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La relance de la Poésie par le ministre Karimou Salimane aiguisera davantage l’intelligence des écoliers

La poésie, est un genre littéraire très ancien aux formes variées. Elle est écrite généralement en vers et privilégie l’expressivité de la forme. Elle est une façon de sculpter les phrases et les mots. Dans les matières d’enseignement, elle n’est plus systématiquement dispensée comme ce fut le cas par le passé. Au regard de son importance, des responsables d’écoles et les enseignants plaident pour son retour dans l’enseignement.
La poésie est un des quatre genres littéraires les plus anciens et les plus répandus. Dans le Mono et le Couffo, l’on plaide pour son retour dans les programmes d’étude. La forme de la poésie s’est constamment renouvelée au cours des siècles avec des orientations diverses selon les époques, les civilisations et les acteurs. On peut par exemple distinguer le poète artiste soucieux d’abord de la beauté formelle, le poète lyrique  qui cultive le chant de l’âme, le poète prophète, découvreur du monde et « voyant », ou le poète engagé.  Dans les écoles primaires publiques des départements du Mono et du Couffo, elle n’est plus d’office enseignée. Or, pour les responsables d’école de ces deux départements, la poésie est une matière qui développe la capacité de retention des élèves. C’est une matière qui fait développer selon eux, l’esprit divin et de créativité chez leurs apprenants.  « Avec la poésie, l’élève développe une bonne mémoire. C’est une matière qui permet à l’enfant  d’avoir l’esprit de créativité. Elle a pour avantages de donner à l’enfant la bonne prononciation des mots et la bonne maîtrise des langues», a signifié la directrice d’école, Félicienne Amoussou. Pour elle, la poésie est une matière qui va développer chez  l’enfant, la culture et l’esprit du travail bien fait. « Toute capacité artistique permettant de faire en sorte que le verbe prenne d’autres formes vous attire et vous plait. Au nombre des poésies qui sont enseignées de nos jours, il y a « ce qu’ambitionne un maître » et  « le discours d’adieu de Béhanzin » », a-t-elle ajouté. En effet, par le langage des formes et des symboles, la poésie permet selon l’enseignant, André Kakpo,  de faire de la médiation  avec ce qui effraie non seulement de l’extérieur mais aussi et surtout de l’intérieur. Il mentionne que la poésie ne saurait se limiter à l’expression de ce qui est beau et de ce qui est bon. Elle couvre selon lui, toutes les dimensions et prend toutes les couleurs de la vie. « Les enfants ont besoin de savoir et de parler de la peur, de la violence, de l’horreur, qu’ils côtoient, qu’ils vivent déjà peut-être, qu’ils auront à rencontrer, de toute façon, à un moment ou à un autre. C’est par le détour de la poésie qu’on peut aborder ces notions d’une façon tolérable.  La poésie qui est par essence infinie est justement ce qui se prête le moins à l’enfermement dans les limites figées d’une définition et qui, dans un moment de fulgurante évidence, envahit tout l’être d’une délicieuse certitude. Nous devons tout de même essayer de la cerner pour les besoins de l’étude », confie M. Kakpo. A en croire ses autres collègues, l’enfant a besoin de la poésie pour grandir et croître en expériences, en émotions et en vision. Pour eux, la poésie   est une matière  qui  projette l’enfant hors des frontières de son inexpérience. « La poésie développe l’imaginaire. Pour l’enfant, le réel et l’imaginaire se ressemblent, se rencontrent et se chevauchent.  La poésie touche aux réalités les plus essentielles, celles pour  lesquelles l’enfant n’a pas encore de mots ni de repères. L’enfant a cette capacité d’émerveillement qui l’identifie à la poésie. », a  fait savoir le directeur d’école, Martial Adoko. Abordant l’origine de la création de cette matière, il a déclaré qu’elle fut marquée par l’oralité et la musicalité dès ses origines puisque la recherche de rythmes particuliers, comme l’utilisation des vers, et d’effets sonores, comme les rimes, avait une fonction mnémotechnique pour la transmission orale primitive. L’autre matière qui mérite d’être enseignée aussi est le slam. Tout comme la poésie, le slam ne cesse de susciter chez les enfants et les adultes beaucoup d’intérêts. Le slam et la poésie s’identifient de par leurs caractéristiques. Le slam est considéré comme la poésie du XXIe siècle. Le slam est donc une pratique séculaire chez de nombreux peuples qui en font l’épine dorsale de leurs activités culturelles. Ce qui fait que toute festivité peut donner lieu à une compétition spontanée de slam.
Difficultés et remèdes
L’enseignement de la poésie dans les établissements scolaires  se butte à un certain nombre de difficultés. Pour les enseignants, il y a le dicton que de nombreux d’entre eux ne maîtrisent pas. « Si les écoliers ne s’intéressent pas à la poésie, c’est parce que les enseignants ne savent pas comment la transmettre à leurs apprenants. », a fait remarquer le directeur d’école, Kakpo Dorothée. Pour son collègue, Martial Adoko, c’est plutôt le système approche par compétence (Apc) qui a rendu plus difficile l’enseignement de cette matière.  « Il y a des écoles qui ne disposent pas d’enseignants qualifiés ni de matériels didactiques pour enseigner la poésie. Nous ne pouvons plus prendre des heures de cours pour distraire les enfants. Avec le système Apc, les choses sont devenues difficiles.  On a à peine quelques heures pour faire cela. Malgré les difficultés, nous ne devrons pas reléguer cette matière au second rang, car elle nous enseigne la vie, la morale et le civisme. Nous devrons l’enseigner de façon efficace. Il faut qu’on permette aux enfants de bien lire et de réciter la poésie. Il faut que les autorités en charge de l’éducation nous appuient dans l’enseignement de cette matière», a-t-il souhaité.

Claude Ahovè

(Br Mono-Couffo)