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Yayi Boni et ses partisans font diversion devant l'opposition
Yayi Boni et ses partisans font diversion devant l’opposition

Démarrés sur des chapeaux de roue, les travaux préparatoires du dialogue politique inclusif commencent par buter sur les premières divergences entre les différents groupes en discussion. Premier point d’achoppement : les Fcbe, coalition au pouvoir, refusent d’admettre que le Bénin est dans l’impasse électorale. L’opposition n’est pas de cet avis. Les travaux piétinent.  

Jusqu’à la composition du Comité préparatoire et la mise en place d’un Secrétariat technique, il n’y avait pas de quiproquo entre les invités aux discussions préalables à la tenue du dialogue politique inclusif. Mais, le mercredi 24 décembre 2014, date de la tenue de la première plénière du Comité préparatoire avec à l’ordre du jour, la présentation par le Secrétariat technique de la synthèse des propositions des différents groupes (Plate-forme, Renaissance du Bénin, Prd et Fcbe), les premières divergences surgissent. Ce n’est pas encore le débat sur les propositions de sortie de crise. La première pierre d’achoppement rencontrée est une question de point de vue. D’un côté, on n’est pas d’accord quand on parle d’impasse électorale, encore moins de crise. Cette position est défendue par les Fcbe, partisans du chef de l’Etat. Dans un tel état d’esprit, on ne peut que deviner ce qu’ils pensent tout bas. «Quelle est l’opportunité d’un dialogue politique ?». Par contre, les autres forces ne soutenant pas le régime voient les choses autrement. L’opposition croit dur comme fer, à l’image de Adrien Houngbédji et de Bruno Amoussou que le Bénin s’installe chaque jour un peu plus dans l’incertitude par rapport à la disponibilité de la Lépi, et de ce fait, prévient des dangers qui guettent les législatives de 2015, voire la présidentielle de 2016 ; de plus, ne pas organiser les élections locales et législatives depuis 2013, sous prétexte que cet instrument n’est pas disponible, est illustratif de l’impasse et d’une crise majeure. D’où la nécessité de tenir un dialogue pour parvenir à des solutions capables de surmonter les obstacles qui bloquent le processus électoral.

Les signes qui ne trompent pas

 Quand on évoque la situation politique et électorale, les partisans du président de la République donnent le sentiment que l’opposition en fait un peu de trop et qu’elle accule le Pouvoir de Yayi Boni à tort. Le président de la République est dans le même état d’esprit que ses hommes. Le fait de rester pendant longtemps insensible aux appels l’invitant à initier le dialogue politique, traduit ce sentiment du chef de l’Etat. Dans le processus actuel de dialogue, on a déjà vu le même comportement chez les Fcbe. Après leur pseudo dialogue organisé sans l’opposition au Palais de la Présidence le vendredi 6 décembre 2014, elles n’ont pas pris part à la rencontre initiée par le ministre en charge des Relations avec les institutions, Gustave Neppo Sonon, pour discuter avec l’opposition des modalités du dialogue. Elles ont fini par se montrer tout en gardant leur vieille habitude. Yayi Boni et ses lieutenants ne veulent pas que ces discussions aient lieu. C’est ce que leur attitude exprime. Sinon comment peuvent-ils laisser entendre qu’il n’y a pas impasse. Autrement dit, à leurs yeux, il n’y a pas problème. Disons ceci : soit ils ne sont pas dans le pays, soit ils oublient qu’ils ne sont pas les seuls dans le pays. Le peuple vit la situation avec indignation: L’inorganisation des élections locales et communales depuis 2013 ; une Lépi introuvable et dont la correction est devenue un insondable mystère. Pour mettre fin à tout cela, les marches populaires ont été mises à contribution pour obliger Yayi Boni à organiser le dialogue. Le but visé, c’est d’amener tout le monde à s’entendre autour d’une loi dérogatoire qui ouvrira les portes à des élections crédibles et consensuelles dans les délais raisonnables. Si l’on doit atteindre un tel objectif, Yayi Boni et ses hommes doivent se montrer un peu plus sérieux et conséquents. D’abord, ils doivent admettre qu’il y a problème et qu’une solution urgente s’impose. Ensuite, leur participation au dialogue doit être franche et sincère et non hypocrite. Inutile de jouer avec leurs vis-à-vis s’ils savent qu’ils ont une autre idée derrière la tête pendant que tout le monde est enclin à rechercher des solutions. Le point sur lequel les uns et les autres ne s’accordent pas est sans doute relatif. Mais si l’une des parties n’admet pas qu’il y a impasse, le jeu est faussé dès le départ. On risque d’assister à un dialogue de sourd. Or, ce qui nous attend est plus important que les divergences qui font jour. C’est le moment de se tourner vers le président de la République et de lui dire, si le dialogue échoue, c’est son œuvre. Quant à la loi dérogatoire très attendue, Yayi Boni a le pouvoir de dicter la conduite à tenir à sa majorité au Parlement. L’opposition, elle, doit davantage travailler à son avènement. Et seul le dialogue peut faciliter les choses. Cela sera déterminant pour la décrispation de l’atmosphère politique déjà tendue.

 Fidèle Nanga