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Le ministre Hêhomey reste ferme sur les décisions du gouvernement

Les décisions du Conseil des ministres du 18 novembre 2016, d’un côté autorisant le ministre des Infrastructures et des transports à mettre fin à la mise en œuvre de l’avenant n°1 du contrat de concession qui lie le gouvernement béninois à la Segub et de l’autre à signer un contrat de concession de type Cet/Bot avec Morpho Dys portant sur la constitution, la formation, la maintenance et l’assistance à l’exploitation du système de contrôle des entrées et sorties pour l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin font couler beaucoup d’encre. Invité sur Golfe Tv, hier le ministre des Infrastructures et des transports, Hervé Hèhomey a expliqué lesdites décisions.

« L’avenant n°1 signé entre le gouvernement et la Société d’exploitation du guichet unique du Bénin (Segub) a un caractère non avenu. Cet avenant signé en novembre 2014 qui porte sur l’exploitation d’un Guichet unique des opérations de commerce extérieur (Guoce) se retrouve déjà dans la convention de base signée en 2010 », a fait savoir le ministre des Infrastructures et des transports Hervé Hèhomey. L’installation de ce guichet n’est donc pas nouvelle. Elle est prévue dans la convention de base et ne saurait nécessiter une nouvelle rémunération. Or, la Segub percevait 10 mille Fcfa sur toutes les opérations ayant trait au commerce extérieur. Ce faisant, elle était rémunérée de façon superflue sur une prestation déjà comptée au titre de la convention de base. Le point de la période allant du 22 avril au 8 novembre 2016 révèle 924 millions de FCfa encaissés par la Segub. Le gouvernement, en interdisant à la Segub de percevoir ces frais, rétablit le droit et soulage les opérateurs. Un communiqué porte à l’attention de tous les acteurs portuaires la suppression des 10 mille FCfa. Il est également fait obligation à la Segub de faire le point de ce qui a été perçu de novembre 2014 à avril 2016. La Segub devra restituer à l’Etat ces sous qui, du coup, deviennent des fonds publics dont le gouvernement disposera.

Quid du retrait d’agrément à la société Sttb

En ce qui concerne le retrait d’agrément à la société Solutions technologiques des transports du Bénin (Sttb) qui avait signé avec le gouvernement une convention pour la gestion des entrées et sorties au port, le ministre fait retenir que cette activité est revenue au Port autonome de Cotonou. Selon le ministre, le port dispose des moyens matériels et humains pour gérer cette activité. « C’est une activité que le port gérait et avait confié à une société. La société s’étant révélée défaillante, l’activité est revenue au port qui la gère mieux », a révélé le ministre Hervé Hèhomey. Pour preuve, il mentionne la fluidité du trafic qui est d’ailleurs le premier objectif visé par cette activité autrefois confiée à la société Sttb. De plus, la gestion de cette activité par le port, à en croire le ministre, apporte une plus value aux caisses de l’Etat. « Le port a pris l’activité le 9 août 2016 et en deux mois, le port a encaissé plus que ce que la Sttb reversait au port en un an », a étayé le ministre Hervé Hèhomey. Pour lui, les résultats de cette gestion sont encourageants et méritent que l’on félicite les travailleurs du Pac. « Qu’est-ce qu’on peut demander d’autres ? Nous avons une bonne gestion des entrées et sorties au port et nous gagnons plus d’argent ! », s’exclame Hervé Hèhomey. Tout en rassurant de la volonté du gouvernement de faire du partenariat public-privé une priorité, le ministre a tenu à préciser que ce partenariat ne doit pas se faire au détriment de l’Etat.

Sécuriport s’est substituée à la Police nationale 

Au cours du même exercice hier, le ministre des Infrastructures et des transports a levé l’équivoque, et donné la perception du gouvernement sur le dossier Sécuriport-Morpho Dys. Le ministre des transports a déclaré avoir rapporté l’arrêté interministériel signé le 15 mars 2016 à Sécuriport, en raison de nombreuses irrégularités puisque la société s’est substituée à la Police nationale. Selon le ministre, une société privée ne saurait gérer les données à caractère personnel des citoyens béninois. Sauf la Police nationale, qui dispose de ces prérogatives, sous l’autorité ou la surveillance du Cnil. Par ailleurs, le contrat signé à une société américaine à l’entre-deux tour de la présidentielle passée, fait état d’une redevance de 20 dollars américains à prélever sur chaque billet d’avion aller-retour au départ de Cotonou. Cette redevance était la pierre d’achoppement, puisque la plupart des compagnies aériennes dénonçaient cette redevance, refusant de la payer. Ce contrat, a ensuite dénoncé le ministre Hèhomey, conférait à l’entreprise américaine l’exploitation de l’aéroport de Cotonou pendant 20 ans renouvelables. Aussi, a-t-il confié que la procédure de contractualisation est toujours en cours, et le marché n’est pas encore attribué à Morpho Dys. Une cellule d’appui doit être créée dans le cadre de la loi sur le Partenariat public privé pour statuer sur le dossier.

Pascal Aguéhoundé

& Wilfrid Noubadan