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ecoliersL’assurance qu’avaient beaucoup d’acteurs de l’éducation de voir leur projet de statut être d’office entériné par le gouvernement, en un rien de temps, s’estompe. La rentrée est toujours timide dans l’enseignement public. Le gouvernement, seul maître à bord, a, sans doute la clé du dégel.

Il ne s’agit pas d’appel au boycott, mais on y est presque dans la pratique. L’école publique béninoise peine toujours à retrouver son rythme, 4 jours après le démarrage de la rentrée. Les enseignants sont toujours déterminés parce qu’ils estiment que le gouvernement joue toujours sur le temps par rapport à leur revendication principale qu’est le statut particulier. Depuis lundi, le Front des trois ordres de l’enseignement a démarré ses assemblées générales pour informer la base sur les dispositions prises. 7 jours pour parcourir les départements, mais pendant ce temps l’école se meurt. Alors que, dans les cours privés, les apprenants sont déjà acculés, ceux du public déambulent toujours. Le pire, c’est que certains enseignants ont pris la décision de boycotter la rentrée. Le fait se constate de plus en plus au niveau de la partie septentrionale du pays. Le gouvernement, comme à son habitude, saura prendre tout son temps avant de finaliser ce dossier. L’autre difficulté est que les acteurs du système éducatif sont divisés sur la question. Certaines confédérations syndicales aussi ne partagent pas du tout l’activisme du Front. Elles estiment que la question du statut particulier est pratiquement finalisée et qu’il faut se concentrer sur les nombreuses autres revendications qui risquent de perturber profondément l’année. Cet engagement du Front, selon elles, est une façon de dévoyer l’opportunité de la lutte syndicale. La division qui se dessine au sein des acteurs de l’enseignement devra conforter, sans doute, le gouvernement qui fera le jeu des syndicalistes. Du côté du Front, on annonce des actions corsées en cas d’indifférence du gouvernement. Ceci pourra aller même à plusieurs jours de paralysie. Le Front se montre toujours menaçant, mais il semble qu’il est dans une démarche solitaire. Est-ce que les enseignants du Front pourront réussir, surtout quand on sait que sur la question ses membres sont divisés. Les anciens démons de l’année 2013-2014 risquent de resurgir. Il faudra qu’on y prenne garde.

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