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ECOLE3Les enseignants ont mis en œuvre leur menace de grève ce jeudi 22 octobre 2015. Presque toutes les portes des établissements publics parcourus ce jour à Cotonou par notre équipe sont fermées. Celles qui sont ouvertes sont privées des dispensateurs du savoir. A la base de ce mouvement l’entêtement du gouvernement à ne pas satisfaire la signature de leur statut particulier.

La paralysie des cours est effective dans les établissements publics ce jeudi 22 octobre 2015. Cela fait suite au mouvement de grève déclenché par les membres du front d’action des trois ordres de l’enseignement. Au Collège d’enseignement général de Suru-Léré comme celui de Sègbèya, le constat est palpant. Les salles de classe sont vides de leurs locataires habituels. Les élèves sont entrain de se livrer à divers jeux dans les cours de ces deux collèges. Les enseignants du Ceg Suru Léré se retrouvent en petits groupes certainement pour discuter du mouvement qui est entrain d’être suivi dans leur établissement. Quant à ceux du Collège Sègbèya, aucune âme de ces dispensateurs n’a été trouvée sur place. Et pour le professeur d’histoire et de géographie Martin Zoclanclounon rencontré au Ceg Suru Léré, les enseignants ne vont pas démordre jusqu’à ce que le gouvernement signe leur doléance relative à leur statut. « Nous sommes ouverts à toutes les négociations possibles mais tant que l’exécutif ne va pas signer notre statut, nous disons niet à tout ce qu’il va nous proposer ». Et comme dans ce contexte, ce sont les élèves qui sont pris en otage, ces derniers implorent le chef de l’Etat à vite considérer les revendications de leurs enseignants afin que les cours reprennent très vite dans les écoles publiques. Rodrigue Djolassan est l’un d’eux. « Si le Président Boni Yayi nous aime comme il aime le fait entendre, qu’il prenne en compte les revendications de nos professeurs pour que les cours puissent continuer ». L’autre situation qui a été remarquée dans cet établissement de Suru Léré est le fait que certains professeurs qui n’étaient pas favorables à ce mouvement de grève et qui dispensaient les cours ont été éconduits de leurs salles de classes par leurs pairs qui sont en mouvement. Le Directeur du Ceg Sègbèya approché par notre équipe pour savoir si le mouvement de grève est effectif dans son établissement nous a tout simplement dit qu’il va d’abord faire le point avec ses collègues avant de se prononcer sur le sujet. Il a également affirmé hors de nos micros qu’il ne peut nous confirmer qu’ils sont en grève même si nous voyons les portes des salles de classe fermées et la cour de l’école déserte de ces locataires. Malheureusement pour lui, certains apprenants du même Ceg nous ont confiés que leurs éducateurs sont bel et bien en mouvement et que l’information leur a été signifiée depuis le mardi passé. Somme toute, le mouvement de grève lancé par le Front des syndicats des trois ordres de l’enseignement a été donc suivi dans ces établissements publics. Les enseignants comptent garder le cap jusqu’à satisfaction totale de leur doléance. Mais avant de quitter les lieux, Martin Zoclanclounon nous a affirmé qu’une rencontre est prévue dans l’après-midi de ce jeudi entre les membres du front et le gouvernement. Pourvu que des décisions fructueuses sortent de ces échanges.

Judith Rolande Capo-Chichi