Spread the love

justiceLes deux accusés présentés à la Cour hier jeudi 8 décembre 2016 sont restés constants dans la dénégation. Gabriel Amoudjiékpè (alias Baba Ibandan) et GbèmènouHoundjo ont juré n’avoir jamais participé à la commission des infractions portées à leur charge. Inculpés pour crime d’association de malfaiteurs, meurtre et vol, ces deux hommes se sont présentés comme un ange. Leurs déclarations semblent dissiper tout doute sur leur intention criminelle, mais les témoignages ainsi que les informations livrées à l’enquête préliminaire brisent le mur de la certitude. Les faits remontent au samedi 2 février 2003. Ce jour, aux environs de vingt et une heure, il a été découvert le corps inanimé du sieur EricAdanminakou devant une maison au quartier Koutongbé. L’examen du corps a révélé que le visage de la victime était couvert de sang et sa tête portait deux bosses à la nuque. Les investigations menées ont permis de mettre la main sur les deux accusés ainsi que le nommé Alabi Adébiyi Norbert. Ce dernier a bénéficié d’un non lieu pour association de malfaiteurs, vol de la moto mate 50 et meurtre du sieur Eric. Devant la Cour, les deux autres ont déclaré n’avoir jamais participé à un acte pareil. Pour le Ministère public représenté par Christian Atayi, Gabriel Amoudjiékpè (alias Baba Ibandan) et GbèmènouHoundjo ont fait le choix de mentir sans ménagement. A l’enquête préliminaire affirme-t-il, Alabi, le troisième compère  a fait savoir que son confrère  GbèmènouHoundjo possédait d’une part la clé passe partout dont ils se servaient pour voler les motos. Et d’autre part il a l’habitude de voler les moutons qu’il vendait en retour. Les accusations s’enchainent contre eux, mais les deux accusés continuaient de clamer leur innocence. Pour faire peser définitivement le doute, ils ont exploré l’hypothèse d’un règlement de comptes des éléments de la Brigade civile. En fait, selon leurs déclarations, il existait en ces temps à Porto-Novo, un groupe organisé de malfrats reconvertis appelé Brigade civile qui assurait la sécurité. Ces derniers, affirment-ils, commettaient des forfaits qu’ils attribuent  aux innocents (en l’occurrence ceux qui s’opposent à intégrer leur cercle). C’est ainsi qu’ils ont débarqué chez Houndjo à 3 heures et l’ont conduit au commissariat pour vol et association de malfaiteurs. Baba Ibadan a également confirmé l’hypothèse. Il a d’ailleurs affirmé avoir été membre de ce cercle et rappelé quelques coups fourrés de ces acteurs. Au cours des plaidoiries, le Ministère public a battu en brèche ces déclarations et requis la peine de travaux forcés à perpétuité. La défense attaque sans sommation. Elle plaide pour l’acquittement pur et simple au motif que tout le dossier a été construit sur la base de témoignages et de fausses allégations. Pour Maître Rodrigue Agbani et Joel do Régo, l’arme du crime est  inexistante, la moto supposée volée n’a été jamais retrouvée, les compères de deux accusés absents au procès. Après avoir écouté les deux parties, la Cour a requis dix ans de travaux forcés contre les deux accusés pour l’infraction d’association de malfaiteurs. Quant au meurtre et au vol de moto, ils ont été acquittés au bénéfice du doute. Ayant déjà passé 13 ans en détention, les deux coaccusés recouvrent leur liberté.

HA