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justiceLes assises se poursuivent à la Cour d’appel de Cotonou. Le vendredi 10 décembre 2016, c’est un cas de coups mortels qui a retenu les attentions et a mis en cause Jacques Binoï. En effet, courant septembre 2010, la poule de dame Hounza Marceline a déféqué sur le lit de Jacques Binoï et ses porcs ont mangé son repas. Avisé par sa femme, ce dernier est allé faire part de son mécontentement au propriétaire des bêtes qui l’a mal reçu. Une altercation s’en est suivie, et Jacques Binoï est retourné dans sa chambre. Quelques temps après, un groupe de sept personnes dont Adamou Kpognon, s’est introduit chez Jacques Binoï. Une bagarre a éclaté, et ce dernier a poignardé Adamou Kpognon qui a rendu l’âme sur le champ. Interpellé et inculpé, Jacques Binoï a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. A la barre, il a soutenu qu’il se défendait contre les assaillants qui, a-t-il précisé, ont défoncé l’arrière porte de sa chambre avant de le retrouver sur son lit conjugal avec sa femme et son enfant de six mois. « Etant donné qu’ils étaient venus m’agresser, je me suis senti en insécurité. Le seul réflexe que j’ai eu est de m’emparer d’un couteau que j’ai lancé. Je n’avais pas l’intention de le tuer », a-t-il signifié à la Cour. Mais, cette déclaration n’a point ému le ministère public représenté par Mariot Mètonou. Estimant que la légitime défense est un acte volontaire, il a requis contre l’accusé 10 ans de travaux forcés. Mais, la défense assurée par Victoire Agbanrin Elisha, a plaidé pour la légitime défense. Car, selon elle, certes le coup était volontaire, mais l’intention malveillante de donner la mort n’est pas constituée. « Quand on parle de légitime défense, c’est l’intention de donner le coup qui est volontaire, et non celle de tuer. Et, en l’espèce, Adamou Kpognon, l’agresseur, un homme âgé et robuste, était allé chez mon client en bagarreur, puisqu’il était torse nu et accompagné », a-t-elle signifié. Au terme des plaidoiries, le verdict de la Cour a acquitté Jacques Binoï. Ainsi, après six ans d’emprisonnement, il recouvre sa liberté. Faustin Anagonou qui a présidé les travaux avait pour accesseurs Christophe Atinmakan et Eliane Nouatis Ghézo.
Joël Samson Bossou