Spread the love

ZEM-ET-POLICELa situation a très tôt dégénéré dans la matinée d’hier au niveau de l’échangeur de Houéyiho à Cotonou. La fumée épaisse qui chargeait le ciel était l’œuvre des pneus réduits en cendres par un groupe de zémidjans pratiquement en boule. L’affrontement entre les percepteurs de taxe de la mairie et eux a été viril. 

C’est le scénario du sauve-qui peut qui s’est invité hier à côté du passage supérieur de Houéyiho à Cotonou. Motocyclistes et automobilistes ont dû faire marche arrière car le péril était imminent. La ‘’colonie’’ des zéms, apparemment déchaînés, était prête à en finir avec les agents de la Mairie qui ne voulaient pas aussi démordre. Un pas de plus et le pire était à la porte. Mais qu’est-ce qui a pu bien justifier ces dérives ? Selon les informations, tout est parti d’une réclamation de frais de droit taxi à un zémidjan par un agent percepteur de la Mairie. Un peu habitués à enquiquiner ces motocyclistes, ce dernier, selon les informations, ne s’en était pas privé. La méthode était délicate et la réaction du zémidjan ne s’est pas fait attendre. Le premier coup était parti et il était irréversible. Un peu habitué à la stratégie des abeilles, ces zém se sont portés volontiers à la rescousse de leurs compères en difficulté. La confusion était générale. Des pneus sont brûlés, le tronçon bloqué. La force publique est intervenue pour disperser les manifestants, mais non sans peine. C’est l’arrivée du Directeur général de la police nationale, Sèssi Louis Philippe Houndègnon qui a pu calmer les manifestants. Le Dgpn les a exhortés au calme et à la sérénité en leur promettant de prendre les mesures qui s’imposent. Et pour prouver sa bonne foi, il a ordonné qu’on restitue, et ce sans frais, toutes les motos et autres pièces saisies à leurs propriétaires. Cette démarche a été fortement ovationnée par les conducteurs de taxi-moto et de Taxi-ville.

 Clarification de la Mairie

 Pour le secrétaire général de la Mairie de Cotonou, Raoul Faladé, la situation qui a prévalu dans la matinée du mardi est regrettable. Il a affirmé que c’est une taxe qui est instituée par le conseil municipal et qui est payée dans toutes les villes. D’après ses propos, cette taxe qui n’est que de 400 francs Cfa a toujours été prélevée avec le consentement des différents syndicats des taxi-motos et de taxi-villes. Raoul Faladé a expliqué que cette taxe a pour objectif d’aider la mairie de Cotonou à assurer convenablement la gestion de la ville. Selon lui, il est observé une contre performance au niveau des recettes de la mairie en ce qui concerne ces taxes qui représentent 23% des recettes de la mairie. Pour lui, ce qui s’est passé le mardi n’est qu’un incident.

 Moratoire de 15 jours, les zémidjans toujours menaçants

 À la suite des différentes manifestations, les autorités de la municipalité de Cotonou ont décidé lors d’une réunion, d’accorder un moratoire de 15 jours pour sensibiliser les uns et les autres sur le droit Taxi. Pour le secrétaire général du syndicat de l’union pour la défense des conducteurs de taxi-motos, Barthélémy Djohounmè Yêtin, cette taxe instituée par le président maire Nicéphore Dieudonné Soglo, n’est rien d’autre qu’une contribution de conducteurs de taxi motos et de taxi-villes pour aider la mairie dans le cadre de la construction des infrastructures socio-communautaires et pour leur reconversion. Selon ce dernier, leur refus de continuer à payer cette taxe est dû au fait qu’en 2000, au moment de faire le point, ils se sont rendus compte qu’aucune réalisation n’a été faite comme précédemment annoncé. « On a constaté que rien n’a été fait pour les zémidjans. En conclusion, les fonds ont été dilapidés. C’est de là que nous avons refusé de payer, encore qu’en réalité, on ne devrait pas payer ces taxes parce que nous sommes des chômeurs, des diplômés sans emploi. On ne peut pas réclamer à un diplômé sans emploi de payer des taxes », a-t-il déclaré. Le Secrétaire général du syndicat de l’Union pour la défense des conducteurs de taxi-motos entend user de tous les moyens de droit   pour réclamer la suppression de cette taxe. « Une série de manifestations sera également organisée pour rencontrer les autorités de la mairie et alerter l’opinion publique », a-t-il ajouté.

 Léonce Adjévi