Spread the love

reformesFaut-il considérer le rejet de la recevabilité du projet de loi portant révision de la Constitution comme un échec du chef de l’Etat, ou un non à l’enracinement de la démocratie et au renforcement d’un Etat de droit? Est-ce la victoire d’un  groupe  sur un autre ? Est-ce ce que le peuple béninois attendait de ses élus ? Nul ne saurait répondre à ces interrogations sans reconnaître que le chef de l’Etat, Patrice Talon, n’est pas perdant dans cette bataille. Bien au contraire, son action tient lieu du respect de la parole donnée au peuple béninois, et son amour pour la patrie s’est affirmée. En affirmant lors des campagnes électorales, sa volonté de mettre, de façon réaliste, en œuvre toutes ses promesses, une fois élu, il a bel et bien indiqué qu’il s’attaquera aux réformes politiques et institutionnelles. Les Béninois y ont cru et ont voté pour son projet. Et étant au pouvoir, il a très tôt mis en œuvre ses réformes en reprécisant qu’il fera un seul et unique mandat. Voici donc venu le moment de mettre en œuvre les réformes promises et on note des résistances. Porté par de bons idéaux, le chef de l’Etat bouscule les habitudes aux premières heures de sa gouvernance en choisissant les chefs-lieux des départements pour rapprocher les administrés de l’Administration, en modifiant la carte universitaire pour rationnaliser la formation des apprenants, en réduisant les dépenses publiques pour les réorienter vers les actions de développement, en faisant la chasse aux faux diplômes dans l’Administration pour rétablir la justice, en dépolitisant la fonction publique pour la rendre plus performante, en récupérant avec l’aide de la justice les deniers publics détournés dans le secteur des véhicules d’occasion, en décrétant la libération des espaces publics pour l’embellissement des villes, ainsi de suite. En clair, ça bouge  beaucoup depuis l’arrivée des nouvelles autorités.  Les réformes déjà entreprises ont induit des changements positifs qui annoncent de belles perspectives pour le pays. Le Bénin révélé se construit chaque jour et les occasions du succès se multiplient. Mais il reste fondamentalement  que l’acceptation de ces réformes exige de tous les Béninois, qu’ils laissent de côté les mauvaises habitudes qu’ils ont prises de mettre d’abord en premier lieu leurs intérêts avant ceux du pays. La «béninoiserie» et la politique égoïste et régionaliste qui les distinguent dans le monde restent malheureusement de mise et viennent d’avoir raison de l’amour pour la Patrie. Incarné par Patrice Talon,  seule personne dont l’engagement et la détermination peuvent porter au rayonnement et au relèvement du pays, cet amour pour sa patrie n’est pas perçu par tous et est d’ailleurs assimilé à un piège. Le projet de révision de la Constitution qu’il a initié n’a malheureusement pas échappé à ces mauvaises habitudes évoquées précédemment. Alors qu’il est admis partout que le temps favorable pour faire une telle action, c’est en début de mandat, les ennemis du développement  ne sont pas de cet avis. Au regard des impasses qui ont jalonné le passé de ce pays, ex-quartier latin de l’Afrique, autrefois appelé l’enfant malade de l’Afrique, les expériences se succèdent et se ressemblent, comme ce qui s’est passé hier à l’Assemblée nationale. Ce qui devrait être une source de fierté pour tous les fils de ce pays, est source d’étonnement négatif.  Car, si le projet passait après amandement, cela fera encore école dans le monde entier.  Il faut que les politiciens qui prennent en otage ce pays, comprennent que, le temps présent exige la mort en eux à la «béninoiserie».    

 Fidèle Nanga