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Assan SéibouLe projet de loi portant autorisation de ratification de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des personnes âgées, adopté à Addis Abéba le 31 janvier 2016,  est désormais une réalité au Bénin. C’est la raison qui justifie l’intervention de l’honorable Assan Seïbou qui exhorte le  gouvernement à l’élaboration d’une politique du 3ème âge. Lire la substance de son intervention.

« Je voudrais quand même m’associer aux autres collègues, pour féliciter la commission pour le travail qui est fait, et aussi la ministre pour les réponses qui ont été apportées entre temps. La question du troisième âge, quand on la pose, réside pour moi dans la façon dont ceux qu’on appelle les personnes de 3ème âge sont prises en compte. Évidemment, les défauts des conventions internationales, c’est qu’on  ne prend pas de façon spéciale le cas de chaque pays avant de leur proposer la ratification.  Ce qui fait qu’il y a toujours des questions qui se posent lorsque nous les abordons. C’est pour ça que beaucoup de questions vont rester encore sans réponse en ce qui concerne cette ratification qui a le mérite déjà d’ouvrir le débat de façon responsable, de poser les bases. Monsieur le président, je vais voter pour que cette ratification soit une réalité, parce que je ne voudrais pas qu’on continue de rester dans les conditions que je vois aujourd’hui, pour que des gens qui ont travaillé pendant toutes les années de fonction, se retrouvent comme des étrangers dans le même service qu’ils ont quitté hier. On doit avoir au Bénin un plan très clair d’assistance. A un certain âge on peut recueillir des informations, et non obliger les gens à venir se présenter. De même monsieur le président, nos pratiques ne sont pas les mêmes. Nous avons un problème culturel qui s’oppose à ce que les autres font dans leur pays. La prise en charge des personnes âgées est une question difficile. Mais une question que nous devons avoir le courage d’aborder, parce que nous  prenons soin de nos parents qui sont âgés. Personne ne voudrait faire savoir que son parent est dans une maison de retraite. C’est comme si vous l’y avez jeté. Vous savez que psychologiquement, personne de nous n’accepterait ça. Au même moment, dans ces communautés avec lesquelles nous signons les conventions, eux c’est comme ça ils fonctionnent. Vous avez un âge, vous allez à la maison de retraite. Ici, on ne peut pas aller dans une maison de retraite sans en courir bien sûr les boutades des uns et des autres. C’est pour ça que la question doit rester dans la manière dont nous approchons les personnes âgées. La manière dont nous définissons une véritable politique du 3ème âge, parce qu’ici au Bénin, nous avons plus de deux tiers des personnes de 3ème âge, sinon les trois quart. Et quand on naît, on est candidat immédiatement pour le 3ème âge. La prière qu’on doit faire, c’est que Dieu vous donne longue vie. Quand vous avez longue vie, c’est que vous devenez personne de 3ème âge. Donc chacun de nous, nous devons travailler sur un dossier comme ça et aller plus loin. Ce n’est pas qu’un dossier du Parlement. La ratification d’une convention ne suffit pas. Si on devait autoriser le gouvernement à faire quelque chose, c’est de leur dire, il faut que vous inscriviez dans le prochain budget une étude approfondie là-dessus dans ce pays ».

Propos recueillis par Martial Agoli-Agbo

(Corresp.O/P)