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Musée-KinkinhouéContrairement aux différents musées des Communes du Bénin, celui de Kinkinhoué sis dans le département du Couffo ne bénéficie d’aucune attention particulière de l’Etat. Mal entretenu, ce joyau n’enregistre plus la visite des touristes. Pire, il fait l’objet d’actes de vandalisme et perd progressivement ses richesses culturelles. Ce patrimoine culturel, risque de  disparaître si les autorités locales et communales de la Commune de Djakotomey n’y prennent pas garde.
A l’instar des musées publics du Bénin, celui de Kinkinhoué, sis dans la Commune de Djakotomey dans le département du Couffo, est très peu fréquenté. Les touristes n’y accordent aucun intérêt. Et pour cause, au cours de cette année 2015, c’est seulement une dizaine de visiteurs qui ont fait le déplacement sur ce lieu touristique. Pour le conservateur de ce lieu, Moudachirou do Régo, c’est seulement  une personne  qui a visité ce lieu en janvier 2015. Le mois suivant, s’est-il rappelé, il y avait six dont trois Béninois. « Au mois d’avril, c’est seulement deux étrangers qui ont visité ce lieu. C’est au mois de mai qu’une trentaine d’élèves y sont passés», a-t-il confié. Mais si le musée a enregistré la présence des visiteurs au cours de ces mois de l’année 2015, tel n’est pas le cas. Autrefois au cours du mois de mars, par exemple, a fait savoir le premier responsable des lieux, aucun visiteur n’a été enregistré. Evoquant les raisons de cette situation, Moudachirou do Régo a confié qu’elles se fondent sur la méconnaissance des populations de la localité du site touristique. Il a précisé que malgré toutes les actions de sensibilisation qu’il mène en direction de ces dernières, elles n’accordent aucun intérêt à ce lieu culturel. « Elles ne savent même  pas si une telle chose existe. Beaucoup d’entre elles ignorent l’importance de ce musée. Elles n’appréhendent pas les enjeux de ce lieu culturel construit à grand frais dans leur localité », s’est-il désolé. A cette situation s’ajoutent les actes de vandalisme que les individus sans foi ni loi perpètrent sur le site et qui obligent le conservateur à jouer un double rôle. En effet, pour préserver l’édifice culturel, le maître des lieux se voit obligé d’assurer son rôle de conservateur et de gardien de nuit. Essoufflé, il avoue que c’est  très difficile pour lui de jouer ces deux rôles. Car, en dehors de son combat de faire face au désintérêt des populations, il est obligé de veiller la nuit pour dissuader les éventuels voleurs.
 Les raisons du délaissement du site touristique
 Inauguré le 7 juin 2014, ce musée souffre de beaucoup de choses. En dehors du désintérêt que les touristes lui accordent, il manque d’un personnel adéquat et qualifié. A part le conservateur qui se voit déjà dépassé par ses attributions, il y a un seul agent qui a été affecté par le Ministère de la culture. Bien qu’il soit un agent public, il n’arrive pas à bien communiquer en français avec les visiteurs. Il est obligé de parler un français approximatif avec eux. Quant à son collaborateur Moudachirou do Régo, le conservateur du musée, il connaît bien son boulot. Il accueille bien les quelques visiteurs qui viennent dans le musée et leur explique toutes les collections muséales qui s’y trouvent. Construit sur une superficie de trois hectares, ce musée ne constitue plus un objet de convoitise. Pour les populations, il n’y a plus grand-chose à voir dans ce musée. C’est seulement quelques-uns des objets du chef canton Essou, retrouvés après son décès, qui constituent les seules richesses du lieu. En dehors de cela, l’édifice ne dispose pas de toilettes, ni d’électricité, encore moins de l’eau potable. Pour aller satisfaire ses besoins pressants, le touriste est obligé de se rendre dans la brousse ou dans les toilettes de fortune. Dans ces conditions, la mission devient très difficile pour le conservateur qui avoue qu’il souffre énormément dans l’exécution de ses tâches.Plaque-musée-Kinkinhoué
 Les actions de la mairie de Djakotomey
 Les autorités de la mairie de Djakotomey ne sont pas restées indifférentes à la situation délétère de ce musée. Elles ont prévu mener des actions pour le valoriser. En effet, selon le Secrétaire général de cette commune, Ludovic Houèdè, le  plan de développement communal de la troisième génération de la Commune a accordé une place de choix à la revalorisation de ce site. Il reconnaît la responsabilité de la mairie dans la promotion et la valorisation de ce lieu culturel. Il a précisé que les autorités communales se battent pour la valorisation de ce patrimoine culturel. «C’est nous qui abritons le musée et nous avons intérêt à tout faire pour qu’il ait une certaine notoriété et qu’il puisse recevoir des touristes», a-t-il fait savoir. Pour lui, les actes de vandalisme que  posent les vils individus sur ce site en rajoutent aux comportements de désintéressement que les touristes ont actuellement envers ce musée. Cependant, Ludovic Houèdè ne se décourage pas. Il s’engage, au nom de la mairie, à mener le combat pour la valorisation de ce site.
 Plaidoyer pour la revalorisation du site
 Malgré l’état du site, son premier responsable, Moudachirou do Régo ne se lasse  point. Il s’engage à lui redonner ses lettres de noblesse. Mieux, il entend lui donner son caractère régional et populaire d’antan. Mais en attendant, il se bat pour que les autres objets d’art du chef canton Essou qui sont aux mains de ses descendants lui parviennent. « Nous avons entrepris depuis quelques temps des négociations pour pouvoir récupérer les objets d’art. Nous avions également mené, avec le concours des autorités de la direction départementale de l’artisanat et de la Culture et la direction du Patrimoine culturel à Cotonou, des actions pour collecter d’autres objets liés à l’histoire et à la vie de cet homme », a-t-il confié. Pour  lui, cette action sera très bénéfique pour la Commune qui abrite le musée.
Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)