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UNIVERSITE-ETUDIANT
Le campus était en ébullition hier

La situation était confuse sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi hier lundi 8 juin 2015. Selon le président de l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb) Fidèle Bokossa, on dénombre 12 arrestations et des blessés graves.

On s’y attendait et cela n’a pas raté. L’escalade de violence était la forme d’expression hier lundi 8 juin sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi. Course-poursuite, gaz lacrymogène lancés à tour de bras, pneus brulés sur la voie publique, le chaos était visible. Le mot d’ordre « campus mort » lancé par les organisations estudiantines que sont l’Unseb, la Fneb et l’Uneb a connu son cortège de blessés et d’arrestations. Déjà tôt dans la matinée d’hier, l’entrée principale ainsi que l’enceinte du campus étaient assiégés par les véhicules blindés et un effrayant déploiement de policiers. Les patrouilles étaient systématiques et tout regroupement découragé à travers des gaz lacrymogènes largués dans la nature. Les étudiants des cabines étaient pratiquement casernés puisqu’aucun mouvement ne leur était possible. Dans cette atmosphère de peur mêlée et de révolte, certains étudiants n’ont pas hésité à faire volte-face. Pourchassés dans l’enceinte, certains arrivent à passer la barrière sécuritaire et brulé des pneus sur la chaussée. La circulation était bloquée, certains étudiants arrêtés. Pour le Président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb) Kévin Davi, la situation était intenable. « La situation a dégénéré et j’ai été obligé de quitter les lieux. J’ai dû fuir et j’ai invité les camarades à parer au danger », a-t-il fait savoir. Même son de cloche du président de l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb) Fidele Bokossa. Il a invité les siens à rester chez eux à partir de ce jour. Selon le Secrétaire général de l’Université Léon Bani Bio Bigou, les programmes d’études ainsi que les évaluations sont encadrés dans un calendrier strict qui ne devra en aucun cas être perturbé.

 Président de l’Uneb, Fidèle Bokossa : « Que chaque étudiant reste chez lui »

« Je voudrais demander à tous les camarades étudiants et à tous les amis que la situation est critique à l’Université d’Abomey Calavi. Je voudrais dire à tous les parents qui ont leurs enfants à l’Université d’Abomey-Calavi que la situation est critique et que chaque étudiant reste chez lui à la maison. Ce qui se passe à l’université risque d’emporter la vie des étudiants. L’université est fortement militarisée et nous voudrons qu’ils restent à la maison parce que lorsqu’ils sont pris, ils sont fortement torturés. On ne permet pas à 3 ou 4 étudiants de rester ensemble. Lorsqu’on vous voit ensemble, on vous prend pour des manifestants, on vous lance des grenades lacrymogènes et on vous tabasse à mort. Il y a 12 arrestations au niveau du commissariat d’Abomey-Calavi. Des étudiants ont été grièvement blessés. Certains sont atteints au niveau de l’œil. Les preuves sont là et c’est pour cela que nous lançons cet appel. Nous avons toujours tendu la main à l’autorité. Mais à chaque fois, la première intervention du Vice-recteur, c’est que pour lui, quelque chose ne va pas dans notre tête. Il nous dit qu’il faut que nous utilisions nos cervelles pour réfléchir. C’est toujours la phrase qu’il utilise ».

 Léon Bani Bio Bigou, Sg de l’Université : « Le rectorat est toujours disponible »

« Nous avons reçu la motion le jeudi et le vendredi on les a invité pour une réunion à 16 heures. Entre temps, certains doyens ont été indexés dans leur motion. C’est tout à fait normal que l’équipe rectorale puisse écouter chacun des doyens par rapport au point qui les concerne. On a fini avec les doyens à 15 heures et on a reçu les trois syndicats autour de 16 heures. Mais ils n’ont pas voulu que la séance soit tenue sans les autres. On s’est opposé. Donc, cette séance prévue pour aborder chacun des points ce vendredi n’a pas eu lieu. L’équipe rectorale est garante de la sécurité des biens et des personnes. Et s’il n’y avait pas de violence physique sur les individus et sur les infrastructures, nous n’avons aucun intérêt à ce que les forces de l’ordre soient sur le campus. Nous ne gagnons absolument rien de la présence des forces de l’ordre sur le campus. De toute façon, le rectorat est toujours disponible. Qu’est-ce que le rectorat gagnerait à ce que le campus soit bloqué » ?

 Hospice Alladayè