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martin-rodriguez11-17Prenant le devant de l’action pour s’opposer à la nationalisation  de Bénin Marina Hôtel (Bmh) qu’il a acquis en 2004, l’homme d’affaires Martin Rodriguez n’est pas en position de se frotter les mains dans ce dossier contre l’Etat du Bénin.  Le Tribunal de première instance de première classe de Cotonou s’est déclaré incompétent pour statuer sur sa demande d’être rétabli dans ses droits. De même, sa demande aux fins de la désignation d’un administrateur provisoire par le Tribunal n’a pas prospéré devant la même juridiction. Il dispose de 15 jours pour faire appel.
Les choses se compliquent de plus en plus pour l’homme d’affaires Martin Rodriguez. Hier mercredi 21 juin 2017, le Tribunal de Cotonou  s’est déclaré incompétent pour la demande de rétablissement dans ses droits, sollicitée par Bénin Marina Hôtel (Bmh), dont il était le propriétaire. Le Tribunal a également rejeté la demande de désignation d’un administrateur provisoire par la justice parce que Bmh a assigné l’Etat devant le juge des Référés pour  annuler  l’administrateur provisoire qu’il a nommé. En effet,  Martin Rodriguez, repreneur de l’ex Shératon qu’il a rebaptisé Bénin-Marina Hôtel a pris le devant de l’action judiciaire estimant qu’il a été lésé  en ce sens  que  la décision du conseil des ministres  du 15 février 2017 lui a retiré le complexe hôtelier pour le retourner dans le patrimoine public, au motif qu’il  n’a pas réalisé  les travaux contenus dans le cahier des charges depuis 2004, année de la cession de l’hôtel.
 Même s’il y aura compromis, la voie  judiciaire était indiquée 
 La même décision du Conseil des ministres en date du 15 février 2017 avait frappé trois autres hôtels dont la gestion est jugée scandaleuse. Il s’agit de l’hôtel Croix du Sud, du Plm Alédjo et du Motel d’Abomey. Seul le cas de Bmh a fait beaucoup de bruit, parce que beaucoup ont trouvé qu’il s’agissait d’un règlement de comptes politiques exercé par le président de la République contre un vieil adversaire en affaires. Leur différend a été même déplacé sur le terrain politique lors des  élections présidentielles de 2016, ont opiné d’autres. Une autre opinion, en l’occurrence les organisations syndicales de même que les travailleurs, a salué la décision gouvernementale.  Au milieu de ces opinions, la seule voie qui puisse  départager les uns et les autres, est celle de la justice. Comme on pouvait s’y attendre, le groupe de Martin Rodriguez a saisi  le juge des référés du Tribunal de Cotonou. Alors, pourquoi  assigner l’Etat devant  le  juge des référés ? C’est parce qu’il est le juge des urgences, le juge de défaut de contestations sérieuses. Cela laisse comprendre que Bmh veut qu’une décision soit rendue avant que le dossier n’aille devant un juge qui tranchera au fond. Mais son action n’a pas prospéré. Il faut dire que dans la pratique ou habituellement, quand le juge des référés est saisi d’un dossier, c’est  le président du Tribunal en personne qui s’en occupe ou l’affecte à un magistrat. Or, dans le cas d’espèce, c’est un collège de trois juges qui a été composé pour connaître du dossier. C’est un gage de transparence totale et d’indépendance de la justice. Il faut retenir que les intérêts de l’Etat ont été défendus par  Jacques Migan, Vincent Tohozin, Nicolin Assogba, l’actuel bâtonnier Yvon Détchénou et  Pognon. Me Alain Orounla a assuré la défense de Bmh, qui dispose de 15 jours pour faire appel s’il estime qu’il est fait grief à son client. L’ex-Sheraton  Hôtel de Cotonou rebaptisé Bénin Marina Hôtel, après son acquisition en 2004 par l’homme d’affaires Martin Rodriguez  restera-t-il définitivement dans le patrimoine de l’Etat ? Bien malin celui qui pourra répondre. Car,  loin du prétoire, le dossier pourrait déboucher sur un compromis, si l’intermédiation du président ivoirien réussissait à amener l’Etat béninois à revoir sa position. Dans une telle hypothèse, tout dépendra de Martin Rodriguez. 
FN