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Menace sur la reprise des classes

L’école publique est toujours dans l’incertitude quant à l’effectivité de la rentrée scolaire prévue pour ce lundi 5 octobre 2015. Les syndicats ne sont pas d’avis, puisqu’ils estiment que les conditions appropriées ne sont pas réunies. Le gage pour une année apaisée reste et demeure l’adoption du statut particulier du personnel enseignant de la maternel du primaire et du secondaire.

« Elle sera virtuelle cette rentrée scolaire », clame sans répit le secrétaire général du Front des trois ordres de l’enseignement Maxime Okoundé. Le personnel enseignant est toujours braqué parce qu’il estime que le gouvernement n’a pas encore honoré son engagement. La condition pour une rentrée apaisée selon le leader syndical, c’est l’adoption à la date du 30 septembre 2015 de ce statut essentiel pour le personnel enseignant. Le gouvernement qui, pourtant, a convenu d’apposer sa signature en vue de la résolution de ce problème traine toujours les pas, selon Maxime Okoundé. « Si les choses doivent rester en l’état, il sera difficile d’entrevoir une rentrée paisible et une année apaisée », confie-t-il. L’ultimatum du 30 septembre est selon lui en train d’être bafoué par le gouvernement qui a pourtant manifesté une volonté sans faille. Sans être pour autant pessimistes, les enseignants veulent croire encore à la bonne foi du gouvernement. Les regards sont donc tournés vers les prochains relevés du conseil des ministres ; lesquels, selon eux, seront décisifs pour la suite. A part ce point essentiel pour les enseignants, figurent d’autres préalables non encore aplanis. Il s’agit, entre autres, du retard qu’accusent les subventions à accorder aux écoles, la situation des enseignants sans salaire depuis 10 mois, le reversement de certains enseignants et la nomination des responsables d’établissements. Toutes ces questions sont restées sans suite selon les enseignants, à quelques jours de la rentrée des classes. « La législation scolaire exige que tous les problèmes liés à l’école soient réglés un mois avant le démarrage de la rentrée. Jusqu’à la date d’aujourd’hui, rien n’est prêt », a déclaré le syndicaliste.

 Démarrage des journées pédagogiques, les vacataires sur le carreau

 Les journées pédagogiques ont démarré au niveau de l’enseignement secondaire, mais, cette fois-ci, les enseignants vacataires sont écartés. Ils ne pourront pas prendre part à cette activité qui les concerne en qualité d’encadreurs. Cette situation irrite ces derniers et ils crient à l’exclusion. Les enseignants vacataires sont toujours dans une situation professionnelle confuse, mais le besoin en recrutement est énorme. Pour le compte de l’année académique 2015-2016, l’école béninoise aura besoin, affirme-t-il, de 11.000 enseignants qualifiés pour le secondaire et 13.000 pour le primaire. Toutes ces questions, argumente-t-il, ont été débattues au cours du dialogue sectoriel de l’enseignement secondaire tenu à Dassa zoumè du 21 au 23 septembre 2015 ainsi que celui de l’enseignement primaire.

AT

Un gouvernement ancré dans l’improvisation

 La rentrée scolaire 2015-2016 sera virtuelle, affirment les enseignants. Et pour cause. Les sempiternels problèmes ne sont pas résolus. Ils se posent avec acuité en violation des normes admises. En effet, le cadre législatif applicable à l’enseignement scolaire indique que tous les préalables doivent être traités, au moins un mois avant la rentrée des classes. Mais, comme le dirait le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, le chef de l’Etat est à la tête d’un gouvernement ventilateur. Il évolue sans gouvernail et sans planification. Tout se fait presque dans l’improvisation. Sinon, comment comprendre que le dialogue sectoriel du primaire intervienne seulement du 14 au 16 septembre 2015 et que celui de l’enseignement secondaire ait été organisé seulement entre le 21 et le 23 septembre 2015 ? Même si le Conseil des ministres tenu hier et qui n’est pas rendu public adoptait le statut particulier des personnels des différents ordres de l’enseignement, il serait intervenu largement hors des délais impartis. Tout ceci certifie que l’Exécutif n’a pas des aptitudes d’anticipation sur les problèmes cruciaux de la nation. Or, il faut bien savoir prendre le taureau par les cornes afin d’endiguer les problèmes récurrents du système éducatif. Qui des ministres en charge des divers ordres d’enseignement ne sait pas que ce sont les mêmes problèmes qui reviennent à chaque début de rentrée scolaire. Mutations des personnels, primes de rentrée, statut, avancement, moyens financiers, journées pédagogiques etc, sont les mêmes refrains.

 JCK