisfaits.
En effet, l’accessibilité de la matière première par les menuisiers et les artisans serait très difficile. La précarité de leur travail s’explique par la rareté et à la cherté du bois. De ce fait, ils peinent à satisfaire leurs clients essentiellement constitués des ménages qui en subissent également les conséquences. Nombre d’entre ces artisans sont contraints d’abandonner le métier.
Par ailleurs, l’indisponibilité du bois affecte également les industries installées au Bénin telles que Iroko Bénin et Atc Industrie de Bois. En effet, suite à la visite de la délégation parlementaire dans l’une de ces usines notamment Atc Industrie de Bois Sa le 25 novembre 2015, de nombreux constats ont été faits au nombre desquels:
– l’impossibilité d’exportation des produits finis de la société vers l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique par manque de matière première;
– la difficulté d’obtention des financements due aux exigences des banques qui exigent une garantie d’approvisionnement d’une moyenne de 5 ans;
– l’insuffisance des attributions annuelles obtenues de l’Office national du bois par rapport à la capacité annuelle minimum de production qui est de 7 000 m3 etc.
Les mêmes constats ont été enregistrés à Iroko Bénin.
Pour finir, notons que le Gouvernement béninois a retenu de nombreuses mesures soutenant la mise en œuvre globale de sa politique économique pour la période 2012-2016, au nombre desquelles l’orientation de la consommation publique prioritairement vers les biens produits localement. En nous référant aux débats d’orientation budgétaire, les meubles acquis par l’administration doivent essentiellement provenir des ateliers de menuiserie-ébénisterie et usines locaux.
Aujourd’hui, soit trois ans après la prise de cette mesure, force est de constater que l’administration publique demeure largement fournie en meubles importés, la raison principale de cet échec étant entre autres l’indisponibilité du bois au Bénin.
En référence aux dispositions de l’article 111 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le Gouvernement est prié de communiquer à la représentation nationale, les réponses aux préoccupations ci-après:
1-    Comment le Gouvernement justifie-t-il l’indisponibilité et l’inaccessibilité au bois par les transformateurs locaux alors que de nombreux madriers sont régulièrement convoyés vers l’extérieur?
2-    Quelle est la politique de commercialisation actuelle du bois par l’Onab?
3-    Produire le point de la production et de la commercialisation du bois par l’Onab.
4- Quel est le contenu du document stratégique appelé « politique forestière nationale »? En fournir copie à la Représentation nationale. Quelles sont les dispositions prises pour en assurer la mise en œuvre?
5-    Les sociétés Atc industrie de Bois et Iroko Bénin envisagent chacune la mise sur pied d’un projet pour pérenniser les métiers du bois à travers la construction d’un centre de formation des jeunes sur le site de leur usine. Quelles sont les mesures prises par le Gouvernement pour accompagner ces projets?
6-  Quelles sont les raisons justifiant la non-signature d’une convention d’approvisionnement entre l’Onab et ces industries, alors qu’elles prennent l’engagement de financer le reboisement à concurrence de deux pieds de bois pour un coupé?
7-    Il nous est revenu que le Gouvernement n’entretiendrait aucune relation formelle avec l’association des menuisiers-ébénistes du Bénin. Quelles sont les dispositions prises par le Gouvernement pour garantir aux menuisiers et aux artisans locaux la disponibilité et l’accessibilité au bois?
8-    Quelles sont les mesures fiscales incitatives permettant aux producteurs locaux d’entrer en compétition face aux producteurs étrangers?
Quelles sont les dispositions prises pour obliger les administrations à respecter cette mesure ?
Fait à Porto-Novo, le 10 décembre  2015
 
Eric Houndété