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conseil-nvoLe gouvernement n’a toujours pas changé de musique face aux problèmes du monde enseignant. Il attend le pourrissement de la situation avant de s’inviter en rédempteur. Alors que le Front d’action des syndicats des trois ordres de l’enseignement menace de reprendre les armes, le régime Yayi n’en fait pas un souci.

Les syndicalistes rassurés et très confiants, dès le départ, sont de plus en plus gagnés par le doute. Ils croyaient, pour une fois, pouvoir compter sur la bonne foi du gouvernement et de son chef. Mais, erreur ! Beaucoup avaient même estimé qu’il n’était plus question de suivre le Front si ce dernier lançait le mot d’ordre de débrayage, parce que, pour eux, la question de prise du décret portant statut particulier des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire est déjà un dossier classé. Déjà une semaine d’espoir et rien ne semble convaincre. C’est à croire que les enseignants auront leur statut dans un délai relativement court. On traitera de mauvaises langues ceux qui se refusent de croire aux promesses sans lendemain du gouvernement. Au fond, ils ont des raisons très justifiées. Le régime de Yayi est dans une politique de faux-fuyant et de fausses promesses. Ce qui caractérise ce gouvernement, c’est qu’il prend tous les problèmes sous l’angle politique. Pendant les premières heures de paralysie, il fait semblant de ne rien entendre. Réfugié dans une indifférence totale, il attend que la situation pourrisse avant de s’inviter en rédempteur. Les exemples sont légions. En 2014, le gouvernement a réagi près de deux mois après le mouvement de paralysie lancé par les centrales et confédérations syndicales. Idem pour les magistrats qui ont longtemps attendu avant de voir le chef les accueillir au palais. On a agité partout que le statut des enseignants est déjà finalisé et que cela ne devra plus tarder. On servira cela pendant plusieurs semaines encore. Tant que les enseignants ne vont pas changer de cap, le gouvernement qui, sans doute, n’est pas vraiment dans la logique de changer de formule doit continuer à attendre. Le jeu n’est pas vraiment nouveau. Le régime Yayi abdique souvent si la résistance est forte. Ce qui conforte également le gouvernement dans ce jeu, c’est la divergence de points de vue au sein des syndicats. La récente grève des magistrats et la longue paralysie de 2013 en sont quelques illustrations. Le gouvernement a laissé la situation pourrir avant de se réveiller de son long sommeil.

 A.T