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boni-yayi-2 On l’a souvent entendu, le chef de l’Etat béninois n’est jamais au courant de rien, comme il vient de le révéler dans ses déclarations sur Radio France internationale (Rfi) au sujet du scandale des 3 milliards de francs Cfa mis à disposition par les Pays-Bas pour favoriser l’accès à l’eau potable des populations. Yayi Boni est coutumier du fait et en ce moment où cette affaire fait grand bruit, mettant en cause son gouvernement, il a montré qu’il est sur une planète et son gouvernement sur une autre. Il s’est encore illustré comme le président qui ne connaît pas les dossiers de ses ministres. Cela renseigne sur son mode de gouvernance. Et, pourtant, c’est lui qui fait tout à la place de ses ministres, selon ses thèmes de campagne lors des élections législatives. S’il n’a pas de la mémoire, rappelons-lui qu’en matière de fourniture d’eau, d’électricité, de construction d’hôpitaux,…patati, patata, il s’est montré aux populations comme le messie. Et, il créa «yinwè», c’est-à-dire «c’est moi». C’est moi qui donne l’eau et consorts. Pourquoi il se dédie aujourd’hui ? Comment donne t-il de l’eau aux populations s’il n’est pas au courant des projets financés par les bailleurs de fonds à ce sujet ? Quand c’est bon, c’est Yayi. Quand c’est mauvais, ce sont ses ministres et les cadres. Dans les affaires, découpage territorial, Pvi, port sec de Tori, Icc-Services et bien d’autres, il a déjà eu à retourner l’accusation et la colère des populations contre ses ministres concernés. Mieux, il a affirmé qu’il n’a jamais été au courant de rien. Cela frise une fuite de responsabilité au sommet de l’Etat. Aujourd’hui, on parle du scandale des 4 millions d’Euros des Pays-Bas pour appuyer l’accès à l’eau potable à travers le Ppae2, et il joue le même refrain. Barthélémy Kassa dans ce dossier, comme Issa Démolé Moko, Irenée Koupaki, Armand Zinzindohoué dans d’autres, sont les fusibles, Yayi Boni l’interrupteur, sans lequel, le dispositif ne marche jamais. Tant que le chef de l’Etat ne va jamais reconnaître ses erreurs, même si elles sont établies, il ne peut en tirer les conséquences pour rééquilibrer sa gouvernance.

 Fidèle Nanga

 Yayi : l’éternel sous informé du Bénin

« Je ne savais même pas qu’il y avait un projet de ce genre-là dans ce ministère ! Il semble que c’est un vieux projet au ministère de l’Energie … », a déclaré Yayi Boni sur Radio France Internationale (Rfi) au sujet du Programme pluriannuel d’appui au secteur de l’eau et Assainissement (Ppea 2) . Ce projet est financé par des partenaires. C’est un don fait à l’Etat béninois à hauteur de plusieurs milliards Fcfa, Yayi Boni dit « qu’il semble que….. » ! C’est vraiment grave ! Ce qui veut dire simplement qu’il ne sait rien de ce que les partenaires envoient dans le pays en termes de dons et prêts. Il ne sait même pas comment cela se gère et si éventuellement, il n’y avait pas un audit pour révéler une mauvaise gestion, les fonds de ce projet pouvaient être dilapidés en silence et le président de la République n’aurait pas été informé. On peut donc conclure que d’autres fonds des partenaires sont régulièrement dilapidés au Bénin, facilement sans que Yayi Boni n’en soit au courant. Le président de la République, à la face du monde entier, vient de démontrer que son régime est l’incarnation de la mauvaise gestion et que lui-même. Pourtant, le chef d’Etat a été élu à cause de ses qualités d’économiste. Cela paraît ridicule. Mais, c’est sérieux. Le chef d’Etat béninois a un problème qu’il est nécessaire de diagnostiquer et solutionner. Il n’est jamais informé de rien. Yayi Boni, malgré tout le dispositif d’informations que l’Etat a mis à sa disposition, serait le dernier à être informé au Bénin. Soit, ses services compétents sont défaillants, ou alors, il ne cherche pas à savoir ce qui se passe dans son pays. C’est vrai que les Béninois sont déjà habitués à ce refrain. Mais lorsque cela est transposé à la face du monde, cela devient une honte nationale. Dans beaucoup d’autres affaires, la chanson a été la même. « Je n’étais pas au courant ». Affaire Icc-service avec plus de 150 milliards Fcfa de spoliés auprès des populations : Yayi n’était « pas informé ». Affaire Cen-sad : il n’était « pas informé ». Affaire Pvi et Bénin-contrôle : Yayi n’était « informé ». Affaire Port sec : il n’a « jamais été au courant ». Affaire Dangnivo : Yayi n’était « informé ».En réalité, rien n’est caché au chef de l’Etat. Dans ce projet, tout était vraiment mis en place pour vider discrètement les fonds. C’est un don et donc, le gouvernement n’a pas besoin de ratification avant de le consommer. Il est mis à la disposition du gouvernement pour dépense et on en a profité pour le gérer sans aucun respect des procédures.

 Félicien Fangnon