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Les divergences entre les douanes béninoises et nigérianes aplanies au cours des séances

Du mardi 02 au jeudi 4 août 2016, une délégation de l’administration douanière du géant voisin de l’Est, conduite par le Colonel Hameed Ibrahim Ali, a séjourné à Cotonou. Après trois jours de travail et d’échanges avec les douanes béninoises et des commerçants, un communiqué final a été rendu public. Dans les coulisses, on apprend que cette descente du patron des douanes nigérianes a permis d’aplanir quelques difficultés observées par le passé. 

Selon des sources proches de l’administration douanière du Bénin, ayant pris part aux travaux, aussi bien des experts que des directeurs généraux des douanes béninoises et nigérianes, il y avait de véritables problèmes à régler au niveau des frontières qui lient les deux pays. La visite de travail effectuée la semaine écoulée par le contrôleur général des douanes nigérianes a donc permis aux deux administrations de concilier leurs positions autrefois divergentes sur des questions jugées essentielles. Lors de la réunion des experts, il a été relevé que la partie béninoise n’a pas respecté certains de ses engagements vis-à-vis de la partie nigériane en vue d’une bonne coopération. Il est reproché aux douaniers béninois de ne pas faire l’escorte des marchandises et des véhicules d’occasion en transit vers le Nigeria, conformément au protocole d’accords. Une revue des accords a permis de noter une légèreté dans la mise en application des clauses entre les deux administrations douanières. Ce manquement aux engagements pris antérieurement a créé beaucoup de dommages au Nigeria entrainant l’introduction frauduleuse sur son marché  de produits contrefaits.

A la séance de travail tenue le mercredi, le cas des commerçants béninois était à l’ordre du jour. A cette occasion, il leur a été rappelé les dispositions à prendre pour faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays. Dans le secteur du riz, par exemple, où il y a un désordre criard, il a été retenu que seuls les acteurs organisés pourront désormais exporter ce produit vers le Nigéria. Au regard  des explications données et des observations faites,  il doit être mis en place une organisation afin d’éviter les fraudes souvent remarquées dans les exportations. Une bonne nouvelle pour « Aida », un exemple en matière d’organisation,  qui existe déjà. Elle peut s’apprêter à reprendre ses activités vers le Nigéria dès que la mesure d’embargo sera levée. Les autres (industries) devront s’adresser à des structures compétentes, notamment la Cédeao pour les dispositions à prendre.

Le Nigéria insiste sur le respect des principes

Ce fut une occasion pour Al hadji Shittu Olayiwole d’évoquer et de dénoncer la double taxation des marchandises en transit sur le Nigéria. Par ailleurs, il a été déploré le fait que les camions de la Cédéao venant du corridor Abidjan-Lagos soient dérangés par le fonds routier au niveau du pont péage d’Ekpè. On leur reproche la surcharge et on leur impose le règlement de l’Uemoa alors que le Nigeria n’est pas membre de cette organisation. Les concernés n’ont pas aimé le fait qu’on leur applique la législation d’une organisation dont  leur pays n’est pas membre et qui, par ailleurs ne supplante pas celle qui régit la circulation et les échanges commerciaux dans la sous-région.

Concernant les véhicules d’occasion, le Nigeria a rappelé à la partie béninoise le contenu des deux accords signés à Abuja par le passé. La délégation  a démontré que  la violation de ces accords agit sur les recettes du pays.

Pour ce qui est des acteurs du secteur des aciers, si la sécurité s’améliore à Maiduguri, ils n’ont pas de problème pour faire transiter leurs marchandises vers le Tchad.

Ayant pris note des remarques et l’engagement de se conformer aux prescriptions, les opérateurs économiques béninois ont plaidé pour que la mesure d’embargo soit levée sur le riz afin qu’ils puissent évacuer les stocks disponibles dans leurs magasins. Ceci permettra aussi au Nigéria de faire des recettes. Mais, des irrégularités ont été aussi relevées du côté de la douane nigériane par les acteurs présents. Ils ont évoqué les tracasseries auxquelles ils sont soumis et le manque de courtoisie de la part des Nigérians.

La chargée d’affaires de l’Ambassade du Nigeria près le Bénin est intervenue aussi pour dire que les deux administrations douanières ont intérêt à collaborer, puisqu’au niveau diplomatique, tout se passe bien entre le Bénin et le Nigeria.

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Photo de famille de la délégation nigériane avec les douaniers béninois

Une forte délégation nigériane

A ces différentes séances, le Nigeria était fortement représenté. Dans la délégation, il y avait i le Gouverneur de l’Etat d’Ogoun et la présidente de la Chambre de commerce et d’industries d’Ogoun (Abeokuta). On a noté aussi la présence  des transitaires d’Idiroko et de Sèmè, de l’association corridor Abidjan-Lagos des Importateurs, du président des transitaires agréés des douanes nigérianes venant de Apapa. S’y sont ajoutés, les responsables de Mrs ; Diamond Bank ; Uba et autres.

Le contenu du communiqué final

Selon le communiqué rendu public, la session vise à examiner le progrès dans l’exécution du protocole d’accord en date du 23 juillet 2015 signé par les directeurs généraux des administrations douanières des deux pays et à identifier de nouvelles actions à prendre vers une exécution satisfaisante des recommandations contenues dans ledit protocole. Les discussions se sont concentrées sur le niveau d’exécution des recommandations émises dans le protocole mentionné ci-dessus. Après les discussions, de nouvelles actions ont été identifiées pour les deux administrations, en vue de répondre à des objectifs encore à réaliser et qui devront être énoncés dans le protocole d’accord.

Les résultats de ladite évaluation, les chronologies pour mettre en application les nouvelles actions et  les perspectives s’y rapportant sont compilés sous forme de matrice d’évaluation de recommandations. Les deux administrations ont accepté de débuter des actions sur le projet formel d’inter-connectivité par l’établissement d’un groupe de travail, d’installer un cadre de consultation qui se réunira deux fois par an pour aborder toutes les questions naissantes et d’entreprendre l’évaluation trimestrielle de l’exécution de cet accord.

A la fin des discussions, les 2 parties s’engagent à se conformer aux décisions prises et à mettre en application les recommandations formulées en vue de faciliter le développement commercial favorisant l’économie des 2 pays.

Félicien Fangnon